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Gardez vos actions, même durant l'été

Les investisseurs qui privilégient la Bourse bruxelloise ne doivent certainement pas lui tourner le dos pendant les mois d'été. En effet, bien que la sagesse boursière recommande généralement de vendre les actions en mai pour se repositionner en septembre, cette stratégie n'a pas toujours porté ses fruits au cours des 18 dernières années.

(mon argent) - « Sell in May and go away... but always remember to come back in September » est l’un des adages boursiers les plus connus, soutenu par les conclusions de nombreuses études. Cet adage illustre le fait que les Bourses ont pour habitude de prester moins bien durant l'été.

La Bourse bruxelloise n'échappe pas non plus au blues de l'été, comme en témoignent les performances de l’indice de return du Bel20 depuis 1991, l’année du lancement de ce baromètre boursier belge. L’indice de return tient compte, outre la plus-value sur actions, des dividendes versés. Or, au cours des 18 dernières années, le return moyen du troisième trimestre s’est révélé négatif à hauteur de 2,4%, un chiffre largement inférieur aux returns positifs affichés au cours des autres trimestres, qui sont compris entre 2,4% pour le premier trimestre et 4,5% pour le deuxième.

Même constat pour les mois de juillet et d’août considérés isolément. Le rendement mensuel moyen des deux mois d’été s’élève à -0,5%. Sur les dix autres mois, le rendement mensuel moyen s'affiche à 2,4%.

L'effet estival

Au fil des ans, de nombreux chercheurs ont invoqué des raisons diverses pour expliquer cette évolution particulière des marchés en période estivale. Il a ainsi été question des fluctuations de température, du secteur agricole, du nombre important de compétitions sportives comme les Jeux Olympiques et les championnats de football, l’évolution du produit intérieur brut et bien d’autres facteurs encore. Certes, leur influence a été, dans chaque cas, démontrée, mais elle n’est jamais significative.

Selon les spécialistes, d’importants intervenants institutionnels tels que les banques et les assureurs doivent sortir pas mal de fonds en début d’année. Les salariés perçoivent alors leurs bonus, qu’ils investissent notamment en Bourse.

Buy and hold

Bien que l’effet estival ait manifestement une incidence sur les cotations, cela ne signifie pas nécessairement que les investisseurs en tirent clairement avantage. Une étude menée sur le marché bruxellois tend à indiquer que la stratégie qui consiste à vendre en juin et à racheter en septembre n’a porté ses fruits que 7 années sur les 18 précédentes. Dans la majorité des cas (11 années sur 18), l’investisseur qui conserve son portefeuille pendant toute l’année obtient donc un rendement supérieur à celui atteint par l’investisseur qui vend son portefeuille le temps des vacances d’été. Si l’on tient du reste compte des frais de transaction nécessaires pour vendre puis racheter les positions, l’efficacité de la stratégie « buy and hold » s’avère encore plus grande.

Les adages boursiers n'auraient-ils aucune valeur? Si, sans doute. Au moins celle qu'on leur prête...

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