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"Je ne pense pas en permanence à l'argent"

Manager de l’équipe cycliste Quick Step, Patrick Lefevere gère un budget de 9 millions d’euros par an. Pour ses investissements privés, il se fie à son intuition plutôt qu’à son banquier.

(mon argent) – Gagner un jour le Tour de France. Tel était le rêve du jeune Patrick Lefevere lorsqu’à 15 ans, il décide de devenir coureur cycliste. Dans sa tête, l’aspect financier est important, certainement pas prioritaire. Il annonce à ses parents que désormais, il se passera de ses 2,5 euros d’argent de poche hebdomadaire. « Je commençais à remporter des victoires et l’argent que je gagnais était pour moi. »

Sens comptable

Pour le grand public, Patrick Lefevere est le manager de plusieurs équipes cyclistes mais il est également comptable. « Je notais toutes mes rentrées dans un carnet et je calculais combien j’allais gagner. » À l’âge de 21 ans, il passe professionnel. Très vite, il tire les leçons de cette expérience. « Très tôt, j’ai su que c’était cuit. En 1976, je gagnais l’équivalent de 550 euros par mois et un an plus tard, exactement la même chose. En fait, je faisais du sur-place. »

Du caviar ou des pâtes?

Dans les années 1980, il devient pour la première fois directeur sportif. « Je ne gagnais pas encore lourd mais j’avais un contrat d’employé qui courait sur 2,5 ans. » Ensuite, il passe manager d’équipe. Une belle carrière, qui s’étale sur près de 30 ans. D’où la question : « Aujourd’hui, pourriez-vous arrêter de travailler ? ». Réponse : « Si je voulais manger du caviar tous les jours, certainement pas. Heureusement pour moi, j’adore les pâtes et si le marché des actions ne s’effondre pas complètement, je pourrais prendre ma retraite. »

Intuition

« En matière de placements, je suis et reste conservateur. Plusieurs fois, j’ai fait confiance à ma banque et cela ne m’a pas réussi. » Par conséquent, Lefevere applique sa propre stratégie lorsqu’il prend la décision d’investir : « Je préfère me fier à mon intuition qu’à mon banquier. J’y gagne. » Sans attendre qu’on lui demande, il évoque un cas où il aurait mieux fait de s’écouter. « J’avais des actions KBC que j’avais achetées 10 euros. Mon banquier m’a prévenu que les cours allaient s’effondrer. Je les ai vendues à 20 euros. Malheureusement pour moi, les cours ont continué à grimper... »

34 millions d’euros sous le nez

Lefevere est aussi allé devant les tribunaux pour obtenir réparation suite à la parution d’une série d’articles le mêlant à une affaire de dopage. La justice a condamné trois collaborateurs du Laatste Nieuws à lui verser 500.000 euros de dommages. Que va-t-il faire de cet argent ? « La partie adverse est allée en appel, donc je n’ai encore rien touché. J’entends régulièrement dire que la somme réclamée est élevée. Ces messieurs seraient-ils dotés d’un sixième sens qui leur permet de chiffrer exactement le préjudice que j’ai subi ? Un sponsor était prêt à mettre 34 millions sur la table, ce qui m’aurait permis d’obtenir une augmentation de salaire. Rien de tout cela ne s’est passé. Ces 500.000 euros compensent uniquement le préjudice moral.»

Sur la paille

La crise financière a fait perdre de l’argent à beaucoup de personnes, dont Lefevere, qui avoue avoir perdu pas mal de plumes suite à une mauvaise transaction sur des actions. À la question de savoir s’il lui est jamais arrivé de se retrouver sur la paille, il répond : « En 1983, j’ai divorcé de ma première épouse. J’ai quitté la maison avec un lit et 1200 euros. J’ai trouvé un appartement. Le loyer était de 200 euros plus 3 mois de garantie. Mon patron m’a proposé une avance sur salaire mais je lui ai répondu que j’allais m’en tirer. Plus tard, j’ai construit une maison. Jusqu’à l’âge de quarante ans, on aurait pu tout me prendre, je m’en serais tiré de toute façon. Aujourd’hui, je fais attention de garder ce que j’ai . »

Cupide? Jamais!

« Je n’ai jamais été cupide, axé sur le gain à court terme. Je ne pense pas non plus en permanence à l’argent, ce qui est une erreur, selon mon banquier. Lorsque je signe un contrat, je le range dans une armoire et je n’y pense plus. Lorsque j’apprends plus tard que Johan Bruyneel a un plus gros budget, je me dis tant pis pour moi, tant mieux pour lui. Encore faut-il savoir ce que l’on signe…»

Quel a été votre plus gros achat récemment ? « Pour mes 50 ans, je me suis offert une voiture de sport, une Chrysler Crossfire, de 25.000 euros. Je le regrette encore aujourd’hui : comme je ne l’ai pratiquement pas utilisée, elle a déjà dû aller au garage plusieurs fois. Je ne la sors pas plus d’une fois tous les trois mois… Et ma femme ne l’aime pas, elle est beaucoup trop basse pour elle… »

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