18 pistes pour réduire votre facture d'énergie

©IMAGEGLOBE

La hausse des prix de l’électricité se confirme et s’accentue. Le même phénomène touche le gaz. Voici quelques mesures à prendre pour réduire la note à court, moyen ou long terme.

La flambée actuelle des prix de l’énergie va tôt ou tard obliger tous les ménages belges à passer à la caisse. Selon les chiffres rassemblés cette semaine par L'Echo, si l’on se focalise sur les nouveaux tarifs publiés par les fournisseurs en ce début de mois, la hausse potentielle de la facture annuelle de gaz et d’électricité des Belges sera comprise entre 270 et 400 euros.

Les contrats d’électricité à prix fixe, qui doivent être renouvelés ce mois-ci, sont ainsi en moyenne 110 euros plus chers qu’en octobre 2017.

Si vous avez actuellement un contrat à prix fixe, n’y touchez surtout pas avant l’échéance.
Si vous avez un contrat à prix variables, il n’y a pas d’urgence à en changer, car ces derniers suivent l’évolution des bourses de l’électricité.
Si votre contrat arrive rapidement à échéance, il n’est pas recommandé d’opter pour un prix fixe.

Un produit variable devrait être plus avantageux, car il est possible que les prix repartent à la baisse au printemps et en été, ainsi qu’à la suite du redémarrage des unités de production actuellement à l’arrêt.
CREG
le régulateur fédéral du secteur de l’énergie

Hausse des prix et délestage ou non cet hiver, n’importe quel ménage a (toujours) intérêt à tout mettre en œuvre pour diminuer sa consommation d’énergie. Soit en changeant certaines habitudes, soit en investissant car, quels que soient ses choix, le retour sur investissement sera positif à court, moyen ou long terme.

Voici quelques pistes à suivre.

Zéro dépense (ou presque)

1. Thermostat. Il suffit de baisser la température ambiante de 20°C à 19°C pour réaliser 7% d’économies sur votre facture d’énergie!

2. Mode veille. D’après les calculs d’Energuide, une plateforme destinée aux économies d’énergie, voici le top 5 des appareils qui consomment le plus d’énergie en état de veille:

• un ordinateur (33 euros par an);
• un téléviseur avec décodeur (15 euros par an);
• une cafetière équipée de touches électroniques (6 euros par an);
• une installation hi-fi (6 euros par an);
• un four muni d’une horloge digitale (4 euros par an).

Soit une consommation annuelle de 64 euros par an.

"Les appareils en veille ne sont pas les plus grands consommateurs d’énergie, mais l’effet cumulatif se fait sentir."
Luc Dries
Porte-parole du SPF Environnement

Et c’est sans compter quantité d’autres appareils qui consomment de l’énergie en permanence mais qui attirent beaucoup moins l’attention: la brosse à dent électrique, le modem ou les chargeurs pour smartphone (qui restent souvent branchés).

Pareil pour les lampes aux touches électroniques: "même si elles ne sont pas en fonction, elles peuvent consommer en permanence 6 à 7 watts (W)", indique Luc Dries du SPF Santé Publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement. Soit l’équivalent de 61 kWh ou 15 euros par an.

Au bout du compte, en fonction des usages, cette mise en veille peut donc coûter une centaine d’euros par an à un ménage. Une dépense qui pourrait être très facilement évitée en retirant les prises ou en utilisant un bloc multiprise à interrupteur (à partir de 3 euros).

Décodeur TV: extinction totale ou mise en veille?

Si vous avez une enceinte connectée et que celle-ci est branchée sur un bloc multiprises avec interrupteur, vous constaterez assez vite des problèmes récurrents de connexion lors du rallumage. Solution: laissez toujours l’enceinte en veille. Quid pour les décodeurs?

