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Les primes énergie sont utiles, mais très perfectibles

Les systèmes de primes énergie mis en place dans les trois Régions couvrent, globalement, les mêmes catégories de travaux: l’isolation de l’habitation, l’amélioration des techniques de chauffage et la réalisation d’audits énergétiques – sauf que sur ce dernier point, la Flandre a choisi une tout autre voie.
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Les primes à l’énergie ont permis de réduire de 0,7% à 1% les émissions de CO2des ménages en 2015.

Le système présente toutefois une marge d’amélioration sensible, selon une récente étude de Sia Partners.

Les moyens qui y sont consacrés, par contre, varient fortement. Pour des travaux identiques ou comparables, Bruxelles alloue des montants 170% plus élevés, en moyenne, que les deux autres Régions, montre une récente étude du consultant Sia Partners. Une différence qui peut être partiellement expliquée par la densité urbaine dans la capitale et un parc de logements plus vieux, ce qui augmente le coût de certains travaux. Bruxelles investit donc de plus gros montants sur un nombre plus restreint de projets.

Côté résultats, la réduction de CO2 par ménage est beaucoup plus faible en Région de Bruxelles-Capitale, toujours selon les estimations du consultant. "Plusieurs paramètres expliquent cette situation, commente Jean Trzcinski, associate partner chez Sia. Le tissu résidentiel bruxellois est spécifique, avec un écart important entre les populations plus précarisées et plus aisées, et un pourcentage de propriétaires moins élevé. Le business case est aussi moins intéressant, avec des prix de l’énergie inférieurs et une consommation par ménage plus réduite, liée à la plus faible superficie des logements et à la plus forte densité de la population."

De quoi justifier, selon lui, des primes plus élevées à Bruxelles, même si comme dans les autres Régions, il reste un fort potentiel d’amélioration du système.

"Des systèmes de subsides clairs et stables, avec un nombre de primes plus limité encore, amélioreraient la situation." Jean Trzcinski associate partner chez Sia partners

Sans ces primes énergie, la Belgique n’atteindrait pas l’objectif de réduction de 1,5% par an de la consommation énergétique imposé jusqu’en 2020 par la directive sur l’efficacité énergétique. Sia estime en effet que ces 25 dernières années, la consommation énergétique par mètre carré des ménages a diminué de 0,7% par an en Flandre, de 1,1% en Wallonie et de 0,9% à Bruxelles – grâce surtout aux normes plus sévères pour les bâtiments et à l’amélioration des techniques de chauffage. Une évolution positive, mais qui doit être complétée par des subsides pour atteindre l’objectif européen de 1,5%, note le consultant.

Cohérence et stabilité

Dans les trois Régions, les primes énergie varient avec le temps et manquent de cohérence, juge Sia. Cela nuit à la perception de ces primes: 67% des ménages qui construisent ou rénovent n’y font pas appel parce qu’ils pensent que les conditions sont trop strictes, et 59% jugent que la procédure est trop lourde et prend trop de temps. Une marge d’amélioration substantielle existe donc. "Des systèmes de subsides clairs et stables, faciles à comprendre pour de non-experts, avec un nombre de primes plus limité encore, amélioreraient la situation", estime Sia.

Le consultant se demande aussi si un coup d’accélérateur sur ces primes, au coût finalement limité, ne serait pas souhaitable, pour réduire davantage encore la consommation d’énergie, et dans la foulée, les subsides aux renouvelables. "Cela fera l’objet d’une de nos prochaines études", confie Jean Trzcinski.

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