L'Etat va-t-il lâcher les multipropriétaires?

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Le gouvernement se pencherait sur une suppression des avantages fiscaux relatifs aux empunts pour les secondes résidences.

Le gouvernement se pencherait, dans le cadre du contrôle budgétaire en cours, sur une suppression des avantages fiscaux relatifs aux emprunts pour les secondes résidences. A l'inverse des avantages fiscaux pour l'habitation propre et unique, ces coups de pouces fiscaux sont en effet toujours du ressort du gouvernement fédéral. En quoi consistent-ils?

Pour rappel, toute propriété génère un revenu cadastral qui sert à calculer le montant du précompte immobilier, mais qui vient aussi s'ajouter à la base imposable du propriétaire (sauf s'il s'agit de sa maison d'habitation). Toutefois, ce supplément de revenus imposables peut aussi être "neutralisé" en partie ou en totalité grâce à la déduction des intérêts du crédit (hypothécaire ou non) que le propriétaire a contracté pour acheter cet immeuble...ou un autre! Car les intérêts peuvent être déduits de tous les revenus immobiliers - même de biens autres que celui qui est financé. Et qu'il s'agisse d'un bien mis en location ou d'une résidence secondaire d'agrément ne change rien non plus.

Potentiellement, un propriétaire pourrait ainsi détenir une multitude d'immeubles tout en ne payant rien de plus à l'impôt des personnes physiques, pour autant qu'il ait un montant suffisant d'intérêts de crédit à déclarer.

En outre, un propriétaire de seconde résidence peut aussi bénéficier d'un autre avantage fiscal: la déduction des amortissements de capital ou d'assurance solde restant dû liés à l'emprunt qu'il a contracté pour l'achat de sa seconde résidence. Ce n'est possible que si la "corbeille" de déductibilité liée à son emprunt pour habitation propre et unique n'est pas remplie.

C'est pour cela que l'on entend souvent dire que l'immobilier est largement subsidié en Belgique, malgré les récentes modifications régionales en termes de soutien à l'acquisition pour l'habitation propre et unique. Les Régions ont en effet toutes décidé de réduire le bonus-logement (pour la Flandre), de le supprimer (pour Bruxelles dès 2017) ou de le remplacer par un système plus limité (le chèque-habitat en Wallonie). Le Fédéral n'a, lui, pas encore touché à "sa" partie de la fiscalité immobilière. Or, il s'agit de l'une des dernières poches dans laquelle il est encore possible de puiser.

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