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Quelle est la performance de votre fonds d'épargne-pension en 2017?

Alors que 2016 avait été plutôt maigre, les fonds d’épargne-pension belges se sont redressés cette année, grâce aux marchés d’actions en hausse. Si 2018 sera probablement une année plus volatile, les fluctuations de cours pourraient cependant offrir des opportunités pour les gestionnaires actifs.
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©Mediafin

Selon les chiffres les plus récents de la Beama, l’association belge des gestionnaires de fonds, quelque 1.552.066 Belges épargnent pour leur pension via un fonds d’investissement. Fin septembre, 19,3 milliards d’euros étaient parqués dans ces fonds d’épargne-pension, un nouveau record. "Ce qui est encourageant, c’est qu’il y a toujours plus de jeunes qui franchissent le pas", avoue Jos De Leeuw, spécialiste de l’épargne-pension chez KBC. Et plus tôt on commence, plus juteuse sera la poire pour la soif au bout du compte. "Il y a cinq ans, environ 40% des nouveaux contrats d’épargne-pension étaient conclus par des moins de 30 ans. Aujourd’hui, on est proche des 60%." Chez Belfius, la proportion des moins de 30 ans est de l’ordre de la moitié, tandis que BNP Paribas Fortis note que 30 ans semble être l’âge où on fait le pas vers l’épargne-pension.

Que de plus en plus de jeunes entrent dans l’épargne-pension est évidemment dû aux belles prestations des années précédentes. L’année 2016 n’avait certes pas été brillante, mais en 2017, les fonds belges d’épargne-pension ont affiché à nouveau un beau parcours. Avec un rendement moyen de 8,41% pour les fonds dynamiques - les fonds surpondérés en actions comparé aux obligations - 2017 restera dans les mémoires comme un bon millésime. Celui qui a épargné pour sa pension via un fonds a ainsi gagné en moyenne 6,53% cette année.

Cette bonne performance est surtout à mettre à l’actif des marchés d’actions. "Ils se sont très bien tenus cette année. L’incertitude autour des élections présidentielles françaises et les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis ont été de courte durée et sont restées à l’ombre d’une croissance économique forte et d’une belle hausse des bénéfices d’entreprises, explique Koen Maes, de Candriam, le gestionnaire des fonds d’épargne-pension de Belfius. En outre, les marchés obligataires ont finalement affiché une prestation honorable, malgré une légère remontée des taux d’intérêt à long terme en Allemagne."

Focus sur les actions européennes

"Tous les marchés d’actions se sont bien comportés l’an dernier, en particulier ceux de la zone euro", estime Bart Van Poucke, responsable des fonds d’épargne-pension chez BNP Paribas Fortis. "Comme les fonds belges d’épargne-pension sont en grande partie composés d’actions européennes, cela nous a bien aidés. En dehors de la zone euro aussi, les marchés d’actions ont affiché de belles prestations, mais ces beaux rendements ont été écrémés par les fluctuations des taux de change."

Votre fonds d’épargne-pension dans un carcan

Pour que vous puissiez en tant qu’investisseur bénéficier de l’avantage fiscal, votre fonds d’épargne-pension doit être agréé et respecter plusieurs règles d’investissement. Vous pouvez retrouver la liste des fonds d’épargne-pension agréés sur le site de la Banque nationale. Les conditions d’investissement auxquelles les fonds d’épargnepension sont soumis sont, quant à elles, reprises dans le Code des impôts sur les revenus. En voici un aperçu:

