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L'homme-sandwich devient un "sign spiner"

Fini les tristes silhouettes battant la semelle sur les boulevards. La version moderne de l'homme-sandwich est plus dynamique et jongle, captant ainsi mieux l'attention.
Les sign spiners sont toujours vêtus d'un t-shirt rouge.

Vidéo: Les sign spiners à l'oeuvre

(m24/l'écho) - Les hommes-sandwichs ne sont plus ce qu'ils étaient : aux Etats-Unis, les hommes-sandwichs sont dorénavant des athlètes qui font voltiger les affiches avec adresse pour attirer l'attention du chaland.

Nicholas Thomson, 20 ans, est devenu « voltigeur d'affiches » (« sign spinner ») depuis qu'il a été embauché il y a un an par la société publicitaire Aarrow Advertising qui essaime ses escadrilles de voltigeurs dans tout le pays pour faire de la publicité de proximité.

 

6,40 euros/heure pour jongler

Avec ses compères, tous vêtus d'un T-shirt rouge, ils font tournoyer de façon spectaculaire des pancartes en forme de grosse flèche vantant un nouveau complexe immobilier au centre de la capitale. « C'est bien payé : 10 dollars de l'heure (6,40 euros) et 10 cents de plus pour chaque passe supplémentaire », explique cet étudiant chargé d'entraîner les nouveaux venus dans l'équipe.

Parmi les passes qui sont des phases de jonglerie élaborée, il montre « le flip simple », un exercice facile où on retourne la pancarte comme une crêpe, « l'hélicoptère » ou « le tour du monde », beaucoup plus savants, où l'affiche virevolte tout autour du jongleur.

« Pour faire ce job, il faut être quelqu'un d'énergique, qui aime se faire remarquer et qui se considère comme un athlète », explique Thomas Brunet, un des dirigeants d'Aarrow Advertising. « Parce que vous êtes dehors cinq à sept heures d'affilée à faire tout le temps de l'exercice. Certaines passes sont difficiles à réaliser. Tout le monde ne peut pas le faire », avance-t-il.

 

Success story

Fondée en Californie en 2002 par un ancien étudiant qui s'ennuyait à faire l'homme-sandwich, la société emploie maintenant 700 voltigeurs dans tout le pays pour faire, aux feux rouges, la publicité de magasins, de restaurants ou d'immeubles à louer. Son chiffre d'affaires devrait atteindre entre 5 et 7 millions de dollars (entre 3,2 et 4,6 millions d'euros) cette année. « Ca fait un petit changement depuis que nous avons commencé », commente, satisfait, Thomas Brunet.

Sa société édite même, pour ses clients, un catalogue de 200 passes à choisir pour vanter sa marque et prévoit même de franchiser son savoir-faire. L'entreprise, présente dans sept grandes villes américaines, dont Los Angeles, New York et Washington, emploie d'abord des étudiants et des lycéens. « On les paye mieux qu'un simple homme-sandwich parce qu'on demande de la technique », ajoute-t-il.

 

Un camp d'entraînement d'une semaine

N'est pas voltigeur d'affiches qui veut. Pour intégrer l'équipe et apprendre la technique, l'aspirant doit passer par « un camp d'entraînement » d'une semaine, où on lui enseigne les tours de jonglerie à raison de six heures par jour. « On traite cela comme un sport. Les gars pratiquent tous les jours avec des entraîneurs, des sifflets », commente Thomas Brunet.

Le numéro classique consiste à faire tournoyer la pancarte à bout de bras et tout autour de soi avant de faire une pause, un genou à terre en simulant un solo de guitare, pour laisser le temps aux promeneurs et aux automobilistes de lire l'affiche. « Ainsi, on accroît la fréquentation des magasins et on renforce la reconnaissance des marques », dit le patron.

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