Jusqu'à 9% d'intérêt avec le crowdlending immobilier

Le projet Gatti de Gamond (29appartements), à Uccle, en partie financé par "crowdlending". Les travaux, coordonnés par les entreprises Louis De Waele, vont débuter selon les plans d’Archi2000, qui ne sera pas architecte d’exécution. ©Ilse Janssens

À Uccle, un groupe immobilier n’a pas hésité à réduire les coûts d’emprunt originels avant obtention de ses permis et à contourner la frilosité des banques en faisant appel au prêt participatif au travers de la plateforme Look & Fin. Avec succès.

Contourner la frilosité des organismes bancaires à prendre le moindre risque financier et diminuer au passage les coûts d’emprunt originels, très élevés en raison des montants à avancer, et ce avant même l’obtention d’un permis: c’est ce qui a motivé le groupe GIA Immobilier et un partenaire privé à faire appel au crowdlending (prêt participatif) au travers de la plateforme Look & Fin.

C’est via la SPRL Alpha Line, propriétaire du terrain à Uccle sur lequel le projet "Les Terrasses de Gatti" sera érigé, que l’opération a été lancée. "Il s’agissait de réorganiser une dette liée à l’avancement de ce projet immobilier estimé à près de 11 millions d’euros. Les 500.000 euros — levés en 16 heures via Look & Fin - vont nous permettre de diminuer le coût d’emprunt. Et les prêteurs, tous des particuliers, bénéficieront à terme d’un taux d’intérêt de 9% en contrepartie de leur prêt d’une durée totale de 24 mois", explique Marc Charles, le CEO de GIA Immobilier.

9%
C’est le taux d’intérêt offert aux prêteurs au terme des 24 mois.

Pour expliquer ce recours au prêt participatif — une première pour GIA Immobilier -, le patron dit travailler sans problème avec les financements bancaires pour la majeure partie de ses développements. "Le solde, soit les 20 à 30% restants, nous les finançons en général avec les ventes sur plan et du private equity. Mais ce dernier se négocie souvent à un taux d’intérêt supérieur à 10%. Les 9% négociés avec Look & Fin étaient donc financièrement intéressants, d’autant que cela a été d’une rapidité et d’une efficacité redoutables", insiste Marc Charles, qui précise que des dizaines de prêteurs ont spontanément répondu à l’appel pour des montants oscillant entre 2.000 et 25.000 euros.

Ce dernier se dit d’ailleurs prêt à récidiver dès que possible pour un nouveau projet (encore en attente de permis pour l’instant) situé en Brabant wallon ou à Bruxelles.

Deux types de financements participatifs

"Ce projet nous a semblé attractif par son emplacement géographique, par la qualité des finitions prévues mais aussi par l’expérience reconnue du management en charge du projet, tous des professionnels actifs depuis 20 ans dans le secteur immobilier et la promotion immobilière", précise pour sa part Frédéric Lévy Morelle, qui dirige Look & Fin et arbitre ce que la plateforme soutient comme appels aux prêteurs.

©Ilse Janssens

Le projet belge sélectionné vise à mettre sur le marché bruxellois, en lieu et place des bureaux obsolètes existants, un immeuble neuf résidentiel haut de gamme d’environ 3.700 m² hors-sol. Le bâtiment bientôt construit au 145 rue Gatti de Gamond à Uccle a été imaginé par le bureau d’architecte Archi 2000 et sera composé de 29 appartements (60 à 220 m²) répartis sur trois niveaux. L’immeuble disposera aussi de 44 places de parking en sous-sol.

À ce propos, les initiateurs de Look & Fin insistent sur l’amalgame fréquent fait entre deux métiers différents. "Il existe deux types de financements participatifs, de plus en plus populaires, en ligne: celui en capital, comme le pratiquent, par exemple, des opérateurs comme MyMicroInvest, et celui en prêt, comme nous le pratiquons. Ce second type de financement présente un business model spécifique, limitant les risques: il ne vise pas du tout les start-up, mais plutôt les entreprises plus mâtures. En outre, il ne passe pas par un véhicule de financement: tout est entièrement automatisé et il n’est donc pas nécessaire que l’investisseur joue un rôle dans l’entreprise. Il offre aussi, si besoin, une porte de sortie accessible car le titre est cessible juridiquement. Enfin, les frais de l’opération (4 à 6%) sont entièrement supportés par l’emprunteur. C’est n’est pas le cas pour le "crowdfunding", où une commission fixe de 12% et un ‘careed interest’ variable sont en général prélevés sur la facture du prêteur", détaille-t-on chez Look & Fin.

Les responsables de la plateforme analysent pour l’instant le dossier d’une entreprise gérant un fonds immobilier résidentiel de quelques dizaines de millions d’euros, qui voudrait financer son prochain investissement par "crowdlending".

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