Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
Publicité
Publicité

Les propriétaires wallons sur une cocotte-minute

Ouvert, mais vigilant! Le syndicat des propriétaires réagit aux mesures du ministre wallon Paul Furlan et identifie trois casus belli... au moins!
©Photo News

"Vigilant", c'est le terme qu'emploie le Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires (SNPC) pour décrire son état d'esprit après avoir pris connaissance des nouvelles mesures annoncées par le gouvernement wallon en matière de réforme du logement privé.

Le lobby des propriétaires estime ne pas avoir été consulté à ce sujet bien qu'il ait été en contact avec la plupart des partis et même la FGTB sur le dossier du fonds de garanties locatives ces derniers mois.

Pour rappel, le ministre wallon du logement Paul Furlan a lancé une série de propositions visant à améliorer l'accès au logement, à introduire une grille indicative des loyers, à instaurer des commissions paritaires locatives, à réformer la fin du contrat de bail et à relancer des prêts à taux réduit.

En gros et sans surprise, pour le SNPC, c'est "pas touche aux droits actuels des propriétaires-bailleurs", car si le nouveau cadre régional voire une éventuelle taxe sur les loyers réels au fédéral devait les énerver, il "n'exclut pas d'inciter les propriétaires à une grève de l'investissement si nécessaire".

Mais on n'en est pas là et il y a tout de même des points positifs: ainsi le ministre Furlan "ne remet pas fondamentalement en cause la loi du 20 février 1991 sur les baux à loyer" et les propriétaires n'ont a priori rien contre des grilles indicatives de loyers pour que chacun soit informé des prix du marché et comme critère pour octroyer des primes à la rénovation ou à l'isolation.

Mais des "casus belli" pourraient surgir, met en garde le syndicat: pour lui, hors de question de rendre ces grilles contraignantes (alors que Furlan considère déjà cela comme une prochaine étape). Ni d'interdire aux propriétaires de se renseigner sur la solvabilité des candidats-locataires (qui ne doivent pas consacrer plus de 35% de leurs revenus à leur loyer). Et troisième casus belli: le SNPC s'opposerait à une procédure de conciliation obligatoire, comme ce fut le cas entre 1997 et 2008, avant toute intervention du juge de paix.

En matière de lutte contre les logements inoccupés, le SNPC s'étonne que seuls les propriétaires privés sont visés alors que les propriétaires publics peuvent laisser des immeubles inoccupés longtemps et en tout impunité.

Quant aux commissions paritaires locatives, les propriétaires doutent non seulement de leur efficacité mais aussi de leur coût, des expériences pilotes à Bruxelles, Charleroi et Gand ayant selon lui échoué.

Enfin le SNPC s'opposera au caractère obligatoire du fonds de garantie (garanti par la Région wallonne).

Mais encore...

Très en verve, le SNPC se demande où trouver les textes des propositions, pourtant exposées à la presse, visant à raccourcir les délais pour permettre à un bailleur de récupérer son bien en cas de non paiement par un locataire de ses loyers et charges et pourquoi aucune mesure n'est annoncée pour contrer "les graves difficultés" qui pourraient menacer les 30.000 copropriétés wallonnes, en référence aux aides que les pouvoirs publics français ont dû octroyer à des centaines de copropriétés aux abois en France.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés