L'épargnant belge reste le moins gâté d'Europe mais...

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D'après une étude qui compare les taux d'intérêt sur les dépôts d'épargne des ménages en Belgique et dans les autres pays de la zone euro, notre pays affiche, avec 0,03%, le taux nominal le moins élevé. Toutefois, à la faveur d'une inflation maîtrisée, la Belgique se place en milieu de classement par rapport aux autres pays européens.

Le livret d'épargne belge montre une mine bien pâle à côté de celui de nos voisins européens. En zone euro, la Belgique se classe au dernier rang des pays offrant le taux d'intérêt nominal le plus rémunérateur. A 0,03% en février 2018, le taux d’intérêt nominal moyen sur les dépôts d’épargne en Belgique est bien loin de la moyenne pour les pays de la zone euro (0,44%), d'après les données de la BCE et d'Eurostat compilées par Eric Dor, directeur des Études économiques à l’Ieseg School of Management à Paris et Lille (voir graphique ci-dessous).

En termes réels, donc après correction pour l’inflation, les taux de rendement sont négatifs en Belgique (-1,44% en février dernier) mais se situent maintenant au milieu du classement des pays de la zone euro. "La situation s’est donc légèrement améliorée depuis quelques mois en Belgique car l’inflation a diminué. C’est un peu mieux que l’année passée où les épargnants belges cumulaient les désavantages d’avoir des taux nominaux très bas et une inflation très forte", commente Eric Dor.

"Les taux très bas s’expliquent avant tout par la politique monétaire de la BCE, mais beaucoup d’autres pays de la zone euro offrent quand même de meilleures conditions aux épargnants."
Eric Dor
IESEG

Autrement dit, la Belgique reprend des couleurs à la faveur d'une inflation contenue, ce qui permet à notre pays de quitter le groupe des champions de la perte de pouvoir d’achat sur l’épargne.

Mais l'étude de l'IESEG pointe "une absence de volonté politique en Belgique, quels que soient les partis au gouvernement" pour maintenir un taux minimum qui soit assez proche du taux d’inflation de sorte à garder un pouvoir d’achat de l’épargne des ménages consistant.

Selon Eric Dor, "les taux très bas s’expliquent avant tout par la politique monétaire de la BCE, mais beaucoup d’autres pays de la zone euro offrent quand même de meilleures conditions aux épargnants". Exemple en France où les taux administrés du livret A et produits apparentés ont permis de mieux protéger les revenus de l’épargne des ménages français que dans la plupart des autres pays de la zone euro.

La Belgique, un cas à part

L’épargne réglementée en Belgique doit offrir obligatoirement un taux de base et une prime de fidélité, rappelle l'étude d'Eric Dor. Le taux de base doit être inférieur au maximum entre le taux d'intérêts des opérations principales de refinancement de la BCE (MRO) le 10 du mois qui précède le semestre calendrier en cours, et 3%. Le taux de base maximum autorisé est donc de 3% en 2017. La prime de fidélité doit être inférieure à la moitié du taux de base maximum autorisé et supérieure au quart du taux de base effectivement proposé par la banque. Le calcul est chaque fois arrondi au dixième de pourcent inférieur.

Concrètement, en 2018, pour une banque qui propose 0,01% comme taux de base, la prime de fidélité doit donc être supérieure à 0,0025% arrondi au dixième de pourcent inférieur, et inférieure à 1,5%. Le texte législatif semble suggérer que la prime de fidélité pourrait être nulle. Notre ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), semble interpréter cette législation comme impliquant que la prime de fidélité doit être au minimum d’un dixième de pourcent, "ce qui est curieux", souligne encore Eric Dor. C’est en tout cas ce que pratiquent les grandes banques belges sur un compte d’épargne ordinaire, avec un taux de base de 0,01% et une prime de fidélité de 0,10%, ce qui fait un taux de 0,11%, soit un chiffre extrêmement bas. Ce taux de 0,11% s’applique simplement à la partie de l’encours des dépôts éligibles qui a été investie depuis au moins un an. Le taux moyen sur les dépôts réglementés est donc inférieur à 0,11%. La BNB estime que l’encours des dépôts d’épargne réglementés était de 261,602705 milliards d’euros en février 2018. L’essentiel est détenu par des ménages.

  

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