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Les charges d'urbanisme pèsent-elles sur les prix de l'immobilier en Wallonie?

©Photo News

L'Union professionnelle du secteur immobilier l'affirme: les charges d'urbanisme locales font grimper les prix de l'immobilier dans le sud du pays.

"L'immense majorité des développeurs immobiliers en Wallonie ne souhaite qu'une chose: avoir la possibilité de proposer des prix de vente plus bas aux ménages wallons qui veulent acquérir un logement neuf. Or, ce souhait est largement freiné par l'ensemble des charges qui pèsent sur leurs projets." Voilà ce qu'écrit l'Union professionnelle du secteur immobilier (UPSI), qui regroupe les promoteurs-constructeurs, les lotisseurs et les investisseurs immobiliers de Belgique.

"A terme, sans cohérence entre la production de logements et la croissance démographique, cette évolution déraisonnable des charges d'urbanisme n'aura qu'une seule conséquence certaine: la hausse des prix des logements."
Olivier Carrette
administrateur délégué de l'UPSI

Elle déplore le fait que les charges d'urbanisme locales font grimper les prix de l'immobilier dans le sud du pays. Dans sa ligne de mire, le Schéma de Développement du Territoire. Il s'agit d'un ensemble de mesures à moyen et long terme permettant à la Wallonie d'anticiper et de répondre aux besoins futurs de sa population. Actuellement soumis à une enquête publique, ce projet imposera notamment aux développeurs immobiliers de concentrer leurs projets dans les zones urbaines où le prix du foncier est déjà élevé, pointe ainsi l'UPSI.

Elle dénonce aussi "la fixation de charges d'urbanisme particulièrement élevées pour l'ensemble du territoire de la Ville de Liège, qui, sans mesures transitoires adéquates, fera augmenter le prix d'achat des logements de 5.000 à 9.000 euros".

"Ce qui se passe à Liège est emblématique de ce qui se développe également dans d'autres villes de Wallonie (Namur, Nivelles...) et qui vise à ce que les développeurs immobiliers contribuent au financement des infrastructures publiques locales pour palier le manque de moyens publics", estime encore l'union professionnelle selon laquelle cette démarche "réduit l'accès au logement en Région wallonne, car ce sont les citoyens qui devront supporter le surcoût de ces charges d'urbanisme".

"L'approche non concertée, trop simpliste de cette problématique et propre à chaque ville devient ingérable pour le secteur, qui se voit contraint de mettre temporairement à l'arrêt un ensemble de projets immobiliers, alors que la Wallonie a besoin de logements neufs pour répondre au défi démographique", poursuit l'UPSI qui appelle le gouvernement wallon à développer rapidement une méthodologie pour calculer les éventuelles charges d'urbanisme dans le cadre de projets immobiliers, "tout en insistant sur la nécessaire proportionnalité de ces charges et la prise en compte de leur impact négatif sur les prix des logements".

"A terme, sans cohérence entre la production de logements et la croissance démographique, cette évolution déraisonnable des charges d'urbanisme n'aura qu'une seule conséquence certaine: la hausse des prix des logements. Et ce sont les Wallons aux revenus plus faibles qui en subiront les conséquences. Il est urgent de recréer un cadre raisonnable et incitatif pour stimuler la production de logements neufs dans les zones urbaines", résume Olivier Carrette, l'administrateur délégué de l'association.

Il plaide dès lors pour la mise en place rapide d'un groupe de travail tripartite (représentants du secteur privé, représentants du secteur public et experts indépendants) chargé d'établir, en consensus, des recommandations pour le calcul du seuil maximum de charges d'urbanisme au niveau régional, pouvant se décliner à la baisse au niveau local.

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