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Quel serait l'impact d'une fusion Ores-Resa sur votre facture d'énergie?

L’affaire Publifin fait ressurgir l’idée d’une fusion des deux grands gestionnaires de réseau d’électricité et de gaz wallons, Resa et Ores. Cela "fait sens", déclarait Fernand Grifnée, patron d’Ores, il y a quelques jours au "Soir". Le lendemain, le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) défendait l’idée d’un gestionnaire de réseau unique au Grand Liège, suscitant un certain émoi.

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©BELGA

C’est désormais au tour du président du parlement wallon André Antoine (cdH) de plaider pour ce scénario — en profitant dans la foulée pour en finir aussi avec les tout petits acteurs comme la Régie de Wavre (tiens, qu’en pense le MR?).

Petit inventaire des conséquences pour les consommateurs d’un tel rapprochement.

                   -> Des tarifs harmonisés

"Cela va faire grimper la facture d’électricité des Liégeois"!" répètent à l’envi les acteurs principautaires, qui voient Resa comme le Petit Poucet poursuivi par l’ogre Ores. Il est vrai que Resa est un des gestionnaires de réseau les moins cher en électricité. Pour le gaz, c’est plus compliqué — notamment parce que le territoire desservi est plus large.

Si l’on se base sur les derniers chiffres de la Cwape, le régulateur wallon de l’énergie, des tarifs de distribution identiques sur toute la Wallonie conduiraient effectivement à un renchérissement pour les Wallons desservis par Resa en électricité — de quelque 44 euros par an, TVA comprise. Ceux qui sont aussi desservis par Resa en gaz économiseraient par contre 75 euros par an côté gaz.

A noter que ces chiffres se basent sur une consommation moyenne de 34.9820 kWh/an de gaz, alors qu’on prend habituellement pour un ménage-type une consommation de 23.260 kWh/an. Mais ce sont les chiffres les plus récents, et les seuls pour lesquels nous disposons d’une moyenne pondérée sur la Wallonie.

Pour les clients des autres GRD (gestionnaires de réseau de distribution), la situation est très contrastée: les Luxembourgeois gagneraient près de 44 euros par an sur les tarifs de distribution d’électricité. Mais ceux, moins nombreux, qui sont aussi connectés au gaz verraient la facture de gaz grimper de 196 euros. A Mouscron, les Wallons perdraient sur les deux tableaux: 85 euros supplémentaires sur l’électricité et 119 euros pour le gaz. Tandis qu’à Verviers, ils seraient deux fois gagnants: 120 euros sur l’électricité et, comme ils dépendent de Resa pour le gaz, 75 euros sur le gaz.

Le dossier est extrêmement sensible politiquement — Ores a d’ailleurs fusionné ses intercommunales en continuant à pratiquer 7 tarifs différents, faute d’accord sur une péréquation. Et André Antoine se laisse une décennie pour arriver à des tarifs de distribution identiques pour tous les Wallons.

©MEDIAFIN

                    -> Des économies d’échelle

À part chez Resa, où l’on ne cache pas ses réticences face à un tel scénario, beaucoup d’acteurs du secteur défendent les avantages d’une fusion. "Cela dégagerait immanquablement des synergies, puisqu’il y aurait un seul comité de direction ou un seul système informatique", réagit la Cwape via sa porte-parole.

"Cela a d’autant plus de sens que la distribution se trouve face à des changements profonds, qui entraînent de très grands projets comme Atrias ou le déploiement des compteurs intelligents. Pour cela, l’effet de taille est un avantage" pointe un fin connaisseur.

Plus prosaïquement, envoyer une seule personne pour relever les compteurs là où les deux GRD se partagent le gaz et l’électricité permettrait des économies — même si cela impacterait vraisemblablement l’emploi. Mais personne ne communique d’évaluation chiffrée.

                  -> Un risque d’échec

KPMG, qui s’était penché sur le sujet en 2012, notait que les fusions dans l’électricité aux Etats-Unis avaient eu un effet négatif sur les coûts — sans doute pour des motifs managériaux. "Il est possible de réaliser des économies d’échelle sans fusionner" entend-on côté liégeois — Resa et Ores travaillent d’ailleurs déjà sur le sujet. "Vu le profil financier de chacun, le nouvel ensemble aurait un profil d’emprunteur moins favorable que celui dont bénéficie aujourd’hui Resa" rappelle un autre spécialiste.

Bref, le débat n’est pas clos.

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