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Qui va payer le plan anti-crise?

Un accord "historique" a été conclu entre les Etats-membres. Et salué par les marchés. Mais qui va payer la facture finale?
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Zich vestigen als zelfstandige

L’économiste Eric De Keuleneer (Solvay Business School) avait sorti cette phrase assez étonnante lors de notre événement Finance Avenue samedi dernier: "Il faut purger l’Europe de ses problèmes congénitaux. On  ne règle pas le problème de la crise de la dette en Europe en prêtant encore plus d’argent". Message en apparence entendu par nos édiles européens lors du sommet d’hier soir à Bruxelles, si l’on s'en tient à la réaction des marchés, baromètre des politiques par excellence. 

Quelles décisions ont donc été prises qui satisfassent à ce point les marchés financiers? D’abord, les banques effacent de l’ardoise la moitié des dettes grecques, soit 100 milliards d'euros sur un total d'endettement public du pays de 350 milliards d'euros. De la sorte, la dette grecque refluerait à...120% du PIB d’ici à 2020!

Sur l’antenne de la Première en radio, Didier Reynders a ainsi reconnu que "les pare-feux que l’Europe avait posés autour de la Grèce n’empêcherait pas le feu de couver et d’être vigilant durant de longues années". Non seulement, la dette reste colossale mais en outre, ces 100 milliards doivent être digérés par les banques. "En Belgique, cela se ferait sur fonds propres, y compris pour Dexia qui vient d’être nationalisée. L’effet sera donc marginal”, a reconnu le ministre des Finances en affaires courantes.

Recapitalisation de 106 milliards en vue

D’ici à la fin juin 12012, les banques devront répercuter cette restructuration de créances grecques dans leurs bilans, ce qui devra se faire, pour certaines d’entre elles, via une opération préalable de recapitalisation. Un montant de 106 milliards d’euros est évoqué. Les banques ont accueilli cette décision avec flegme, sans objection. Les banques françaises, particulièrement dans le viseur des marchés ces dernières semaines sur fond de rumeurs de problèmes de capitalisation, ont affirmé qu’elles se recapitaliseraient sur leurs propres fonds, vraisemblablement à hauteur de 8,8 milliards d’euros.

En clair, elles n’auraient pas besoin de recourir aux fonds publics. Ce n’est que si les banques n’y arrivent pas qu’elles pourront se tourner vers les Etats. Lesquels vont précisément mieux armer le fonds de secours européen (FESF) à cet effet. Le FESF va garantir les obligations des pays en difficultés et voir sa capacité d’action grimper à 1.000 milliards d’euros, avec l’aide possible de sponsors étrangers.  La Chine, semble-t-il, aurait manifesté son intérêt à injecter des fonds dans le FESF.

Qui payera la facture?

Est-ce que cela suffira à éteindre l’incendie qui couvait  sur la zone euro. Rien n’est moins sûr; les économistes se montrent assez sceptiques sur la capacité réelle des Etats-membres à reconstruire sur la base d’une telle montagne de dettes. D’autant que les détails manquent. Et que le diable est souvent dans les détails...

En attendant d’y voir vraiment plus clair, la réaction rassurée des marchés laisse du temps de peaufiner comme il faut les décisions prises, ce qui ne sera pas sans impact sur le portefeuille de monsieur tout le monde. "On mentirait si l’on affirmait que cela sera conséquence", a déclaré le ministre des Finances Didier Reynders.

De fait, les dettes d’aujourd’hui font l’impôt de demain, clament les économistes. L’argent des plans de sauvetage, des recapitalisations, nationalisations, devra in fine être remboursé. Tout le monde s’accorde à dire que cet endettement percolera donc jusqu’au portefeuille du contribuable, de manière diffuse. L’espoir entretenu par les économistes à la sortie du sommet est que l’incendie aura été circonscrit et que la charge de la dette ne grimpera plus...

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