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Le Belge n'a jamais eu autant sur son compte à vue

Les montants entreposés sur les comptes courants des Belges affichent une croissance supérieure à celle des comptes d’épargne. En moyenne, il faut compter 5.300 euros par compte à vue.
©Photo News

En un an, les comptes à vue des ménages belges ont gonflé de 9 milliards d’euros pour atteindre le montant record de près de 75 milliards d’euros fin juin, révèlent les chiffres de la Banque nationale belge.

75 milliards €
Les Belges totalisaient 75 milliards d'euros sur leurs comptes à vue fin juin.

Cela revient à pas moins de 5.300 euros par compte à vue, soit un tiers de plus qu’il y a deux ans. Les comptes courants affichent ainsi une croissance supérieure à celle des comptes d’épargne.

Plus intéressé par l'épargne

Selon les banques, de plus en plus de ménages estiment, en raison des taux ultra-bas en vigueur actuellement – soit 0,11% sur la plupart des comptes d’épargne classiques – qu’il ne vaut plus la peine de transférer leur argent sur leur compte d’épargne. "En raison des taux d’intérêt bas, les gens gèrent leurs avoirs de manière moins active qu’auparavant", nous dit-on chez BNP Paribas Fortis.

"En raison des taux d’intérêt bas, les gens gèrent leurs avoirs de manière moins active qu’auparavant."
BNPPF

Les investissements à taux fixe ne leur plaisent pas davantage et de nombreux particuliers hésitent, dans un climat boursier volatil, à investir dans des fonds ou des actions. Nombre de banquiers parlent d’une "paralysie générale", dont la durée est difficile à prédire. Dans l’attente de meilleures opportunités d’investissement, les Belges parquent donc massivement leur argent sur de simples comptes à vue, même si ces derniers ne rapportent rien.

Dans les conseils d’administration des banques cependant, un son de cloche opposé se fait entendre à propos du taux d’épargne. Les banquiers estiment que le taux minimum légal de 0,11%, trop élevé, est intenable, car ils doivent souvent réinvestir à perte l’épargne excédentaire en obligations d’Etat à des taux bas voire négatifs.

Le CEO de la KBC, Johan Thijs, affirme trouver anormal que l’Etat belge puisse emprunter à un taux de 0,10% sur 10 ans, alors que les banques belges sont obligées de garantir à leurs clients un taux de 0,11% sur leur épargne.

Le fait que les ménages belges laissent davantage d’argent sur leur compte à vue à 0% arrange donc bien les banques, finalement.

Les taux d’intérêt historiquement bas sont la conséquence de la politique monétaire inhabituelle menée par la Banque centrale européenne. En Allemagne, le tabou sur un taux négatif pour les épargnants particuliers commence tout doucement à vaciller. Une petite banque bavaroise vient d’annoncer à ses clients l’introduction, dès septembre, d’un taux négatif pour ses grands clients, aux avoirs supérieurs à 100.000 euros.

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