"Le Belge qui achète une seconde résidence en Grèce le fait par amour du pays"

©REUTERS

Les Belges sont de plus en plus nombreux à s’offrir une résidence secondaire en Grèce. Guidés en premier lieu par l’amour du pays, ils n’achètent pas dans un but d’investissement. Ce qui les rend relativement sereins face à la situation grecque.

Les Belges ne sont pas nombreux à posséder une résidence secondaire en Grèce. Ainsi, sur les 170.000 maisons de vacances des Belges à l’étranger, moins de 2% — soit moins de 7.600 — seraient situées en Grèce, peut-on déduire des chiffres publiés en mars par le consultant WES. À titre de comparaison, les Belges possèdent près de 55.000 résidences en France et plus de 30.000 en Espagne. Outre l’accessibilité plus compliquée et la barrière de la langue, les Belges ont sans doute tendance à favoriser des destinations où ils ont le plus de chances de rencontrer des compatriotes.

-25%
Le marché immobilier a perdu un quart de sa valeur depuis la crise.

Pourtant, depuis le début de la crise, ils sont de plus en plus nombreux à venir frapper à la porte de Vangelis Nastos, l’un des propriétaires de l’agence Elxis Greek Real Estate, le plus grand fournisseur de résidences secondaires en Grèce à destination des marchés belge et néerlandais. "Les Belges sont à la recherche de bonnes affaires, ils nous demandent souvent s’il n’y a pas d’opportunités exceptionnelles sur le marché grec. À l’inverse des Néerlandais, ils ne semblent pas effrayés par la crise grecque et l’avenir du pays dans la zone euro. Les Belges qui achètent en Grèce le font par amour du pays. Ils n’ont pas du tout une optique de revente dans les prochaines années", explique-t-il.

Et les bonnes affaires ne manquent pas. Récemment, une villa vue sur mer en Crète, avec trois chambres et une piscine chauffée s’est vendue à 180.000 euros. Globalement, depuis le début de la crise, les prix ont dégringolé de 15 à 25%. La baisse est plus frappante dans les grandes villes qui regorgent d’appartements comme Athénée et Thessalonique et de manière générale sur le segment des villas de luxe. "Déjà avant la crise, une maison vue sur mer en Grèce coûtait un tiers du prix de ses équivalentes dans les autres pays méditerranéens. Aujourd’hui, malgré la crise qui a frappé l’Espagne, la Grèce reste considérablement moins chère", poursuit Vangelis Nastos.

  • Les frais à charge de l’acheteur s’élèvent à environ 5,5% du prix total: une taxe de mutation de 3% ainsi que des frais de cadastre et de notaire d’environ 2,5%.
  • Il est fortement recommandé de faire appel à un avocat qui s’occupera d’une série d’actes nécessaires au bon déroulement de la transaction. En Grèce, le notaire ne remplit pas ce rôle. Il ne fait que coordonner.
  • Si le propriétaire est belge, c’est le droit successoral belge qui s’applique en cas de décès.
  • Depuis 2014, la Grèce a introduit une taxe sur la plus-value à partir d’un gain de 25.000 euros. L’impôt est dégressif en fonction du nombre d’années pendant lesquelles le propriétaire a gardé son bien, avec un maximum de 15%.

Les dossiers qui doivent être réglés rapidement, en deux trois semaines, ne manquent pas, ce qui fait pression sur les prix. "La plupart du temps, les maisons à vendre appartiennent déjà à des étrangers, notamment des Anglais, qui doivent vendre pour des raisons familiales, médicales… Ceux qui craignaient la crise grecque sont déjà partis il y a plusieurs années".

Concrètement, les prix commencent à environ 50.000 euros pour un appartement et peuvent dépasser le million d’euros pour une villa très luxueuse en bord de mer. "Depuis le début de la crise, l’intérêt des Belges pour le segment élevé du marché — au-dessus de 500.000 euros — s’est fortement renforcé", constate Vangelis Nastos.

Athènes, en septembre 2014 ©EPA

La Crète en tête

En termes de destination, environ 50% des Belges achètent en Crète. Les autres destinations prisées sont Corfu, Lefkas, Kos et, ces dernières années, la péninsule du Péloponnèse. Le client belge va rechercher dans ces régions une villa proche de la mer ou sur une colline avec deux ou trois chambres et une piscine, proche d’un village. Certains font aussi construire. Les personnes en quête d’authenticité seront à tous les coups séduites par l’offre immobilière grecque, car ce pays ne connaît pas de projets d’envergure avec des dizaines ou des centaines de logements.

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