La rénovation durable, ça vous parle?

©Daniella van Bergen

Le secteur de la construction attend Batibouw de pied ferme. Les taux hypothécaires bas laissent présager d'une édition 2017 à grande affluence. Nul doute aussi que l’habitat durable fera à nouveau parler de lui, mais entre le concept et la réalité financière, une étude d'ING souligne que des obstacles subsistent.

Dans moins de 10 jours le salon Batibouw doit ouvrir ses portes, l'occasion pour le secteur de la construction de confirmer son timide regain de forme. D'après une analyse économique de la banque ING, "la valeur ajoutée du secteur a cru trois fois plus vite que l’économie en 2016 (soit 3,8%)".

Bonne nouvelle aussi sur le front de l'emploi, il est vrai toujours mis sous pression par les travailleurs détachés et la disparition de 10.000 emplois entre 2012-2015. Mais, la tendance est à la relance. L’embellie touche aussi l’activité résidentielle (+ 13,5% du nombre de permis de bâtir, à 53.500 permis en 2016). Toutefois, cette activité reste 10% inférieure aux années 2004-2008.

4,8 milliards €
Les taux d’intérêt ont encore baissé en 2016 attirant 31.500 emprunteurs pour des projets de construction neuves, soit 30% de plus qu’en 2015. Les prêts moyens pour les projets neufs ont continué d’augmenter malgré le plus grand nombre d’emprunteurs, c’est ainsi qu’un record de 4,8 milliards d’euros de prêts hypothécaires à la construction résidentielle est atteint en 2016.

Des réalités régionales très contrastées

La croissance dans le secteur de la construction est surtout portée par les appartements neufs en Flandre alors que la construction de maisons y est stable. En Wallonie, la tendance baissière s’est poursuivie pour les maisons et il ne s’y est pas construit aussi peu d’appartements depuis 2003, confirmant les signes d’une demande en baisse. A Bruxelles, moins de 1500 permis pour des appartements ont été délivrés en 2016, c’est le plus mauvais chiffre depuis 2012.

Un parc immobilier vieillissant

L'immobilier belge est particulièrement âgé, en comparaison avec la moyenne européenne. La Belgique fait ainsi état pour ses logements de 15% des émissions de CO2 alors que dans le reste des pays européens la moyenne s'établit à 10% d'émissions. Et pour réduire ce chiffre, la solution passe souvent par la rénovation dite "durable".

Selon l'étude d'ING, l’habitat durable "fait le buzz", mais reste encore "un concept abstrait pour la plupart des candidats rénovateurs". Il reste encore peu appliqué en pratique et les Belges, perdus dans la forêt des primes, restent sceptiques sur sa rentabilité. Un récent sondage initié par la banque a montré que 83% des répondants propriétaires considèrent que rendre leur maison passive coûterait plus que l’économie d’énergie réalisée.

D'autres obstacles freinent aussi l'engouement du public aux techniques durables de rénovation. "Si les sites web proposant de l’information sur l’habitation durable se multiplient, le citoyen ordinaire qui veut rénover son habitation se retrouve relativement démuni", explique-t-on chez ING. Par exemple le propriétaire "n’a que peu de prise sur la manière dont la mobilité est organisée dans le quartier où il vit, et tout le monde n’a pas l’opportunité de profiter de nouveaux quartiers ayant bénéficié d’une "écoconception"".

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