On est moins riche qu'avant...

©ANP XTRA

Le patrimoine financier net moyen du Belge s'élève à 215.000 euros. Il était encore de 217.500 il y a un an. Que se passe-t-il?

Vous en êtes-vous rendu compte? Vous êtes aujourd'hui moins riche qu'hier! Selon ING, l'évolution du patrimoine des Belges est depuis la mi-2017 en mode ralenti. Trois éléments expliquent cette situation:

→  Une épargne moindre
→  Une structure du patrimoine mettant l'accent sur la prudence et donc moins rémunératrice
→  Une valorisation des portefeuilles d'actifs boursiers rognée

Et tout ça s'accompagne d'un endettement des ménages en augmentation accélérée.

Entrons dans le détail

Au premier trimestre 2018, les ménages belges disposaient d'un patrimoine financier net moyen (les actifs sans les dettes et les biens immobiliers) de 215.000 euros. En 2017, ce montant était de 217.500 euros, voire de 217.900 euros en 2016. Au total, le patrimoine des Belges est de 1.340 milliards d'euros, soit trois fois le PIB. Ce recul du patrimoine net des ménages est le premier enregistré depuis 2008.

©Document ING

  • L'épargne, elle, évolue à un rythme plus modéré. Durant les 15 dernières années, l'épargne moyenne enregistrait des taux moyens de croissance annuelle de 25 milliards. En 2016, cette hausse était de 11 milliards pour se réduire à 6 milliards en 2017.    
  • Le patrimoine est désormais composé majoritairement (53%) d'actifs peu risqués et donc moins rémunérateurs. Il s'agit de comptes d'épargne et de comptes à vue (27,5%), de cash (30%) et d'assurance-vie et des fonds de pension (23%). 
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Les actifs plus risqués représentent une part de 24%, une proportion toutefois stable depuis le début de la crise de 2008. Début 2007, elle représentait 34% du total. 
Aujourd'hui, les SICAV constituent 15 à 16% de ces actifs contre 4 à 5% d'actions. Les obligations sont délaissées (3%, loin des 9% de 2007).

"Il semble donc que la crise ait conduit à un changement structurel dans la façond’épargner et que les Belges soient plus enclins à posséder davantage d’actifs moinsrisqués, et ce malgré une confiance au beau fixe et des taux d’intérêts très faibles."

 

Chez ING, on explique en effet que lorsque la confiance des consommateurs est au beau fixe, comme c'est le cas actuellement, la confiance de l'épargnant remonte aux dépens de l'épargne de précaution. Ce qui ne semble désormais plus le cas. Le désavantage de ce comportement est qu’il devrait continuer à réduire la croissance du patrimoine total des Belges dans les années à venir.

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  • À cela s'ajoutent aussi les "effets de valeur": l’augmentation du patrimoine due à la prise de valeur des actifs détenus. Ces effets ont permis un accroissement du patrimoine des Belges de 14,6 milliards en 2017. Selon les premiers chiffres disponibles, l'histoire semble un peu différente pour les premiers mois de 2018. Les actifs détenus par les ménages avant le début de l’année ont perdu de la valeur (les SICAV -2,7 milliards; les actions non cotées -2,2 milliards; les assurances vie et fonds de pensions -1,9 milliard). 

Quand la dette dépasse les revenus

La dette totale des ménages belges s'affichait au premier trimestre en moyenne à 57.375 euros là où le revenu disponible brut était environ de 52.500 euros. La dette représente donc environ 110% du revenu disponible annuel brut.

"Ce n’est pas le tant le niveau d’endettement qui est inquiétant mais la tendance. En effet, les taux d’intérêt bas ont favorisé des années de production record en termes de nouveaux prêts. Le stock des crédits hypothécaires a ainsi dépassé les 50% du PIB pour la première fois en 2016."

 

Trente-deux pour cents des ménages belges ont ainsi un crédit hypothécaire en cours, soit plus de la moitié des ménages de moins de 55 ans.  En effet, la population a la réputation d’avoir "une brique dans le ventre". Les avoirs immobiliers représentent une partie non négligeable du patrimoine des familles. Les dernières estimations réalisées par la Banque Nationale de Belgique évaluaient en 2016 les terrains et bâtiments détenus par les particuliers à 1.412 milliards d’euros, soit 334% du PIB (290.000 euros en moyenne par ménage). 

Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne

Les données sur la répartition du patrimoine sont rares. Mais il va sans dire que tout un chacun en Belgique ne partage pas le même niveau de patrimoine. Toutefois, il ne faut pas confondre les inégalités de flux de revenus (salaires, allocations,pensions…) et les inégalités de répartition du stock de richesse.

Quoi qu'il en soit, il y a des inégalités dans la distribution de la richesse (même si c'est moindre que chez nos voisins comme le montrent des chiffres de la BCE).  Les 5% les plus riches détiennent près de 30% du patrimoine total. Seul élément qui joue en notre faveur dans les comparaisons internationales: la prise en compte du patrimoine immobilier avec 70% des Belges qui sont propriétaires. Abstraction faite de l'immobilier, l'écart entre riches et moins riches est en Belgique l'un des plus importants de la zone euro. 

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