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Emprunt remboursé? Optimisez cette capacité d'épargne

Votre emprunt est enfin remboursé. L’équivalent d’un beau montant dont vous disposez à nouveau chaque mois. Mais optimiser cette capacité d’épargne sur le plan fiscal n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire.
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©Photo News

C’est un moment attendu avec une certaine impatience: les enfants s’assument financièrement et la maison est remboursée. La mensualité d’un emprunt immobilier ampute sérieusement le budget. Alors, lorsque l’on retrouve subitement une certaine aisance financière qui permet enfin de réaliser des projets longtemps remisés au placard, ou de reconstituer une épargne mise à mal, la question qui se pose est de savoir comment procéder au mieux. L’amortissement de capital et les intérêts de l’emprunt rapportent en effet jusqu’à 2.260 euros d’avantage fiscal par an. Il serait intéressant de retrouver une formule d’épargne ou de placement qui procure un avantage fiscal similaire. Mais comment profiter au maximum de la capacité d’épargne qui s’est libérée?

©Filip Ysenbaert

1 Une assurance-vie de la branche 21

Si vous cherchez un avantage fiscal du même acabit que le bonus-logement, vous découvrirez assez vite les charmes de la branche 21.

AVANTAGES

Les primes que vous versez sont déductibles au même titre qu’un emprunt hypothécaire, à concurrence d’un plafond de 2.260 euros (exercice d’imposition 2016 et pour celui qui a un revenu professionnel net imposable supérieur à 34.850 euros).

La réduction d’impôt s’élève à 30% des primes versées ou 678 euros par personne pour le contribuable qui gagne suffisamment pour verser le maximum de 2.260 euros.

Pour pouvoir profiter de l’avantage fiscal, le contrat doit avoir une durée de 10 ans minimum et il faut le clôturer avant vos 65 ans.

En misant tout sur une branche 21, vous remplissez votre panier fiscal qui a été libéré par la fin de votre emprunt hypothécaire.

2 à 3%
En branche 21, on atteignait tout au plus un rendement de 2% à 3% ces dernières années. Et cela ne devrait pas changer dans les années à venir.

INCONVÉNIENTS

La faiblesse du rendement

"Vu la faiblesse des taux d’intérêt, la branche 21 n’est pas très rentable", reconnaît Diederik Ampoorter, directeur Personal & Business banking chez BKCP. "Ces dernières années, on pouvait tout au plus en tirer un rendement de 2% à 3%. Et il devrait en être de même dans les années à venir."

 En bloquant votre argent dans une branche 21, vous aurez certes la sécurité, puisque les intérêts sont garantis et le capital protégé — même le fonds de garantie des dépôts intervient jusqu’à 100.000 euros -, mais cela ne rapportera pas grand-chose.

Une participation bénéficiaire aléatoire

"Pour le rendement, il est essentiel de pouvoir toucher la participation bénéficiaire accordée par les compagnies d’assurance", explique Jan Theus, conseiller à la Banque van Breda. Mais attention pour avoir droit à une participation bénéficiaire, il faut souvent répondre à certaines conditions. "Celui qui a arrêté de verser et qui a une réserve trop faible passera à côté de la participation bénéficiaire ", précise Jan Theus. En outre, la participation bénéficiaire n’est pas garantie. Chaque année, c’est l’assemblée générale de la compagnie qui, sur la base des résultats, décide de verser quelque chose en plus ou non.

Un impôt final de 10%

Dès le moment où vous avez mentionné dans votre déclaration fiscale 1 euro de prime payée dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie, la totalité du capital est taxée à 10% lorsqu’il est versé, même en l’absence de gain fiscal effectif, parce que votre panier fiscal était déjà plein. "C’est un élément que beaucoup de gens perdent de vue et qu’il est pourtant crucial de prendre en compte au moment de choisir entre une assurance-vie et une épargne-pension", souligne Diederik Ampoorter.

Supposons que vous placiez 2.260 euros par an pendant 10 ans dans une branche 21 en plus de 100.000 euros qui s’y trouvaient déjà. In fine, vous disposerez d’un capital de 141.806 euros (130.000 euros de primes versées et 11.806 euros d’intérêts garantis autaux actuel de 1,25%). Sur ce montant, vous serez redevable d’un impôt de 14.180 euros(10%). Autrement dit, la totalité des intérêts sera partie en fumée. Et cela sans compter les frais d’entrée de 3% et la taxe de 2% à payer sur chaque prime versée.

2 Une épargne-pension fiscalement avantageuse via la branche 23

©Netto - Mon Argent

D’autres augmentent les versements dans leur épargne-pension, même si le montant déductible est plafonné à 940 euros par an. La plupart des gens sont conscients qu’ils ne doivent pas attendre que leur emprunt soit remboursé pour se constituer leur pension.

Un portefeuille équilibré doit comprendre une composante stable et sûre — branche 21, comptes à terme -, et des placements plus dynamiques, qui vont apporter le rendement. "Cette capacité de placer 700 ou 800 euros en plus chaque mois doit en principe refléter le même rapport", explique Jan Theus.

Les taux d’intérêt peu affriolants que l’on connaît actuellement obligent quasiment à augmenter la proportion des placements plus risqués. "En épargne-pension, on assiste à une hausse de la demande en assurance vie mixte où la branche 23 doit apporter le rendement, selon Diederik Ampoorter. Si votre horizon est suffisamment lointain, une branche 23 est intéressante pour aller chercher les revenus nécessaires, qui combleront le fossé entre votre pension légale et votre rémunération actuelle." Les primes d’une assurance-vie branche 23 sont elles aussi déductibles fiscalement.

