Des opportunités dans la dette émergente

©Pictet

Un investissement orienté vers les marchés émergents est-il intéressant? Voici le point de vue de Karen Lam (Pictet AM), qui apprécie de rentrer tôt sur des segments décotés affichant des fondamentaux solides.

Outre sa gamme de fonds thématiques qui ont fait une bonne partie de sa renommée, le gestionnaire suisse Pictet Asset Management dispose également d’une offre étendue de stratégies sur les marchés émergents. Karen Lam est gestionnaire de fonds sur la dette d’entreprise et met en évidence plusieurs facteurs qui militent actuellement pour un investissement sur cette classe d’actifs.

"Le marché de la dette d’entreprise sur les marchés émergents n’est plus une petite classe d’actifs, et pèse désormais plus de 2.000 milliards de dollars, soit un montant équivalent au marché de la dette Investment Grade pour les entreprises européennes."

Karen Lam indique également que cette classe d’actif est très large, avec 52 pays, 800 sociétés et plus de 1.000 émissions. "Ceci nécessite une importante équipe pour pouvoir visiter les entreprises dans lesquelles nous allons investir. En outre, en comparant avec un marché comme celui du haut rendement américain, les entreprises émergentes affichent de meilleurs fondamentaux, avec un endettement qui est relativement moins important."

"Le marché de la dette d’entreprise émergente n’est plus une petite classe d’actifs."
Karen Lam
Gestionnaire chez Pictet


Dans le même temps, Karen Lam souligne que le taux de défaut est relativement comparable à ce qu’il est possible de trouver sur le marché du haut rendement américain. "Par rapport au risque pris, les marchés du crédit émergent affichent de meilleures performances qu’il est possible d’obtenir sur le marché de la dette d’entreprise. En outre, ce marché est surtout utilisé par les investisseurs institutionnels, qui ont généralement un horizon d’investissement relativement éloigné, ce qui entraîne une volatilité qui reste basse, un élément qui est renforcé par la présence relativement peu importante des ETF (fonds indiciels, NDLR)."

Amérique latine

Enfin, elle souligne que la valorisation reste raisonnable à l’heure actuelle, plus particulièrement en Amérique latine. "Nous n’hésitons pas à entrer tôt sur un marché si les valorisations sont attractives et si nous trouvons suffisamment de bonnes idées. Nous n’avons ainsi pas hésité par le passé à nous exposer à la Russie ou à la Turquie. Et nous sommes ainsi rentrés sur le Brésil au début 2016, au moment où les fondamentaux solides des entreprises étaient occultés par le contexte économique et politique difficile." Elle souligne également que la gouvernance ne constitue plus spécialement un obstacle pour un grand nombre d’émetteurs. "Ils viennent sur les marchés internationaux et sont conscients qu’ils doivent faire des efforts pour rassurer les investisseurs institutionnels."

Elle souligne s’être, par exemple, exposée à l’opérateur d’hôpitaux privés brésilien Rede d’Or, qui a récemment émis de la dette pour la première fois. "Cette société n’est pas dépendante de la situation politique brésilienne, mais bien du vieillissement de la population dans ce pays." Parmi les autres pays appréciés dans le cadre de la stratégie qu’elle gère, elle cite l’Argentine, l’Ukraine ou encore le Nigeria.

La Bourse de São Paulo. ©AFP

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