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Y a-t-il de bonnes raisons d'investir dans NewB?

La campagne de levée de fonds lancée par NewB doit lui permettre de récolter 30 millions d’euros pour se muer en banque et assurer son fonctionnement. ©Photo News

Sans doute avez-vous entendu le spot radio de NewB qui espère vous compter parmi ses coopérateurs. Mais pourquoi cette levée de fonds? Quel est le projet de la coopérative? Et surtout, quels sont les risques?

Compte tenu des incertitudes et les risques qui entourent le projet de la coopérative NewB de se muer en banque, l'investisseur qui s'engage dans l'aventure doit être conscient qu'il agit plus par conviction que par espoir d'en retirer un quelconque profit et, surtout, qu'il risque gros. Explications.

NewB, c'est quoi?

La coopérative NewB a émergé en 2011, en réponse à la crise financière. L'ambition des coopérateurs (ils étaient environ 50.000 au début de cette année) était de mettre sur pied une banque qui financerait des projets éthiques, durables et transparents. Mais, à ce jour, NewB n'a toujours pas décroché sa licence bancaire et pourrait ne jamais l'obtenir.

Depuis 2016, elle s'est toutefois lancée dans des activités de commercialisation de produits d'assurances et de cartes de crédit. Mais les bénéfices ne sont pas au rendez-vous et les pertes s'accumulent. La campagne de levée de fonds, c'est un peu sa dernière chance

20
euros
Les parts de type A, ouvertes à la souscritiption, valent 20 euros.

Pourquoi NewB procède à une levée de fonds?

La campagne de levée de fonds lancée par NewB le 25 octobre dernier, et qui s’achèvera le 27 novembre à minuit, doit lui permettre de récolter 30 millions d’euros pour se muer en banque et assurer son fonctionnement. C’est une condition sine qua non pour obtenir une réponse favorable à sa demande d’agrément bancaire déposée en janvier 2019.

La Banque nationale de Belgique (BNB), qui est chargée de l’évaluation du dossier d’agrément, "a évalué le capital minimal à récolter en tenant compte des incertitudes et hypothèses méthodologiques du plan d’affaires, afin de permettre de respecter les exigences en fonds propres pendant une période de trois ans en tenant compte des pertes attendues", précise le texte de la campagne de capitalisation que NewB publie sur son site.

C'est à la BCE que reviendra la décision d'accorder ou non l'agrément à NewB. ©AFP

C’est la Banque centrale européenne (BCE) qui prendra la décision, au plus tard le 24 février 2020, d'octroyer ou non son agrément à NewB sur la base de l’avis de la BNB. La BNB s'était déjà prononcée contre l'octroi une licence bancaire à NewB en 2014.

Si la levée de fonds est un succès et si la BCE accorde l'agrément, NewB pourra débuter ses activités bancaires en mai ou en juin 2020.  

Qui peut participer à la récolte de fonds?

La coopérative sollicite les particuliers et les investisseurs institutionnels. Le ticket d’entrée est très démocratique. Des parts de type A (2.000 euros) et des parts de type B (20 euros) sont offertes à la souscription.

La fédération "Les Scouts" a, par exemple, annoncé cette semaine qu’elle participerait au projet en versant un euro pour chacun de ses 50.000 membres. NewB peut également déjà compter sur le soutien de la Fondation pour les générations futures (400.000 euros), de la société coopérative Smart (200.000 euros), de la Fondation Chimay-Wartoise (200.000 euros) et d’organisations syndicales. Finance&invest.brussels, le bras financier de la Région bruxelloise, a décidé d’investir 400.000 euros et pourrait rallonger de 600.000 euros si l’objectif de 30 millions est atteint.

Quels sont les risques?

L’investisseur est invité à consulter le prospectus approuvé le 25 octobre par la FSMA (téléchargeable sur le site de NewB), "afin de pleinement comprendre les risques et avantages potentiels associés à la décision d’investir".

La seule lecture de la page consacrée à la campagne de capitalisation sur le site de NewB est déjà très instructive puisqu’elle est presque exclusivement consacrée à de très sévères mises en garde. Morceaux choisis:

  • L’approbation du prospectus est indépendante et sans incidence sur la procédure d’agrément bancaire, et ne doit en outre pas être considérée comme un avis favorable. Ni la FSMA, ni la BNB, ni la BCE n’ont en aucun cas et de quelque manière que ce soit validé le plan d’affaires de NewB.
  • Investir dans des parts de NewB comporte dès lors des risques élevés. Le principal étant celui de perdre tout ou partie du montant investi. Et ce, en raison des pertes comptables accumulées chaque année depuis la constitution de la société, mais aussi parce que NewB ne peut faire état d’aucune expérience probante ni historique s’agissant des activités d’établissement de crédit qu’elle entend entreprendre.
  • Le texte pointe aussi des risques relatifs à la viabilité du modèle d’entreprise, au démarrage d'une activité non-éprouvée, au besoin supplémentaire de capitaux (environ 7 millions d’euros sur une période de 5 ans, au-delà des 30 millions d'euros couverts par la présente offre). Sans compter le fait que le prix de remboursement des parts d’un coopérateur démissionnaire ne peut excéder la valeur nominale de celles-ci et que les possibilité de démission sont limitées.

Quid si l'opération échoue?

À la veille du terme de sa campagne, NewB a récolté 20 millions d’euros"Nous n’avons pas de plan B. Si la campagne ne fonctionne pas, nous convoquerons une assemblée générale pour décider de notre avenir avec les coopérateurs", a indiqué Bernard Bayot, le président de la coopérative.

Et si NewB ne parvient pas à obtenir l’agrément bancaire, "chaque investisseur récupérera 100% de la somme investie dans le cadre de l’offre", lit-on en tête de la page qui présente la campagne de capitalisation.

 

 

Si l’opération échoue ?

A une semaine du terme de sa campagne, NewB avait récolté un peu moins de 7,7 millions d’euros.

" Si NewB ne parvient pas à obtenir l’agrément bancaire, chaque investisseur récupérera 100% de la somme investie dans le cadre de l’offre ", lit-on en tête de la page qui présente la campagne de capitalisation sur internet. " Nous n’avons pas de plan B. Si la campagne ne fonctionne pas, nous convoquerons une assemblée générale pour décider de notre avenir avec les coopérateurs ", a indiqué Bernard Payot, le président de la coopérative.d

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