Lorsqu’ils commencent à être à l’aise financièrement, les plus de 50 ans pensent souvent à leurs petits-enfants. Mais ce n’est pas forcément facile à mettre en oeuvre:

Prenez une assurance-vie "et désignez le petit-enfant comme bénéficiaire", explique Jan Theus, conseiller à la Banque Van Breda. "Les fonds peuvent éventuellement n’être distribués qu’après un délai fixé d’avance, par exemple à vos 65 ans."

Épargnez à votre nom "pour conserver un maximum de contrôle", suggère Jan Theus. Si vous investissez au nom de vos petits- enfants, vous n’avez pas la moindre protection contre le syndrome Ferrari". Supposons que vous ayez versé chaque mois un montant dans une assurance placement. À ses 18 ans, votre petit-enfant recevra un courrier lui annonçant que le contrat est désormais sa propriété et qu’il peut disposer librement des fonds. "Ce ne serait pas la première fois qu’un jeune en profite pour faire une fiesta endiablée pendant quelques semaines ou dilapider le magot en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Avec une assurance placement au nom du mineur, vous ne pouvez désigner que la succession. Et aucun verrou ne vous permet d’éviter que l’argent passe par les fenêtres sans pouvoir faire quoi que ce soit", poursuit le conseiller.

Faites un don bancaire en vous désignant comme bénéficiaire en cas de décès. La technique du "bénéficiaire acceptant" joue alors comme un cran d’arrêt. Et vous êtes assuré que votre petit-enfant ne fera pas de bêtises sous votre nez.

ATTENTION!

Une branche 23 au nom d’un mineur peut poser problème

Certaines compagnies d’assurance rechignent à laisser souscrire une branche 23 au nom d’un mineur. "Juridiquement, il n’est en effet pas impossible que le mineur vous reproche plus tard d’avoir spéculé avec son argent, prévient Jan Theus, de la Banque Van Breda. Aussi longtemps qu’il n’y a pas de planification successorale, nousrecommandons de conserver les fonds en nom propre."

3 Une assurance-vie classique sans avantage fiscal

©doc

Certaines compagnies d’assurance, comme Axa, proposent aussi des produits qui vous permettent de fixer vous-même le poids des branches 21 et 23. "Un volet du capital rapporte sans risques, l’autre ouvre la voie à un assortiment de fonds de placement qui peuvent générer aussi bien des prestations positives que négatives", indique Korneel Warlop, d’Axa.

Pour donner à la capacité d’épargne supplémentaire une destination judicieuse, les banquiers recommandent d’établir un plan d’investissement adapté à votre objectif et à votre profil. "Si votre objectif est d’assurer votre pension et de limiter les fluctuations dans le portefeuille, vous devrez probablement réduire la composante dynamique ou lui donner une forme qui permet de vous en dégager rapidement, conseille Jan Theus. D’ailleurs, plus vous vous rapprochez de l’âge de la retraite, plus vous devez veiller à faire des placements sages."

4 Investir soi-même sans profiter d’un avantage fiscal

"L’avantage des placements dynamiques hors contrats avec avantages fiscaux, c’est que l’on peut éventuellement en sortir plus rapidement pour se repositionner de façon plus sûre. Quand on est coincé dans un cadre fiscal, il est moins aisé de changer de cap", observe Jan Theus. À titre d’alternative, il indique des fonds transparents ou des fonds de patrimoine dans lesquels les actions donnent le ton. "C’est toujours une question d’équilibre entre le risque et le rendement. Un produit sûr qui rapporte plus de 4%, cela n’existe plus. Soit il n’est pas sûr, soit il ne générera pas le rendement promis." Diederik Ampoorter constate que les investisseurs sont poussés à prendre davantage de risques. "Depuis quelques années, la demande de fonds de fonds, de fonds mixtes et de fonds d’actions augmente. Mais ce revirement est progressif, car beaucoup de gens s’accrochent au profil défensif qu’ils se sont fixé depuis la crise financière."

5 Conclure un nouveau crédit

Remplacer simplement un panier fiscal par un autre ne semble donc pas être la panacée. "Ce n’est pas parce qu’un produit est intéressant sur le plan fiscal qu’il s’agit d’un placement intéressant, observe Jan Theus. Le patrimoine mobilier que quelqu’un se constitue pour sa pension est formé en moyenne de 30 à 40% de contrats avec avantages fiscaux. Cela explique pourquoi les gens continuent à rechercher l’avantage fiscal."

CONCLUSION

Tout dépend surtout de l’objectif poursuivi Revenons à la question essentielle: que faire d’une capacité d’épargne retrouvée? Pour y répondre, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Ces quelques centaines d’euros en plus qui tombent chaque mois dans votre escarcelle ne doivent pas forcément chambouler votre portefeuille. Tout dépend de l’objectif poursuivi: continuer à constituer votre capital pension, épargner pour vos petits-enfants, rénover votre intérieur ou acheter une seconde résidence? "Nous constatons régulièrement dans ce groupe de personnes un intérêt pour contracter un nouvel emprunt, reconnaît Diederik Ampoorter. Ils optent alors souvent pour une sorte de crédit ‘bullet’ sur dix ans. Ils paient uniquement des intérêts, qu’ils peuvent déduire dans leur déclaration fiscale (jusqu’à 2.260 euros au maximum)."

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