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Les meilleurs rendements en assurance-vie

La plupart des rendements 2009 des assurances-vie à taux garanti sont tombés. Ils sont inférieurs à ceux de 2008, du moins pour les produits à "faible composante actions". Déception. Que faut-il attendre pour 2010?

(mon argent) - La plupart des assureurs ont communiqué leurs rendements d’assurances-vie pour 2009. Première conclusion - la plus évidente: les assureurs n’ont manifestement pas aussi bien traversé l’année 2009 qu’escompté. Malgré des marchés boursiers en nette hausse, des marchés obligataires de bonne facture, et une sortie progressive de la crise financière, les rendements 2009 font pâle figure, reflet de portefeuilles toujours convalescents.  

Afer, avec un taux de 4,12%, campe jusqu’à présent le haut du classement (voir tableau ci-dessous). Derrière, en ordre dispersé, on trouve des taux de 3 à 4% maximum en moyenne. Ce dernier taux est l’apanage des produits moins risqués, entendez moins exposés aux actions. On est loin des 6-6,5% affichés en 2006 et 2007! Etonnant alors que les marchés boursiers européens ont rebondi de 20 à 30% en 2009? Pas tant que ça.

D’abord, les primes des assurés sont essentiellement investies dans les marchés obligataires qui ont moins bien traversé 2009 que les actions. «Ensuite, les assurés paient le passif de la crise. Cela  passe par des rendements souvent un peu plus faibles encore qu’en 2008», explique Marc Vrijman, directeur d’Afer Belgique. Lequel fait également référence- refrain connu chez les assureurs- aux anciens contrats affublés d’un taux garanti de 4,75%.

En Belgique, un contrat sur deux en assurance-vie environ est encore assorti d’un taux minimum garanti de 4,75% (jusqu’à l’échéance), niveau qui pose problème vu la faiblesse récurrente des taux depuis quelques années. Inutile de préciser que la participation bénéficiaire de ces assurances-vie est nulle depuis belle lurette.

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Taux longs sous pression

La principale raison de si chiches rendements en 2009 réside dans la faiblesse des taux d’intérêt. Malgré les signes d’embellie économique et des perspectives plus optimistes annoncées dès le second semestre 2009, l’impact a été très faible sur les taux longs, toujours sous pression. C’est dire si les marchés prennent ces prévisions «optimistes » avec des pincettes. En 2009, le taux (de l’obligation linéaire - OLO) à 10 ans n’a du reste cessé de baisser, de 4,5 % en début d’année à quelque 3,6% aujourd’hui! Même topo pour l’OLO à 5 ans: dont le taux est tombé de 3,5 à 2,5% en un peu plus d’un an.

Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que les assureurs n’aient pas octroyé davantage que le rendement garanti pour les produits les plus sûrs.  Leur rendement se compose, rappelons-le, d’un taux garanti substantiel et d’une participation bénéficiaire. Or, celle-ci a été réduite à portion congrue en 2009, comme en 2008!  

Du côté des produits qui, à l’inverse, affichaient un taux garanti faible ou nul, (ce qui revient à simplement protéger le capital), la participation bénéficiaire versée en 2009 à permis d’amener le rendement global à un niveau plus correct, proche des 3,5-4% en moyenne.

Fonds cantonné ou pas?

Les assureurs pourraient faire un effort au niveau de la transparence de leurs produits, surtout qu’ils sont de plus en plus nombreux dans une même gamme. Explication: la plupart du temps, les primes des assurés ne sont pas investies dans des fonds cantonnés. Un fonds est cantonné lorsqu’il fait l’objet d’une gestion distincte des primes des assurés. En clair, les résultats financiers sont attribués au produit lié à ce fonds cantonné, et pas à un autre produit. Or, il arrive parfois que certains assureurs reversent une partie des bénéfices dégagés sur le produit A au produit B, au détriment, naturellement, des clients du produit A. «On n’hésite pas, comme je le craignais, à mettre en avant des produits récents dont les taux sont plus alléchants que ceux des anciens. Allianz, par exemple, dépasse les bornes en annonçant sans scrupules 4,4% en 2009 sur  son produit Invest Protect for Life, lancé l’année dernière, n’hésitant pas au passage à offrir la taxe de 1,1%», s’indigne Marc Vrijman. Lequel poursuit: «Je vous laisse le soin d'apprécier à leur juste valeur les rendements annoncés. Rappelons juste que, sur un Fonds comme le nôtre (37 milliards d'euros d’encours), 1 centime de rendement nécessite 3,7 millions d'euros! Si un fonds atteint la taille de 50 millions d’euros, il suffit de 5.000 euros pour augmenter d'1 centime le rendement, soit 200.000 euros pour l'augmenter de 40 centimes (c’est nettement moins cher qu'une campagne de pub!)» Cela étant, la régularité des (bonnes) performances d’un produit devrait être un gage de fiabilité. Si les rendements sont en dents de scie, c’est que le bât blesse sans doute quelque part…

Perspectives mi-figue, mi-raisin

Et pour l’avenir? Il ne faut en tout cas pas attendre monts et merveilles de la part des assureurs en 2010. Les taux ne font pas mine de décoller et les marchés boursiers, après un excellent cru 2009, auront vraisemblablement toutes les peines du monde à réitérer leurs performances. C’est seulement si la conjoncture s’améliore que les taux pourront véritablement repartir à la hausse;  les assureurs pourraient alors acheter des obligations à de meilleures conditions, rehaussant ainsi le rendement global de leur portefeuille.  En attendant, il va falloir faire le gros dos.

5 conseils
  1. Examinez la régularité des performances d’un produit avant de souscrire. Des rendements en dents de scie posent (au moins) question.
  2. Demandez la composition du produit d’assurance. Plus la partie «actions» (jusqu’à 40%) est élevée, plus le rendement est potentiellement élevé… à l’instar du risque de déconvenue en cas de marchés boursiers peu porteurs.
  3. Ne vous laissez pas aveugler par les rendements alléchants des produits nouvellement lancés sur le marché.
  4. Demandez si le fonds est cantonné: vous saurez alors si les bénéfices du produit dans lequel vous investissez lui seront dédiés complètement.
  5. Examinez attentivement la dénomination du produit dans lequel vous investissez. Souvent, un nom (Crest, First, etc.) renvoie à de nombreuses formules différentes.
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