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Pas de return élevé sans risque!

"There is no such thing as a free lunch." "Les gens sont tous intéressés." Si l'euphorie qui dominait les marchés boursiers entre 2003 et 2007 avait presque occulté cet adage, la crise du crédit l'a remis au goût du jour. Pour espérer réaliser un rendement confortable, le risque est inévitable. Et il n'est pas toujours prévisible, comme l'a démontré l'affaire Kaupthing. Aujourd'hui, leçon 8 de la crise: Risque et rendement, les indissociables.

(mon argent) - En Belgique, avant l'éclatement de la crise du crédit, les banques se livraient une guerre sans merci pour l'épargne des particuliers. Plusieurs offraient un taux de base largement supérieur au taux à court terme de la BCE. Les courtiers en ligne étaient ainsi parvenus à s'attirer les faveurs des investisseurs. La banque islandaise Kaupthing offrait le rendement le plus élevé. Sur le livret d'épargne Edge, le taux de base s'élevait à 4,25% et la prime, à 2%.

Compte bloqué

En octobre 2008, la crise bancaire a éclaté, contraignant Kaupthing à bloquer les livrets d'épargne de ses clients belges. Après plusieurs mois d'incertitude, les 16.000 épargnants belges ont finalement pu accéder à leur épargne le 16 juillet 2009.

Ces mésaventures prouvent que les produits financiers garantissant un taux supérieur à celui du marché présentent un risque. Le même constat s'est imposé lorsque l'agence de ratings Moody's a abaissé en mars le niveau de solvabilité de Credit Europe. Fin mars, DHB Bank a fait l'objet elle aussi d'un abaissement de rating. Credit Europe comme DHB offraient alors des taux généreux sur les livrets. Elles pouvaient se le permettre car elles octroyaient d'autre part des prêts à la consommation et aux PME à taux très élevés en Roumanie, en Turquie et en Russie. Mais la crise a considérablement abaissé le niveau de qualité de ces emprunts et partant menacé la situation financière des banques.

Risques

Il est donc essentiel de considérer avec vigilance le niveau de risque des produits achetés, même si le rendement élevé est à première vue couplé à une garantie. Pour jauger le risque, on peut recourir à divers instruments qui ne sont hélàs pas toujours fiables. Ces derniers mois par exemple, les agences de rating ont été critiquées pour avoir attribué des notations surfaites. En juillet, Calpers, le plus grand fonds de pension américain, a même intenté un procès aux trois principales agences pour avoir attribué des ratings " erronés" et "déraisonnablement élevés".

Les paramètres de risque reposant sur les prestations historiques peuvent aussi induire en erreur. Plusieurs fonds monétaires se sont vus attribuer le niveau de risque le plus faible alors qu'ils investissaient dans des instruments de dettes qui se sont révélés a posteriori risqués. Ils ont du reste accusé une perte et mis la clef sous le paillasson.

Les objectifs annoncés dans les prospectus des produits financiers occultent parfois aussi le risque réel. A plus forte raison lorsque ces objectifs ne sont pas contraignants. Ces dernières années, de nombreux fonds à return absolu ont ainsi vu le jour. Leur objectif est d'afficher, indépendamment du climat boursier, un rendement positif. Mais ce rendement n'est pas garanti et la crise a eu des conséquences désastreuses à cet égard. Même constat regrettable pour les hedge funds. En 2008, 70% d'entre eux ont dû acter une perte.

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