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Il est encore trop tôt pour investir dans une batterie domestique

©BELGA

Dès le mois d'août, la Flandre accordera une prime à ceux qui achètent une batterie pour stocker l’énergie produite par leurs panneaux solaires. Ce coup de pouce financier, destiné à favoriser l’autoconsommation, permettra-t-il de rendre cet investissement rentable? Quid en Wallonie et à Bruxelles?

À partir du 1er août (et jusqu’à fin 2020), la Flandre accordera une prime pour l’installation d’une batterie domestique. Celle-ci s’élève à 250 euros par kWh, avec un montant maximal de 3.200 euros par point de raccordement et un maximum de 35% du coût de l’investissement.

Pour en profiter, il faut faire remplacer votre compteur (qui a la possibilité de tourner à l’envers en cas de production d’électricité) par un compteur intelligent (aussi appelé "smart meter"). Bon ou mauvais plan?

Si vous habitez en Flandre et que vous disposez de panneaux photovoltaïques (PV), ce changement de compteur implique que vous ne profiterez plus du système de compensation (vu que le compteur ne tournera plus à l’envers). Mais dans ce cas, vous ne paierez plus le tarif prosumer (en néerlandais: "prosumententarief"). C’est une redevance destinée aux citoyens qui sont producteurs et consommateurs d’électricité et qui couvre les frais de réseau liés aux kilowattheures prélevés sur celui-ci. En revanche, vos tarifs réseau seront désormais facturés sur la base de votre prélèvement réel.

Grâce à une batterie, l’autoconsommation de l’électricité produite par une installation photovoltaïque peut passer de 30 à 80%.

Cette situation peut être financièrement intéressante pour ceux qui ont très peu recours au réseau pour alimenter leur habitation en électricité. C’est-à-dire, ceux qui autoconsomment une grosse partie de l’énergie produite par leurs PV. Et pour y arriver, la batterie est une excellente solution.

"Alors qu’une famille moyenne utilise environ 30% de l’énergie produite par ses panneaux solaires et en injecte 70% dans le réseau qu’elle prélève ensuite, elle peut, avec une batterie, utiliser directement 60 à 80% de sa production, selon des experts d’Engie. Pour les 20 à 40% restants, elle utilisera toujours le réseau." Et plus spécialement d’octobre en mars quand l’ensoleillement est moindre en Belgique.

Rentabilité

Cela dit, malgré le coup de pouce financier octroyé par la Région flamande pour l’acquisition d’une batterie, investir dans cette technologie n’est pas encore rentable, compte tenu de sa durée de vie et de son prix (de 7.000 à 9.000 euros selon les modèles).

"Ainsi, une famille avec des panneaux solaires de 5 kW et une batterie de 8 kWh (qui, après subvention, a coûté quelque 6.000 euros) épargne environ 200 euros par an, et jusqu’à 350 euros dans le meilleur des cas, selon les calculs d’Engie. Comme une batterie a une durée de vie d’environ 10 à 15 ans, elle ne sera donc pas entièrement amortie."

En revanche, lorsque les prix des batteries diminueront à l’avenir, "la rentabilité financière sera au rendez-vous".

Même si la législation et son évolution ne sont pas les mêmes dans les autres Régions, il ne faut pas non plus s’attendre à des miracles à Bruxelles et en Wallonie. Voici pourquoi.

©Photo News

À Bruxelles

C’est officiel depuis une quinzaine de jours, la suppression du mécanisme de compensation bruxellois interviendra le 1er janvier 2020. Cela signifie que les presque 4.000 ménages propriétaires de PV en Région bruxelloise recevront, à partir de cette date, une facture pour les frais de réseau sur toute l’électricité qu’ils auront prélevée, et cela, quelle que soit la quantité d’électricité qu’ils auront injectée dans ce dernier.

La mesure est facile à mettre en œuvre car toutes les installations bruxelloises sont déjà équipées d’un compteur double flux (ou compteur bidirectionnel).

Même si à partir de cette date, ces ménages auront intérêt à augmenter leur part d’autoconsommation, acheter une batterie ne sera intéressant que si les prix de cette technologie baissent drastiquement.

Pour rappel, en à peine 10 ans, le prix moyen d’une installation photovoltaïque a été quasiment divisé par cinq (passant de 25.000 à 5.000 euros actuellement). La batterie suivra probablement ce chemin.

En Wallonie

Il y aura aussi du changement à partir du 1er janvier 2020 pour les propriétaires de PV wallons. De fait, cette date marquera l’entrée en vigueur d’un tarif prosumer (et à ce stade, on ne sait toujours pas si les quelque 150.000 ménages qui ont déjà installé des panneaux en seront exemptés, comme le souhaitait le ministre wallon de l’Energie, Jean-Luc Crucke, NDLR). Par conséquent, ils paieront le tarif de distribution sur l’électricité réellement prélevée sur le réseau.

©Dries Luyten


Cependant, si ces propriétaires ne possèdent pas de compteur double flux (qui leur permet de mesurer l’électricité injectée et prélevée sur le réseau), ces frais de réseau s’appliqueront sur une quantité d’électricité forfaitaire.

C’est donc uniquement dans le cas de l’installation d’un compteur double flux (couplé à un système de régulation qui favorise l’autoconsommation) que le placement d’une batterie pourra commencer à devenir intéressant (et pour autant – à nouveau – que les prix de cette technologie diminuent).

En attendant, celui qui veut trouver d’autres solutions pour augmenter son autoconsommation peut notamment déjà investir dans un "PV Heater".

Ce dispositif permet de détecter les surplus de production photovoltaïques et, au lieu d’injecter l’électricité produite sur le réseau, celui-ci déclenche une résistance électrique qui va chauffer une réserve d’eau.

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