"Nous conseillons aussi de laisser le décodeur allumé (en veille) tout le temps", répond Jean-Pascal Bouillon, porte-parole d’Orange. "Comme pour tout appareil électrique, allumer et éteindre sans cesse un appareil produit des surtensions et une usure prématurée des équipements. Ce n’est donc pas recommandé. De plus, la mise en veille permet les mises à jour du logiciel."

Du côté de Telenet, Coralie Miserque, sa porte-parole, signale qu’avec les décodeurs actuels, il n’y a pas d’impact sur l’appareil si celui-ci est éteint et rallumé chaque jour. "Nos décodeurs ont un mode ‘deep sleep’ qui limite la consommation de l’appareil à 0,5 watts contre 12 watts en mode veille ou 20 watts quand il est allumé."

Même son de cloche chez Proximus. "Il n’y a pas d’objection à les éteindre complètement, selon Haroun Fenaux. Le risquec’est que l’appareil mette juste plus de temps à redémarrer, surtout si une mise à jour du logiciel s’enclenche."

3. Réfrigérateur. Nul besoin de refroidir un réfrigérateur ou même un congélateur plus que nécessaire (surtout que ces deux appareils engloutissent à eux deux environ 20% de la consommation d’électricité d’un ménage).

La température idéale du premier doit se situer aux environs de 6 à 7°C et celle du second entre -18 et -19°C. Les refroidir davantage ne présente aucun intérêt et entraîne une surconsommation.

Plan de délestage
Votre rue sera-t-elle plongée dans le noir?

Cet hiver, le réseau électrique devra faire face à de nouveaux problèmes d'approvisionnement. Les différents opérateurs de réseau ont donc élaboré un plan de délestage visant à déterminer quelles rues devront être déconnectées du réseau électrique en premier, celles qui ne le seront que plus tard et celles qui ne subiront pas de coupure de courant. Découvrez-le ici >

Dans le même ordre d’idée, évitez d’y placer de la nourriture encore chaude car cela provoque un réchauffement de l’espace intérieur et donc là aussi une surconsommation d’énergie.

Enfin, dégivrez-les régulièrement (si nécessaire): une couche de glace de 2 mm entraîne déjà une surconsommation de 10%.

4. Lave-vaisselle. Raccordé à une installation d’eau chaude, il permet d’économiser près de 50% d’électricité par rapport à un appareil très performant qui lui, n’est pas raccordé (et si l’eau n’est pas chauffée à l’électricité).

5. Lave-linge. Jusqu’à 90% de l’électricité consommée par la machine est destinée à chauffer l’eau. Or, la plupart des produits de lessive sont très efficaces à une température de 40°. Il ne faut donc pas hésiter à laver vos vêtements à basse température.

Avant d’utiliser un sèche-linge, réglez si possible la vitesse d’essorage de votre machine à laver sur 1.400 tours/minute ou plus. Vous économiserez ainsi 20 à 25% d’énergie.

6. Calcaire. Un dépôt calcaire de deux ou trois millimètres dans une lave-vaisselle ou un lave-linge peut faire grimper de 25% la consommation de votre appareil. "Non seulement un détartrage régulier augmentera le rendement de vos machines, mais elles dureront également plus longtemps", selon les experts énergie d’Eneco.

7. Boiler. D’après Jonas Moerman, conseiller énergie auprès de la plateforme Ecoconso, un boiler peut représenter jusqu’à 50% de la consommation électrique d’un ménage. Il conseille donc de réduire la température de stockage à 55°C et d’éventuellement placer un minuteur pour que celui-ci ne fonctionne que quelques heures par jour (et de préférence la nuit pour ceux qui bénéficient d’un compteur bi-horaire). Notez qu’un boiler bien entretenu offre également un meilleur rendement qu’un appareil laissé pour compte.

→ Bon à savoir. Climat.be (vie la volet "Actions au quotidien"), le site fédéral belge pour une information fiable sur les changements climatiques, est une mine d’informations intéressantes, qu’il s’agisse de conseils pour l’utilisation la plus économique possible d’une machine à laver, d’un lave-vaisselle, d’un sèche-linge, pour l’éclairage de votre habitation ou de conseils pour modifier votre manière de cuisiner.

