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4 stratégies pour battre le compte d'épargne

Vu la faiblesse lancinante des taux d'intérêt, les obligations d'entreprises sont de plus en plus dans le viseur des investisseurs. Mais qualité irréprochable va rarement de pair avec un rendement supérieur à celui d’un compte d’épargne. Prêts à prendre plus de risques?
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©shutterstock

Ce sont les fonds d’obligations européennes qui ont recueilli le plus de capitaux le mois dernier, selon le bureau d’étude Morningstar. 12,5 milliards supplémentaires, soit le plus gros afflux depuis janvier 2010! La majeure partie du montant a été investi dans des obligations d’entreprises. L’attitude des investisseurs est logique. La plupart des entreprises de qualité affichent un bilan beaucoup plus sain que la plupart des Etats. Les obligations profitent en outre de l’aversion au risque de ceux qui jugent prématuré de se tourner vers les actions.

Rendements en berne

Résultat: les cours des obligations d’entreprises ont fort augmenté. Les obligations de la plupart des 50 plus grandes entreprises européennes s’échangent bien au-dessus de leur prix d’émission. Traduction: vous payez aujourd’hui bien plus de 100 euros pour un produit dont vous ne récupérerez que 100 euros à l’échéance. Compte tenu de cette moins-value, les rendements annuels de nombreuses obligations de qualité sont inférieurs à leurs coupons.

Pour nous forger une idée du rendement moyen, nous avons étudié les obligations des 50 plus grandes entreprises cotées en Bourse de la zone euro. Pour chaque entreprise de l’indice DJ Euro Stoxx 50, nous avons recherché une obligation en euro dotée d’une échéance résiduelle d’environ 5 ans. Nous en avons trouvé pour 43 entreprises. En moyenne, ces obligations affichent un rendement brut de 2,6% par an jusqu’à leur échéance. Compte tenu du précompte mobilier (21%), le rendement net s’établit à 2,1% par an. Ce taux n’est qu’une approximation. Le précompte mobilier ne porte en effet que sur le coupon, et non sur la moins-value également incluse dans le rendement.

L’écart grandit encore si nous excluons les obligations bancaires. En raison de la crise financière, elles sont toujours assorties d’un risque supérieur à la moyenne. Abstraction faite des obligations des banques et des compagnies d’assurance, le rendement annuel moyen des obliga- tions des grandes entreprises européennes s’établit à 2,4%. Soit 1,9% net.

Le risque a un coût...

Un coup d’œil aux rendements confirme que de nombreux comptes d’épargne sont plus rémunérateurs. La meilleure offre, celle de NIBC Direct, affiche un rendement total de 3%. Ceux qui préfèrent un bon de caisse ou un compte à terme à cinq ans peuvent empocher jusque 3,16% par an.

Selon Alexandre Goldwasser, de la plateforme obligataire oblis.be, cette situation n’a rien d’étonnant. "Les investisseurs considèrent qu’un prêt à une entreprise de qualité est plus sûr qu’un prêt à une banque. Et finalement, un placement sur un compte d’épargne ou un compte à terme n’est rien d’autre qu’un prêt à une banque", explique-t-il. Pourtant, la comparaison n’est pas totalement pertinente. Les comptes d’épargne et à terme bénéficient de la garantie sur les dépôts de 100.000 euros, en cas de faillite de l’établissement. Les titulaires d’obligations ne bénéficient pas de cette garantie. Si l’émetteur fait faillite, ils risquent de tout perdre!

Faut-il pour autant éviter les obligations d’entreprises? Pas nécessairement... Même si les analystes recommandent de vendre celles qui s’échangent largement au-dessus de leur prix d’émission, et de prendre ses bénéfices. Notamment en raison du risque de hausse des taux, susceptible de provoquer une nette correction sur le marché des obligations. "Une prise de bénéfice (partielle) est aujourd’hui la meilleure manière de protéger un portefeuille d’obligations", conseille L’Investisseur.

4 stratégies pour un rendement plus élevé

Les épargnants qui recherchent des rendements plus alléchants sont condamnés à prendre plus de risques.

  • Partir en quête d’obligations qui s’échangent sous leur prix d’émission. D’autant qu’elle présentent aussi un avantage fiscal, embraie Alexandre Goldwasser: "La plus-value réalisée sur les obligations n’est pas imposée. D’un point de vue fiscal, une obligation dotée d’un coupon faible achetée sous le prix d’émission est donc préférable à une obligation dotée d’un coupon élevé, mais acquise au-dessus du prix d’émission". Mais une obligation n’est pas bradée sans raison. L’une des rares entreprises de l’indice DJ Euro Stoxx 50 dont les obligations s’échangent sous le prix d’émission est Intesa Sanpaolo. Elle combine deux handicaps: c’est une banque et elle est originaire d’Italie...
  • Des débiteurs de moindre qualité. Plus la note de l’émetteur est faible, plus le rendement est généralement élevé. Au sein de l’indice DJ Euro Stoxx 50, c’est le cas du groupe finlandais Nokia et de la société française Vivendi, qui n’ont préservé leur statut "investment grade" que de justesse. Seuls des titres considérés comme spéculatifs proposent encore des rendements bruts supérieurs à 4%. Citons les obligations de Renault ou de Lafarge, deux entreprises qui ne font toutefois pas partie de l’indice DJ Euro Stoxx 50.
  • Accepter un risque de change. Cela peut constituer une alternative pour les épargnants qui ne souhaitent pas s’exposer à un risque de débiteur pour acccroître leur rendement. "Si vous envisagez des obligations libellées dans une autre devise, préférez celles de pays peu endettés, comme la couronne norvégienne ou le dollar australien. Une obligation Coca-Cola en dollar australien propose un rendement d’environ 6% par an sur une échéance de cinq ans", dit Goldwasser.
  • Les actions. Le rendement de dividende moyen des entreprises de l’indice DJ Euro Stoxx 50 s’établit à 4,03% et 3,022% net compte tenu du précompte mobilier (25%). Bien qu’il ne tienne pas compte des prélèvements à la source opérés dans le pays d’origine pour les dividendes étrangers, ce taux est sensiblement plus élevé que le rendement des obligations.

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