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Prime de fidélité et livret ne font-ils plus bon ménage?

Le Vice-Premier ministre Johan Vande Lanotte, en charge de la protection des consommateurs, a annoncé son intention de supprimer la prime de fidélité des comptes d’épargne, pour ne laisser que le seul taux de base présider à la rémunération du compte d’épargne. Quelques jours auparavant - coïncidence?-, Test-Achats avait plaidé en ce sens également.
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Du pour et du contre

La prime de fidélité a autant de fans que de détracteurs. Pour l’épargnant, seul son impact sur le taux global compte. La réaction de Michel Vermaerke, administrateur délégué de la fédération sectorielle Febelfin, ne laisse planer aucun doute: une telle réforme ne serait "pas prometteuse pour l’épargnant". "Sans la prime de fidélité, le compte d’épargne ressemblerait à s’y méprendre à un compte-courant, et ce dernier n’est pas rémunéré de la même manière", ajoute-t-il.

Les grandes banques contactées par nos soins ont toutes préféré se retrancher derrière l’avis de Febelfin. Pour elles, cependant, la prime de fidélité est un allié de choix pour renforcer leurs matelas de liquidités.

Le revers de la médaille

Les épargnants peuvent retirer de l’argent de leur compte d’épargne à tout moment, et les banques en tiennent compte lorsqu’elles réinvestissent l’argent de l’épargne à différentes échéances. Celui qui ouvre un compte d’épargne avec une prime de fidélité élevée accepte de ne pas toucher à son argent pendant une longue période.

En moyenne, un euro reste investi trois ans sur un compte d’épargne en Belgique. Les banques ont tendance à placer ces dépôts à plus long terme. Cela leur rapporte en principe plus en intérêts, dont une partie seulement revient à l’épargnant.

Question: sans prime, plus de taux "élevé" et plus de concurrence? Tout le monde n’en est pas convaincu. " Il y aura toujours de la concurrence entre les banques. Si ce n’est pas sur la prime de fidélité, ce sera sur le taux de base. En cas de taux unique, il se situerait quelque part entre le niveau du taux de base actuel et de la prime de fidélité, estime Peter Vanden Houte, économiste en chef d’ING. Ce n’est pas parce que la prime de fidélité aura disparu que les épargnants feront sans arrêt circuler leur argent d’un compte à l’autre."

À qui profiterait le changement? À l’épargnant de court terme qui ne compte pas laisser dormir son argent pendant un an! Comme par exemple les épargnants qui utilisent leur compte d’épargne comme un compte de transit. Pour l’épargnant à long terme, la hausse du taux de base ne suffira pas à compenser la perte de la prime (voir calcul ci-dessous).

Quelles conditions?

Une autre question est de savoir si la suppression de la prime de fidélité suffira à lever le brouillard qui entoure le paysage de l’épargne belge. Sans prime de fidélité, les épargnants ne devront plus se faire de souci pour la perte de la prime en cas de retrait. Et avec un seul taux, il sera aussi plus facile de comparer les taux entre livrets.

En même temps, de nombreuses banques imposent des conditions sur leurs comptes d’épargne, de sorte que le marché serait chamboulé. La Deutsche Bank ne se prive pas de souligner "la multiplicité des comptes et la créativité de certains banquiers pour inventer des conditions inutilement complexes liées à l’octroi du taux d’affiche". Les exemples foisonnent (lire aussi le dossier de Mon Argent ce samedi). Là, c’est incontestable, la suppression de la prime (et des conditions…), augmenterait la transparence du livret.

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