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Une maison à la campagne, plus "écolo" qu'un appartement en ville?

La localisation et le type de bien sont deux choix déterminants si vous voulez minimiser l’impact environnemental de votre habitat.
©Pieter Van Eenoge

Si vous avez à cœur de réduire votre empreinte écologique, la manière dont vous habitez est un point d’attention essentiel. Mais avant de penser rénovation verte, isolation, production et autoconsommation d’électricité ou encore construction aux normes les plus clean, vous pouvez, au préalable, poser des choix déterminants. De fait, vous pouvez réduire votre impact environnemental de manière très simple en choisissant avec soin la localisation et le type de bien que vous allez acheter ou prendre en location.

1/ Rester dans sa zone de confort

En effet, réduire au maximum la distance qui vous sépare de vos principaux centres d’intérêts est sans aucun doute une première piste pour limiter votre impact environnemental. Habiter près de votre lieu de travail, de l’école de vos enfants, des commerces qui sont "essentiels" pour vous est, dans cette optique, une question de bon sens.

Le montant des droits d’enregistrement que vous devez débourser lors de l’achat d’un bien reste un frein à la mobilité.

Étant donné que votre lieu de travail et les activités liées aux enfants ont des chances d’évoluer au cours de votre vie, vous pourriez également vous poser la question de savoir si, de ce point de vue purement pratique, la location de votre résidence principale n’est pas plus appropriée que l’achat.

Rester locataire vous offre plus de flexibilité, en effet. Le montant des droits d’enregistrement que vous devez débourser lors de l’achat d’un bien reste un frein à la mobilité. Difficile, en effet, d’envisager un déménagement quand les frais d’acquisition n’ont pas encore été amortis. Et difficile de les débourser coup sur coup lorsque vous déménagez plusieurs fois.

Rester locataire pour votre propre habitation ne vous empêche cependant pas de vous créer un pilier de pension supplémentaire en investissant parallèlement dans l’immobilier locatif.

2/ Réduire l’étalement urbain

L’étalement urbain, c’est la croissance des surfaces urbanisées autour des villes, et ce, de manière plus rapide que la croissance démographique. L’étalement a pour conséquence négative de diminuer les parcelles de terres agricoles pour laisser place à un bétonnage croissant. Les coûts financiers liés au déploiement de nouvelles terres habitables, ainsi que la nécessité d’extension des réseaux font aussi partie des conséquences néfastes de l’étalement urbain.

Pour réduire cet étalement urbain, mieux vaut privilégier un logement à proximité d’autres habitations et commerces.

Jonas Moerman, conseiller énergie chez Ecoconso, préconise de limiter le plus possible cet étalement "qui va coûter plus cher à la collectivité, notamment pour les différents types de réseaux (gaz, électricité, eau et égouttage), de services (ramassage de déchets, distribution du courrier…) ainsi qu’en termes de mobilité, avec tous les kilomètres parcourus en voiture".

Pour réduire cet étalement urbain, mieux vaut privilégier un logement à proximité d’autres habitations et commerces, où les biens et services se sont déjà développés.

3/ Profiter de la chaleur des voisins

Les maisons mitoyennes à deux ou trois façades consomment classiquement moins que les villas quatre façades. Un appartement, même s’il est spacieux, consomme, quant à lui, quasi toujours moins qu’une maison.

2,5
fois plus
En moyenne, une maison "quatre façades" entraîne une consommation d’énergie 2,5 fois plus élevée que celle d’un appartement.

Concrètement, plus vous aurez de murs mitoyens avec vos voisins (ou de sols ou plafonds), moins vous devrez chauffer en hiver. Une maison quatre façades consomme plus et coûte plus cher puisqu’elle ne bénéficie pas de l’apport énergétique des maisons voisines. Il en va de même pour les appartements. Un penthouse, par exemple, qui n’a pas de voisin à l’étage supérieur, sera toujours moins bien isolé qu’un appartement "confiné". Et forcément, la superficie totale du bien joue aussi un rôle important.

Pourquoi cet aspect est-il essentiel? Selon une étude menée en 2018 en Wallonie, 87% des dépenses énergétiques des ménages étaient destinées au chauffage. L’étude explique que ce sont avant tout les caractéristiques du logement qui déterminent le niveau de consommation des ménages. Ainsi, en moyenne, une maison "quatre façades" entraîne une consommation d’énergie 2,5 fois plus élevée que celle d’un appartement, tandis que les ménages habitant un petit logement (inférieur à 65 m²) consomment, en moyenne, trois fois moins que ceux habitant un grand logement (supérieur à 175 m²).

De plus, vivre dans une maison mitoyenne ou dans un immeuble à appartement permet de créer une communauté et donc un quartier plus durable. En réalisant de petits projets entre voisins, comme un potager collectif, du recyclage, ou encore un compost de quartier, vous contribuez aussi à réduire votre impact environnemental.

4/ Rénover plutôt que construire

Occupation d’une nouvelle parcelle de terre non-occupée, étalement urbain avec les nouvelles infrastructures que cela implique: nouvelle construction ne semble a priori pas rimer avec écologie. D’ailleurs, en 2019, un Belge sur trois considérait irresponsable de construire un nouveau bien, selon une étude menée par Batibouw.

"Le problème est que l’on ne pourra pas satisfaire la demande en logements seulement en rénovant."
Francis Carnoy
Directeur général de la Confédération construction wallonne

La rénovation permet d’optimiser son logement de manière à éviter les pertes énergétiques inutiles en isolant mieux, en rendant son système de chauffage plus performant, en choisissant des revêtements plus écologiques ou en faisant de l’upcycling. L’upcycling, c'est le "recyclage par le haut". C’est donc l’action de récupérer des matériaux initialement destinés à être jetés, pour les transformer en matériaux de qualité supérieure.

Toutefois, un autre facteur doit être pris en compte: la croissance démographique. "Le problème est que l’on ne pourra pas satisfaire la demande en logements seulement en rénovant. Certains prônent la rénovation pour réduire l’empreinte carbone mais, pour suivre la demande, il faut augmenter le parc et construire aussi du neuf", explique Francis Carnoy, directeur général de la Confédération construction wallonne.

Il faut dire qu'aujourd'hui, les normes de construction, en ce qui concerne la performance énergétique des bâtiments, sont extrêmement strictes. Vous êtes certains de construire un bâtiment "durable", mais comme expliqué plus haut, ce n'est pas le seul aspect à prendre en considération lorsque vous vous inscrivez dans cette démarche.

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