Petits investissements

8. Boiler. En isolant ce réservoir d’eau chaude, vous pouvez réduire les déperditions thermiques de 90%. "Une isolation efficace doit avoir une épaisseur de 10 cm", selon Eneco. "Vous avez le choix parmi une variété de matériaux tels que la mousse de polyuréthane, la laine minérale ou le polystyrène. Optez de préférence pour des matériaux que vous pouvez placer sur le boiler sans devoir les fixer."

©rv

9. Fenêtres. Sans forcément remplacer vos châssis ou vos fenêtres, vous pouvez déjà réduire l’infiltration d’air froid grâce à la pose de joints isolants. "Une intervention facile et économique qui élimine cette déperdition d’énergie à peine visible en un rien de temps, précise Eneco. Vous trouverez du matériel pour rapidement économiser de l’énergie dans tous les magasins de bricolage. "

10. Tuyauterie. Tant que vous y êtes, prenez au passage du matériel isolant (à partir de 3 euros le mètre) pour les conduites d’eau exposées au froid dans votre cave. C’est très simple à placer soi-même.

11. Radiateurs. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin et achetez aussi des films réflecteurs pour radiateurs. L’installation est aussi très simple. D’après Energuide, "c’est simple, bon marché et efficace, car vous évitez les déperditions thermiques via les murs. Surtout si vos radiateurs sont fixés sur des murs mal isolés. "

12. Éclairage. N’oubliez pas les ampoules LED. Elles sont 20 fois plus efficaces que les ampoules à incandescence. "De plus, une ampoule à incandescence convertit 90% de l’énergie reçue en chaleur et seulement 10% en lumière. Tandis que pour l’ampoule LED, la conversion est de 50% en chaleur et 50% en lumière."

Investissements moyens

13. Électroménagers. Il est peut-être temps de remplacer certains de vos appareils (âgés d’au moins 10 ans) par d’autres appareils affichant un label d’efficacité énergétique A+, A++ ou A+++. Par exemple, d’après les calculs d’Energuide, la consommation annuelle moyenne d’une machine à laver de classe A+ (ou plus élevée) est de 100 kWh (ou moins), à raison de 4 lessives par semaine. Un ancien appareil énergivore va consommer au moins 300 kWh pour le même nombre de lavages. "Si vous faites plus que 4 lessives par semaine, la différence de consommation va être exponentielle. Alors, certes, il faut investir pour acheter un appareil A+++, mais après quelques années, vous rentabilisez cet investissement et ce n’est que du bénéfice."

Attention, l’efficacité énergétique est un concept relatif, selon climat.be. En effet, la classe énergétique indique si un appareil consomme efficacement l’énergie, mais la consommation effective dépend de la puissance de l’appareil et de l’utilisation qu’on en fait. Ainsi, un frigo de grande capacité affichant le label A+++ consommera plus d’énergie qu’un modèle plus petit de la même classe, voire qu’un appareil plus petit de classe A++. "Il est donc toujours préférable d’opter pour un appareil répondant le mieux possible à ses propres besoins".

→ Bon à savoir. Des communes offrent des primes à l’achat d’un réfrigérateur de classe A+++ pour les ménages à faibles revenus. Par exemple, le montant de la prime communale à Bruxelles est fixé à 400 euros et plafonné à 50% du montant repris sur la facture.

14. Thermostat intelligent. Investir dans un tel appareil, c’est la promesse d’économiser jusqu’à 25% sur votre facture de chauffage. Ceux-ci permettent entre autres de commander la température de votre habitation à distance via une app. Quelques modèles fournissent une visualisation de votre consommation d’énergie en temps réel, ce qui permet de mieux comprendre vos habitudes de consommation et d’évaluer l’impact de vos actions. Pour en savoir plus, lisez notre dossier complet.

