Les titres-services séduisent moins

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Pour la première fois depuis le lancement du système, le nombre de titres-services est en baisse, apprend-on auprès de la fédération sectorielle Federgon. Un recul qui s'explique essentiellement par la hausse des prix des titres-services.

Le nombre de titres-services employés pour du travail domestique est en baisse pour la première fois depuis le lancement du système, peut-on lire mardi dans De Standaard et Het Nieuwsblad. La féderation sectorielle Federgon explique ce revirement en raison des hausses de prix successives des titres-services.

Concrètement, 7,7 millions de titres-services ont été employés en août 2013, contre plus de 8 millions un an auparavant, soit une baisse de près de 4%.

"Dans certaines régions, la différence de prix entre le marché noir et les titres-services est minime", explique Herwig Muyldermans, l'administrateur délégué de Federgon. Le prix des titres a augmenté de 1 euro en janvier pour atteindre 8,5 euros. En 2014, ils coûteront même 9 euros, tandis que leur déductibilité fiscale a été réduite, ajoute-t-il.

La mauvaise conjoncture actuelle joue également un rôle, d'après Federgon.

"A l'agonie", le secteur des titres-services s'unit au sein de la fédération Unitis

Des entreprises de titres-services ont décidé de s'unir au sein d'une nouvelle fédération sectorielle, baptisée Unitis (Union des entreprises de titres-services), afin de faire entendre la voix d'un secteur depuis peu "à l'agonie", ont annoncé ses fondateurs la semaine dernière au cours d'une conférence de presse.

Après plusieurs années de croissance, le secteur des titres-services compte désormais quelque 2.700 entreprises et emploie environ 130.000 personnes, soit 4,3% de l'emploi salarié en Belgique. Plusieurs retouches successives apportées au système dans un passé récent (valeur du titre-service, déductibilité fiscale, montant remboursé à l'entreprise, etc.) ont toutefois soumis la rentabilité de ces entreprises à rude épreuve.

"Nous sommes à l'agonie et si on ne bouge pas, dans les deux ans, toutes les entreprises risquent de fermer leurs portes, avec 130.000 personnes qui se retrouveront au chômage. Les budgets sont tellement serrés que même des entreprises gérées sérieusement, des employeurs raisonnables sont en difficulté", avertit Nathalie Garcia-Hamtiaux, présidente d'Unitis. "En 2003-2004, on était surarmé. A force de nous avoir retiré nos armes une à une, on se retrouve aujourd'hui à aller à la guerre les mains nues", illustre la chef d'entreprise.

Entre 2006 et 2011, la masse salariale des entreprises a ainsi augmenté de près de 30% alors que la valeur de remboursement d'un titre-service n'a progressé que de 4,9%. De plus, les augmentations successives de la valeur des chèques-services commencent à peser sur l'utilisation par les particuliers.

"Nous faisons face à un effet ciseau sur nos marges", résume Olivier Leroux, vice-président d'Unitis, tout en soulignant l'explosion des faillites ces derniers mois. Pour 29 faillites en 2011, 64 faillites ont été recensées l'année dernière et plus de 100 entreprises ont déjà mis la clef sous le paillasson au premier trimestre 2013.

Afin de défendre les intérêts et la survie même d'un secteur qui sera à terme régionalisé, Unitis a dressé une liste de 10 priorités parmi lesquelles le maintien du prix du titre et de la déductibilité fiscale tels que prévus au 1er janvier 2014 ou encore la prise en compte de l'indexation des salaires dans la valeur totale du titre "sans pénaliser l'utilisateur". Le secteur, où le taux d'absentéisme est deux fois plus élevé que dans les autres secteurs, demande aussi un financement du passage au statut unique, qui met fin au jour de carence pour les ouvriers.

Plus généralement, le secteur souhaite davantage de concertation. "Et de la visibilité sur l'avenir car les règles du jeu changent tous les six mois au gré des conclaves budgétaires", pointe Olivier Leroux.

Partenaire de l'Union des classes moyennes (UCM), Unitis est présente dans les trois Régions du pays (Bruxelles, Flandre et Wallonie). La nouvelle fédération, basée à Bruxelles et dont la forme juridique est l'asbl, entend représenter tous les acteurs du secteur (sociétés commerciales, personnes physiques, sociétés d'intérim, entreprises d'insertion, ASBL, CPAS et communes et ALE).

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