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Vers quels rendements en assurance-vie?

Les rendements des assurances-vie à taux garanti (branche 21) commencent à être connus. Ils sont en légère baisse par rapport à 2008. Que faut-il espérer cette année ?

 

(mon argent) - "Cette année plus que les autres encore, les assureurs belges se regardent en chiens de faïence. On a l’impression qu’ils attendent  vraiment de voir les résultats dégagés par l’un des piliers du secteur avant de sortir leur rendement 2009. Ce serait tellement dommage de proposer plus que nécessaire…", lance ironiquement Marc Vrijman, directeur d’Afer Belgique. Axa, Generali, Allianz et Fortis n’ont, de fait, pas encore sorti de leur chapeau le rendement de leurs différents produits d’assurance de la branche 21 (à taux garanti).

De 3,25% à 4,12%

Jusqu’à présent, trois acteurs plus modestes du secteur ont " sorti leurs chiffres " : 4,12 % pour Afer, 3,25% pour le TOP First, le nouveau-né de la gamme d’Ethias (3,28% en moyenne sur l’ensemble de la gamme) et 3,85% pour BKCP Expansion. Des chiffres difficilement comparables. Ces dernières années, de plus en plus de produits de la branche 21 ont en effet vu le jour. Si, au début des années 2000, une formule unique se déclinait en un taux de base garanti et une participation bénéficiaire variable d’une année à l’autre (leur somme menant au rendement de l’année), on a vu le panel gonfler ces dernières années. En d'autres termes, une formule "maîtresse" (First, Crest, etc.) s’est déclinée en variantes où le taux de base était lui aussi variable, laissant le champ libre à une participation bénéficiaire potentiellement plus rémunératrice. Plus le taux de base était faible, plus la participation bénéficiaire pouvait être élevée. C’est là que le bât a blessé: le champ libre laissé au gestionnaire de l’assurance pour gérer plus activement les primes des assurés et, partant, améliorer la participation bénéficiaire, a été miné ces dernières années par des crus boursiers de mauvaise facture. C’est ce qui explique la plupart des produits gérés plus activement (= plus risqués), où la part en actions pouvait grimper jusqu’à 30 ou 40%, affichent des PB de… 0% depuis 2008!  Les taux de base oscillant entre 3 et 3,25%, les rendements globaux étaient donc rarement supérieurs à 4%.

 

 

 

Vers une légère hausse des taux

Pour 2009, il ne faut pas s’attendre à monts et merveilles. "Les rendements ont il est vrai tendance à se resserrer", poursuit Marc Vrijman. "Il a fallu composer avec la faiblesse des taux d’intérêt sur le marché et, pour certains, apurer le passif des années précédentes, consécutif à la crise." Et quid des mouvements de portefeuille? "Chaque assureur a sa propre stratégie mais de notre côté, nous avons abaissé un peu la duration de notre portefeuille parce que nous croyons que les taux vont légèrement remonter dans le courant de l’année, ce qui nous permettra d’acheter de nouveaux titres affichant de meilleurs taux qu’aujourd’hui."  Sans prise de risque supplémentaire? "Non. Deux fois non", assène Marc Vrijman. "On pourrait effectivement se poser la question au vu de la légère dégradation de notre portefeuille (AA- à A) mais cela est dû à des abaissements de ratings par les agences de notation, pas à des achats d’obligations plus risquées", poursuit le directeur d’Afer Belgique.

 

 

Points d’attention

Même son de cloche du côté des Assurances fédérales (statut de mutuelle), où on garde encore secret le taux qui sera distribué au titre de 2009. Mais on prévient: " rien ne sert de distribuer tous les bénéfices si c’est pour se mettre à nu ensuite ", lance Marc Bandella, directeur financier (CFO). Lequel se montre tout de même extrêmement prudent vis-à-vis des institutions financières, l’un des tous gros postes d’investissement des assureurs. "Elles vont devoir se recapitaliser de manière importante cette année, notamment via des augmentations de capital, de sorte qu’il va falloir examiner plutôt deux fois qu’une leurs bilans", juge le CFO.

 

 

 

 

 

L’homme n’est pas plus enthousiaste envers les emprunts d’Etat. "Une fois encore, ce sera du cas par cas. Tant que la volonté des autorités monétaires sera de maintenir le loyer de l’argent à un bas niveau, cela favorisera les phénomènes de carry-trade (NDLR: acheter à court terme des devises faibles pour investir à long terme dans une devise à haut rendement) et, partant, cela mènera à la surévaluation de certains emprunts d’Etat. Si l’on combine cela aux problèmes d’endettement public de pas mal de pays, vous comprendrez qu’il nous faut être prudent dans notre approche de ces titres."  Comme chez Afer, on croit cependant beaucoup à une légère remontée des taux d’intérêt cette année et, de manière concomitante, à un élargissement des spreads crédits des entreprises. "Il faudra séparer le bon grain de l’ivraie mais j’ai l’impression que 2010 s’inscrira dans la continuité de 2009." Une année mi-figue, mi-raisin, en somme…

 

 

 

 

 

Les nouveau-nés: ne vous laissez pas aveugler!

Un conseil tout de même: ne vous laissez pas aveugler par les rendements séduisants des produits nouvellement lancés sur le marché. Il est arrivé dans un passé récent que certains assureurs lancent des formules avec des taux de 5 ou 6% pour fermer ensuite ces fonds ou abaisser drastiquement les taux. En attendant, certains clients avaient été ferrés…. Ce qui compte, c’est la régularité des bonnes  performances d’un assureur dans la branche 21. "Pour certains gros assureurs, assortir un nouveau produit d'un taux alléchant ne leur coûte quasi rien au vu de la faiblesse des encours au départ, bien moins que le prix d’une campagne de publicité….", conclut Marc Vrijman (Afer).

 

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