©Kristof Vadino

15. Monitoring. Diverses études ont démontré qu’une information en temps réel sur la consommation d’énergie peut permettre de réaliser jusqu’à 12% d’économies, selon les concepteurs de Smappee (un boîtier qui se connecte à l’aide d’une simple pince sur le compteur électrique et qui renseigne en permanence la consommation d’énergie réelle des appareils électriques principaux d’une habitation via une app).

En entreprenant des actions ciblées et en vous attaquant aux appareils les plus énergivores, vous pouvez même réaliser jusqu’à 30% d’économies sur votre facture d’énergie. Pour un ménage de taille moyenne, cela représente environ 175 euros par an, ce qui signifie que vous récupérerez votre investissement en l’espace de deux ans. De fait, ce moniteur d’énergie revient à 229 euros.

Cela dit, tout le monde n’est pas convaincu. "J’en ai un depuis 3 ans et ça n’a pas été simple à installer alors que c’est l’électricien qui me l’a vendu qui s’en est chargé. De plus, il s’embrouille complètement dans la reconnaissance des appareils, explique Jonas Moerman d’Ecoconso. Cependant, il est possible que les versions actuelles fonctionnent mieux mais je pense que les chiffres d’économies annoncés sont exagérés".

Test-Achats rappelle qu’un énergiemètre (environ 25 euros) peut mesurer la consommation électrique d’un appareil et en calculer les coûts correspondants, qu’un temporisateur (5 à 20 euros) permet de programmer l’heure à laquelle les appareils doivent fonctionner et qu’un bloc multiprise (de 5 à 10 euros) évite facilement la consommation cachée.

Gros investissements

16. Panneaux solaires. "Mêmes si les subsides ont été supprimés (en Wallonie), l’installation de panneaux photovoltaïques reste un investissement hyper rentable, surtout en cette période de hausse des tarifs de l’électricité", précise Damien Ernst, professeur à l’ULg et spécialiste des microréseaux. Il reste de toute façon des subsides indirects comme le compteur qui tourne à l’envers, ce qui permet d’amortir l’investissement en 5 à 6 ans maximum. De fait, le prix d’une installation qui produit 3.500 kWh/an (de quoi couvrir les besoins d’un ménage moyen), est passé de 25.000 à maximum 6.000 euros en dix ans.

Par ailleurs, d’après les calculs de Test-Achats, le rendement des panneaux solaires peut même atteindre un taux d’au moins 4% sur 25 ans (ce qui reste nettement supérieur au rendement du meilleur compte épargne qui plafonne à 1,20%).

©BELGA

Besoin d’une aide au financement? Il existe des solutions régionales très avantageuses: le "Renopack" en Wallonie et le "Prêt vert" à Bruxelles.

17. Chauffe-eau solaire. Cette installation destinée au chauffage de l’eau sanitaire peut faire diminuer votre facture jusqu’à 70%. Pour une installation complète, comptez un budget de 4.500 à 6.000 euros. Pour vous aider à financer cet investissement, il existe des primes régionales. Surfez sur energie.wallonie.be et homegrade.brussels. Découvez également notre dossier complet sur le sujet.

En Wallonie, toutes les provinces octroient une prime supplémentaire, de même que de nombreuses communes. Le total cumulé de ces primes peut couvrir jusqu’à 75% du montant total de l’installation.

18. Isolation du toit. Si ce n’est déjà fait, ces travaux doivent toujours être votre priorité car un toit mal isolé peut être la source de 30% des déperditions de chaleur dans une maison. C’est donc l’investissement le plus rentable en matière de rénovation. Les Régions mettent à disposition des primes pour la réalisation de ces travaux (et jusqu’à la fin de cette année, le montant de ces primes est triplé en Wallonie).

La Wallonie est la seule Région qui offre encore un avantage fiscal pour l’isolation du toit. La réduction d’impôt se fait au taux de 30% sur les dépenses réellement effectuées. L’avantage est toutefois plafonné à 3.200 euros.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content