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L'investissement durable a repris le chemin de la hausse en 2014

Le montant total des investissements socialement responsables a grimpé de 13% à 13,92 milliards d’euros l’an dernier. C’est sa première hausse depuis 2010. Mais la qualité des fonds ISR diminue.
©shutterstock

Après plusieurs années de disette, les placements éthiques ont retrouvé du tonus en 2014. Leur encours global a atteint 13,92 milliards d’euros, ce qui représente une augmentation de 1,6 milliard par rapport à l’année précédente, montre le rapport 2015 de l’investissement socialement responsable (ISR) réalisé par le Réseau Financité, dont "L’Echo" a pu prendre connaissance.

L’ISR est la dénomination officielle des produits financiers durables, c’est-à-dire ceux qui respectent des critères environnementaux, sociaux et de bonne gestion. Cette manière d’investir de façon plus éthique avait connu un passage à vide au cours des dernières années.

Reprise des fonds ISR

Depuis 2011, l’encours de l’ISR était en diminution. Ses parts de marché étaient même sous pression depuis 2010. La tendance s’est inversée l’an dernier, aussi bien pour l’encours, en progression de 13% par rapport à 2013, que pour les parts de marché qui sont passées de 2,4% en 2013 à 2,6% l’année dernière. L’encours global de l’ISR reste néanmoins loin de son record de 2010 qui se situait à près de 17 milliards d’euros et ses parts de marché sont encore à bonne distance de leur sommet de 4,1% atteint en 2009.

7,8 milliards €
Les fonds éthiques ont largement contribué à la remontée de l’ISR en 2014, en atteignant un encours de 7,8 milliards d’euros, contre 6,4 milliards en 2013.

Le rebond des placements éthiques observé l’année dernière est principalement dû aux fonds ISR. En 2014, ces fonds de placement qui réinvestissent l’argent collecté en respectant des critères durables ont enregistré une hausse de leur encours de 23,43% à 7,8 milliards d’euros. Cette progression est supérieure à celle de l’ensemble du marché des fonds commercialisés en Belgique (+ 20,46%), ce qui n’était plus arrivé depuis 2011. Cette évolution permet de mettre un terme à la chute des parts de marché des fonds ISR, qui étaient passés de 8,81% de l’ensemble du marché des fonds en 2011 à 5,4% en 2013: elles sont remontées à 5,5% l’an dernier.

La qualité reste faible

Cette légère amélioration quantitative est toutefois à relativiser car, sur le plan qualitatif, les fonds ISR ont connu une évolution négative l’an dernier. Le Réseau Financité a développé une méthode d’évaluation de la qualité des fonds durables, qui permet de coter ces derniers sur une échelle de 100 points.

Cet examen prévoit d’attribuer une cote d’exclusion (zéro sur cent) aux fonds qui investissent dans des entreprises ou États qui se trouvent sur liste noire, c’est-à-dire qui violent des principes contenus dans des conventions ratifiées par la Belgique en matière de droit humanitaire, de droits sociaux, de droits civils, d’environnement et de bonne gestion.

87%
87% des fonds ISR ont investi dans des entreprises ou États qui violent des principes contenus dans des conventions ratifiées par la Belgique

Or, il apparaît que 270 des 311 fonds ISR disponibles, soit 87%, ont reçu une cote de 0 sur 100 en 2014. Sur la quarantaine de fonds restants (13%), un seul reçoit une note supérieure à 60 sur 100. Cette situation est pire qu’en 2013. Cette année-là, la qualité moyenne des fonds qualifiés d’ISR était de 4,7 sur 100. L’an dernier, cette note moyenne est tombée à 4,1 sur 100. En pondérant les résultats en fonction des encours des fonds ISR, la moyenne reste stable par rapport à 2013 mais toujours très faible, à 6,3 sur 100.

Dans la plupart des cas de cotes d’exclusion, les fonds ISR évalués investissaient dans des actifs placés sur liste noire. Ceci est dû au fait que cette liste évolue au fil du temps alors que les fonds lancés avec un label ISR sont souvent des fonds passifs, dont le portefeuille n’est pas remanié par la suite en fonction de critères durables. Ces fonds tirent la moyenne vers le bas.

Livrets: l’ISR fait mieux

Reste que la quarantaine de fonds ISR qui obtiennent une cote supérieure à zéro ne brillent guère. La moitié d’entre eux reçoivent une note comprise entre 20 et 39. Une petite dizaine obtiennent moins de 20. Dix autres montent entre 40 et 59. Un seul fonds dépasse 60 points.

La qualité des comptes d’épargne ISR est meilleure, bien qu’en baisse par rapport à 2013. L’an dernier, la note moyenne des livrets durables a atteint 52 sur 100, contre 57 l’année précédente. En moyenne pondérée des encours, la cote monte à 61, après 64 en 2013.

Les comptes d’épargne éthiques ont en outre participé à l’avancée quantitative de l’ensemble de l’ISR en Belgique en 2014: leur encours a atteint 1,98 milliard d’euros, contre 1,88 milliard un an plus tôt, ce qui représente une hausse de 6%, alors que l’ensemble du marché belge des comptes d’épargne ne progressait que de 3% dans le même laps de temps. De quoi faire remonter la part de marché des livrets ISR à 0,83%, contre 0,81% en 2013. C’est peu mais c’est mieux que la baisse observée quelques années plus tôt…

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