  • Les fonds d’épargne-pension doivent investir principalement en titres libellés en euros: seuls 20% du portefeuille peuvent consister en d’autres devises que l’euro.
  • Maximum 75% des avoirs peuvent être investis en obligations en euros ou une monnaie d’un État membre de l’Espace économique européen (EEE). Il s’agit des 28 États membres de l’Union européenne, plus le Liechtenstein, l’Islande et la Norvège. La Suisse ne fait pas partie de l’Espace économique européen.
  • Au maximum 40% du portefeuille peuvent être investis en obligations d’entreprises.
  • Il n’y a pas de limite quant à la durée des obligations.
  • Les fonds d’épargne-pension ne peuvent pas investir plus de 75% de leurs avoirs en actions.
  • Jusqu’à 30% des actions peuvent consister en small caps (ou petites actions) cotées sur un marché réglementé. Jusqu’il y a peu, la capitalisation boursière de ces entreprises ne pouvait pas excéder 1 milliard d’euros. Depuis l’an dernier, ce seuil a été relevé à 3 milliards d’euros.
  • Maximum 10% du portefeuille peuvent être composés de liquidités (en euro ou d’autres monnaies de l’EEE).
  • Les fonds d’épargne-pension ne peuvent pas investir en produits dérivés. Cela signifie par exemple qu’ils ne peuvent pas se couvrir contre des risques de change ou de taux d’intérêt. "Un handicap", disent en chœur les gestionnaires.

Les fonds d’épargne-pension peuvent investir jusqu’à 75% de leurs avoirs en actions (lire l’encadré). "En début d’année, nous avions adopté une position un peu prudente, mais fin mai, nous avons augmenté nos positions, explique Bart Van Poucke. Nous n’avons cependant pas franchi les 70% cette année."

Les gestionnaires d’autres fonds d’épargne-pension ont eux aussi largement misé sur les actions en 2017. "Nous sommes restés fortement surpondérés en actions toute l’année", reprend Koen Maes. Même son de cloche chez KBC: "Cette année, nous avons détenu plus d’actions que d’habitude", avoue Paul Beller, qui gère le fonds d’épargne-pension Pricos du bancassureur. Plus des deux tiers de notre portefeuille étaient investis en actions. Le reste en obligations et en liquidités."

"Notre principale décision cette année a été de miser fortement sur les actions, indique de son côté Johan Van Geeteruyen, de Degroof Petercam Asset Management (DPAM), où il gère les fonds d’épargne-pension d’Argenta. Cette année, nous sommes allés jusqu’à 71% en actions."

Concrètement, Belfius a notamment joué la carte des valeurs financières, du secteur des matériaux et des entreprises technologiques. "Aujourd’hui, nous sommes principalement surpondérés en valeurs bancaires et pharmaceutiques, indique Koen Maes. Le choix de sous-pondérer les télécoms dans les actions  parce que les marges sont sous pression à cause de la forte concurrence  a contribué positivement au résultat. Le secteur des télécoms est un des seuls à terminer l’année 2017 sur un rendement négatif. Les entreprises d’utilité publique, dans lesquelles nous avions supprimé la sous-pondération, se sont somme toute relativement bien comportées.".

Cooreman-De Clerq à l’italienne

Johan Van Geeteruyen, pour sa part, a misé cette année sur les small & mid caps (petites et moyennes capitalisations) italiennes. "En Italie, une loi a été votée fin 2016, que l’on peut grosso modo comparer à notre loi Cooreman-De Clercq, visant à encourager l’investissement en actions. Nous sommes dès lors partis à la recherche de small & mid caps italiennes de qualité. Ce marché n’est pas très large, mais nous avions anticipé qu’à la suite de cette loi, des fonds spécifiques seraient créés.Nous avons donc profité de la forte demande en petites actions italiennes."

KBC et BNP Paribas Fortis ont également tiré parti des petites et moyennes actions. "Depuis l’an dernier, les fonds d’épargne-pension peuvent investir jusqu’à 30% de leur portefeuille dans des entreprises ayant une capitalisation boursière jusqu’à 3 milliards d’euros. Auparavant, ce seuil était fixé à 1 milliard", précise Bart Van Poucke. Du coup, davantage d’entreprises de taille moyenne entrent dans la ligne de mire des fonds d’épargne-pension. Par ailleurs, de petites entreprises qui présentent encore un grand potentiel de croissance ne doivent plus nécessairement être vendues parce que leur capitalisation boursière franchit le cap de 1 milliard d’euros.

"Les small & mid caps ont été très profitables ces dernières années. En 2017, elles ont généré un rendement de 20% et plus dans nos portefeuilles", explique Bart Van Poucke. Selon Paul Beller, cet accent sur les small & mid caps explique en partie aussi les différences de rendement d’un fonds d’épargne-pension à l’autre.

