Le prix des maisons baisse en Wallonie

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Le nombre de transactions immobilières croît de façon record en Wallonie, reste stable à Bruxelles mais diminue fortement en Flandre au premier trimestre. Sur l'ensemble du pays, c'est un recul de 2%.

Au premier trimestre, le nombre de transactions immobilières a augmenté de 2% en Wallonie, un record, alors qu'il est resté stable à Bruxelles (+0,1%) et a diminué de 4,1% en Flandre, selon le dernier "baromètre des notaires" publié ce mardi. Pour l'ensemble du pays, le nombre de transactions est ainsi en recul de 2% par rapport à la même période l'année passée, la Flandre représentant 60% de l'ensemble des transactions, loin devant la Wallonie (30%) et Bruxelles (10%).

Au sud du pays, toutes les provinces connaissent une augmentation de l'activité immobilière, à l'exception du Brabant wallon (-2%). "L'activité croît le plus en province de Hainaut (+5%) et en province de Namur (+2,9%) tandis que les provinces de Liège et de Luxembourg affichent une croissance d'un peu plus de 1%", observe le baromètre.

"Au vu du marché national, dont l’activité reste soutenue, nous prévoyons une nouvelle reprise de transactions d’autant que la réduction des droits d’enregistrement aura un impact certain sur le marché."
Renaud Gregoire
Porte-parole de notaire.be

En Flandre, le net recul des transactions s'explique par un marché mis sur "pause" en raison de la réforme annoncée des droits d'enregistrement qui entrera en vigueur en juin. Les candidats acquéreurs préfèrent donc adopter une attitude prudente avant d'en savoir plus.

"Il est probable que cette tendance se poursuive jusqu'à l'entrée en vigueur de la réforme des droits d’enregistrement. Au vu du marché national, dont l’activité reste soutenue, nous prévoyons une nouvelle reprise de transactions d’autant que la réduction des droits d’enregistrement aura un impact certain sur le marché", estime Renaud Gregoire, porte-parole de notaire.be.

"En Wallonie, le phénomène est inverse suite – entre autres - à l’entrée en vigueur d’un nouvel abattement depuis le premier janvier 2018. L’activité n’a jamais été aussi soutenue que ce premier trimestre", ajoute-t-il.

Le prix moyen d'une maison part à la baisse

Au premier trimestre, après une hausse constante en 2017, le prix moyen d'une maison ne s'élève qu'à 240.578 euros, soit une hausse de 3,3% par rapport au premier trimestre 2017, mais une baisse de 1,3% par rapport au quatrième trimestre 2017.

  • En Flandre (266.199 euros), le prix moyen d'une maison au dernier trimestre a baissé de 2%.
  • La Wallonie (181.845 euros), affiche, quant à elle, une baisse de prix de 1,6%.
  • Seule Bruxelles (441.117 euros) affiche une croissance de 2,9%.

"Le fait que l'activité immobilière reste soutenue laisse à penser que la très légère baisse du prix des maisons n'est pas significative et n'indique pas le début d'un cycle baissier. Cela s'apparente davantage à un réajustement naturel, gage de la bonne santé du marché immobilier", justifie Renaud Gregoire.

"Le fait que l'activité immobilière reste soutenue laisse à penser que la (très) légère baisse du prix des maisons n'est pas significative et (n'indique) pas le début d'un cycle baissier."
Renaud Gregoire

Remarque semblable pour les appartements puisque leur prix moyen s'élève à 217.392 euros, soit une diminution de 0,4% par rapport au 4ème trimestre 2017. Il a augmenté de 0,6% en Flandre pour atteindre 224.534 euros. A Bruxelles et en Wallonie, le prix moyen a diminué de 2% (234.012 euros en Bruxelles et 170.683 euros en Wallonie).

Prenons à présent la Wallonie. Le prix moyen des maisons diminue par rapport au 4e trimestre 2017 à l’exception de la province de Hainaut (+2,3%). Ailleurs, la diminution s’échelonne de -3,8% dans la province du Luxembourg à -0,2% dans la province de Liège. La province du Hainaut reste, malgré cette hausse, la province avec le prix moyen le plus bas de la Belgique (149.174 euros), inférieur de 91.000 euros au prix moyen national et de 33.000 euros par rapport au prix moyen en Wallonie.

A peine plus que l'inflation

Par ailleurs, si l'on regarde les cinq dernières années, on se rend compte que le prix moyen d'une maison en Belgique a augmenté de plus de 8%, ce qui est à peine davantage que l'inflation sur cette période (7,1%). "En 2013, une maison en Belgique coûtait en moyenne 221.337 euros. Dans les années qui ont suivi, le prix a connu une augmentation annuelle quasiment constante: entre +2,5% et +2,7%. Seule l'année 2015 a été une exception (+0,6%), tandis que le prix est resté stable entre 2017 et 2018 (+0,1%)", constatent les notaires.

Sur la période 2013-2018, le prix moyen d'une maison a donc augmenté de 7,8% en Wallonie et de 7,4% en Flandre. "L'augmentation réelle des prix des maisons au cours de la période 2013-2018 est relativement limitée si l'on tient compte de l'inflation sur la même période", observe le baromètre. Il n'est donc pas question de bulle immobilière en Belgique.

Le prix moyen d'un appartement en Belgique a, lui, augmenté de 8,5% entre 2013 et 2018, soit +9,6% en Flandre, +8,3% en Wallonie et +5,1% à Bruxelles. Pour les notaires, ces évolutions soulignent également la pertinence de l'investissement immobilier. "Celui qui a placé son argent sur un compte épargne durant cette période en a perdu à cause de l'inflation. Les chiffres démontrent que l'on peut s'armer, avec l'immobilier, contre l'inflation en hausse", souligne Renaud Gregoire.

Hausse du nombre de crédits

Le pourcentage de prêts hypothécaires pour l’achat d’un bien immobilier a été aussi important que celui des autres prêts depuis le 4e trimestre de 2017. La période de refinancement due aux faibles taux d'intérêt est clairement terminée.

Les crédits pour l'achat d'une habitation au 1er trimestre de cette année étaient de 6,3% plus élevés que la même période l'an dernier. En revanche, les autres prêts, comme le refinancement enregistrent une forte baisse (-18,9%).

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