Primes énergie: qui y aura droit en Wallonie?

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Entre un PS défenseur des bas revenus et un cdH protecteur de la classe moyenne, le gouvernement wallon va devoir jouer aux équilibristes. Premier exemple: la réforme des primes à l'énergie et au logement.

Entre un PS défenseur des bas revenus et un cdH protecteur de la classe moyenne, le gouvernement wallon va devoir jouer aux équilibristes.

Premier exemple en date: la réforme des primes à l’énergie et au logement. Les ministres du gouvernement wallon ne sont pas parvenus à un accord ce matin sur ce délicat dossier. Le désaccord est idéologique. Il oppose le PS et le cdH. Ce qui coince: le seuil de revenu maximum des ménages à partir duquel il ne sera plus possible de profiter des primes de la Région.

Le temps est pourtant compté. Lancé dans un important toilettage, Paul Furlan, le ministre socialiste en charge de l’Energie dans le sud du pays, espère présenter son nouveau système de primes avant le salon Batibouw, fin du mois. Dans les couloirs de l’Elysette, certains parlent même d’un accord possible pour le gouvernement de jeudi prochain. Le nouveau système devrait lui entrer en vigueur au début du mois d'avril, à la fin du moratoire qui suspend l'ensemble du système depuis le 1er janvier 2015.

Outre une diminution du nombre de primes – il en existait 60 – le nouveau système de soutien s’axera autour de trois volets:

- la rénovation du bâti,
- l’économie d’énergie et
- l’accès au logement.

Contrairement à ce qui était en vigueur avant le moratoire, les primes seront distribuées en fonction du revenu des ménages. C’est le principal changement et aussi la pierre d’achoppement qui oppose PS et cdH au gouvernement.

Pas au-delà de 50.000 euros

Les deux partis de la majorité ne parviennent pas à s’accorder  sur les conditions d’accès aux primes. Le PS veut privilégier les bas revenus. Dans sa proposition déposée sur la table du gouvernement ce matin, les socialistes limitent le seuil de revenu à 50.000 euros brut. En gros, un ménage n’aura plus d’accès aux primes au-delà de ce palier. Ce montant est néanmoins variable en fonction du nombre d’enfants à charge. Ainsi, le PS accepterait d’augmenter de 4.500 euros ce seuil pour chaque enfant à charge. D’après le PS, ce palier permettrait de couvrir 92% de la population.

De son côté, le cdH juge la proposition du PS irrecevable. Le parti Humaniste estime que ce seuil exclut une grande partie de la classe moyenne du mécanisme de primes.  Dans sa dernière proposition, le cdH suggère d’instaurer un seuil maximum à 70.000 euros, un niveau qui pourrait également bouger en fonction du nombre d’enfants à charge.  

Bref, ça bloque au niveau des positions idéologiques.

Un accord semble par contre se dégager sur le mécanisme d’Ecopack (un prêt à taux zéro mis en place par Jean-Marc Nollet (Ecolo) et qui vise les économies d'énergies réalisées dans une habitation). Il serait accessible à l’ensemble des ménages dont le revenu ne dépasse pas les 93.000 euros.

Epée de Damoclès

Reste une inconnue de taille. Quel sera le budget disponible pour les primes en 2015 ? La réforme s’accompagne d’une diminution des montants disponibles mais avec l’afflux des demandes en décembre 2014 – 17.000 dossiers de demandes de prime ont été rentrés à l’administration avant la période de moratoire – plusieurs membres du gouvernement craignent que cet afflux avale l’entièreté du budget qui était réservé pour les primes cette année.

La suite ? Après l’épisode des primes, PS et cdH devraient également s’affronter sur le délicat dossier des allocations familiales. Là aussi, il sera question d’idéologie politique. Le PS affirme que les allocations doivent bénéficier à ceux qui en ont le plus besoin. En gros, un ménage dit " aisé " ne recevra plus forcément des allocations familiales après la réforme. Côté cdH, on ne l'entend pas de la même façon. "Un enfant égale un enfant. On fera entendre notre voix", défend le cdH.

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