Le fonds d’épargne-pension de VDK, qui est géré, tout comme celui d’Argenta, par Degroof Petercam Asset Management, investit pour sa part davantage dans des moyennes et grandes entreprises. "Cela a entre autres à voir avec les filtres supplémentaires que nous appliquons sur le plan de la durabilité, un facteur sur lequel les plus petites actions sont moins testées", explique-t-on chez DPAM.

En matière d’obligations, la tendance était déjà à privilégier des durées plus courtes, afin de limiter la sensibilité du portefeuille aux taux d’intérêt. La Banque centrale américaine (Fed) a entre-temps changé de cap et a commencé à relever ses taux d’intérêt, fut-ce à petites doses. En Europe, il n’en est pas encore question pour l’instant, mais on s’attend à ce que la Banque centrale européenne (BCE) supprime l’an prochain son programme de rachats, pour relever ses taux d’intérêt une première fois en 2019.

Et quand les taux d’intérêt montent, les obligations baissent. "La moindre hausse fait passer actuellement le rendement sous zéro, dénonce Bart Van Poucke. Du coup, nous avons réduit nos durées." Idem chez KBC. "Il est tout à fait normal aujourd’hui d’aller jusqu’à 80% de la durée normale, voire en dessous de cinq ans, selon le segment", estime Paul Beller.

Même son de cloche chez Belfius. "Nous avons pris notre bénéfice cette année sur notre exposition aux obligations d’entreprise. Une poursuite de la hausse des taux d’intérêt peut en effet mettre sous pression les spreads, c’est-à-dire la différence de rendement avec les emprunts d’État, précise Koen Maes. Du papier à haut rendement a également été vendu. Non seulement les spreads avaient atteint notre objectif, mais le spread actuel rémunère insuffisamment le risque. Sur les obligations convertibles également, nous avons depuis peu pris partiellement notre bénéfice."

DPAM mise, lui aussi, sur des durées plus courtes. "En matière d’obligations d’État, nous avons préféré les pays à la périphérie de l’Europe plutôt que ceux du noyau, surtout l’Espagne, l’Italie et le Portugal", précise Johan Van Geeteruyen.

Volatilité

Que nous apportera l’an prochain? "Nous conservons notre vision positive pour les actions en début d’année", indique Paul Beller. "Ensuite, il faudra jouer court sur la balle. L’année 2018 en sera une où la prudence sera de mise, notamment avec les élections en Italie et le retournement de la politique monétaire", prévient Paul Beller.

"La plupart des commentateurs sont prudents pour 2018. Nous pensons cependant que les actions restent toujours la classe d’actifs par excellence pour les investisseurs, estime Johan Van Geeteruyen. L’économie est en croissance, certes pas à un rythme qui risque de s’emballer, et l’inflation reste sous pression. Les taux d’intérêt ne seront donc pas relevés de manière trop agressive. Mais il n’empêche que la crainte d’une politique de taux plus stricte va pointer le nez et que nous allons au-devant d’une année plus volatile. Cela peut cependant offrir des possibilités pour les gestionnaires actifs." En achetant lors de corrections et en vendant lors des sommets intermédiaires. "Il conviendra d’opérer une bonne sélection et une rotation dans les secteurs et les actifs", conclut Johan Van Geeteruyen.

Bart Van Poucke voit aussi la volatilité augmenter. "Sûrement au second semestre. Mais dans la zone euro, nous allons encore vers une période de croissance économique, alors que l’inflation reste faible. En outre, les valorisations ne sont pas encore trop extrêmes. Pour le marché des actions, il y a par conséquent encore un bon terreau pour progresser."

Jusqu’à 1.200 euros

Rappelons que le gouvernement fédéral a porté le plafond déductible de l’épargne-pension à 1.200 euros à partir de 2018. Jusqu’ici, l’investisseur ne pouvait déduire que 940 euros de versements, dont il récupérait 30% via sa déclaration fiscale. Soit 282 euros pour celui qui déduit le maximum. À partir de l’an prochain, ce système cohabitera avec un nouveau système, où on pourra investir jusqu’à 1.200 euros, mais où la déduction fiscale ne sera plus que de 25%, soit 300 euros au maximum.

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