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"Il faut être fier de payer des impôts"

©Nima Ferdowsi

En sa qualité de Chief Economist de la Banque Degroof, Etienne de Callataÿ suit l’évolution économique de très près. Mais est-il aussi vigilant pour son portefeuille personnel?

(mon argent) - Etienne de Callataÿ (48 ans) est Chief Economist à la Banque Degroof. Dans "Confessions d’un économiste ordinaire", il évoque la crise financière et ses principaux enseignements. La connaissance des risques financiers en est un. Lorsqu’il investit, Etienne de Callataÿ opte pour une prise de risque maximum. "Comme je n’aime pas dépenser, je mets de côté une part importante de mes revenus, la totalité de ma prime, par exemple. J’ai quelques milliers d’euros sur un compte d’épargne mais je ne veux pas prendre de position importante dans cet instrument. Je préfère risquer plus gros et investir en actions."

Qu’avez-vous appris de la crise financière?

"Qu’il faut avoir moins confiance dans la sagesse de nos dirigeants politiques, des entreprises et des banques. À la Banque Degroof, nous avions vu arriver la crise immobilière aux Etats-Unis. Mais nous l’avions sous-estimée par excès de confiance dans l'organe de contrôle et les grandes institutions financières. Aujourd’hui, le secteur est moins vulnérable grâce à une meilleure prise de conscience des risques."

Songez-vous à arrêter de travailler?

"Non. J’aime encore trop mon travail mais l’idée d’avoir davantage de temps libre pour lire un bon bouquin me tente assez. L’idéal pour cela, ce serait de dormir deux heures de moins… J’ai une position confortable et je continuerai à travailler jusqu’à mes 65 ans, probablement plus longtemps."

Soutenez-vous vos enfants financièrement?

"Mis à part pour leurs études, ma femme et moi sommes très stricts sur les dépenses pour nos trois enfants. Lorsque nous allons au restaurant, ils n'ont pas droit à un dessert s'ils ont pris un apéritif. Nous ne voulons pas rendre les autres jaloux."

Avez-vous des hobbies coûteux?

"J’aime faire du vélo. Je me suis offert un VTT à 1.600 euros. C’est cher pour un vélo, mais certains modèles coûtent le double."

Comment votre portefeuille d’investissement est-il structuré?

"Très mal. Il y a une grande différence entre ce que je conseille à mes clients et mes amis et ce que je fais personnellement. Mes investissements manquent de diversification, avant tout parce que j’ai la possibilité d’acheter des actions de la Banque Degroof. Cela s’est avéré un bon investissement même si c’est davantage une question de chance que de discernement."

Avez-vous souvent négocié votre salaire?

"Sur ce plan, je suis assez puéril, même si je gagne plus que ce que je ne peux dépenser. Si un collègue avec la même valeur ajoutée que moi gagnait davantage, je me sentirais frustré. C’est pourquoi je joue cartes sur table avec mon patron lorsqu’il s’agit de salaire."

L’absence de gouvernement coûte cher. Êtes-vous inquiet?

"Non parce qu’une mauvaise solution coûterait encore plus cher. Le problème, ce ne sont pas ces 200 jours sans gouvernement mais les 10 dernières années sans réformes. Et ce, surtout parce que les partis francophones ont persisté à faire la sourde oreille aux propositions flamandes."

Quelle importance accordez-vous à l’argent dans une relation?

"Nous n’en parlons pas beaucoup parce que ma femme déteste cela. Elle est fonctionnaire et son salaire est inférieur au mien. C’est important pour elle de disposer librement de ses revenus."

Avez-vous rédigé un testament?

"Pas encore. De toute façon, tout ira à ma femme, à mes enfants et aux bonnes œuvres de l’Etat. Je ne tiens pas à éviter les droits de succession. Mieux encore, j'estime qu'il faut être fier des impôts que l’on paie."

 

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