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Comment penser "durable" lors de la construction de votre maison?

Vous envisagez de faire construire votre maison? Voici quelques pistes pour penser "durabilité" tout au long de votre projet.
©Pieter Van Eenoge

Si vous décidez de faire construire votre nouvelle maison, faire attention aux choix des matériaux et à toutes les étapes du chantier est déterminant pour limiter votre empreinte écologique. Naturellement, vous devrez, parallèlement, respecter les normes en vigueur concernant la performance énergétique de votre habitation.

Comme l’indique Jonathan Boulvain, conseiller économie circulaire à la Confédération construction wallonne (CCW), "des impacts sont exercés depuis la fabrication des produits de construction jusqu’à la déconstruction, en passant par la construction elle-même, la phase d’utilisation et les différentes rénovations et adaptations". C’est ce qu’on appelle "l’analyse du cycle de vie" du bâtiment (ACV).

Opter pour des techniques réversibles et/ou utiliser des matériaux durables permettra d’adapter, de rénover et de déconstruire votre maison dans le futur.

Ce cycle est utilisé pour déterminer l’impact environnemental d’un bâtiment en prenant en compte l’empreinte carbone, mais aussi toutes les phases de conception, de construction, en ce compris l’exploitation, la rénovation et la démolition.

"La conception du bâtiment en plusieurs couches indépendantes permet d’anticiper les durées de vie des différents éléments de construction, dont certains seront adaptés ou remplacés au cours de la phase d’utilisation. Cette approche mène naturellement à la sélection de matériaux et systèmes constructifs qui facilitent sa concrétisation (par exemple les cloisons déplaçables)", poursuit Jonathan Boulvain.

Ce qu’il faut proscrire

Certaines techniques de construction sont à proscrire ou à faire évoluer. Par exemple, opter pour des techniques réversibles et/ou utiliser des matériaux durables permettra d’adapter, de rénover et de déconstruire votre maison dans le futur.

"Il faut miser sur des fixations réversibles ou détachables, en privilégiant au maximum les fixations mécaniques comme les vis ou colliers. Par exemple, l’utilisation de colles et mastics devrait être évitée afin de faciliter, le moment venu, le démontage et la valorisation des éléments", détaille Jonathan Boulvain.

Ce sont les matériaux dits "biosourcés" qui seront vos meilleurs alliés pour réduire votre empreinte écologique.

Les matériaux à privilégier

Si vous utilisez des matériaux composites complexes, aujourd’hui le processus de recyclage n’est pas encore totalement au point. Ce sont les matériaux dits "biosourcés" qui seront vos meilleurs alliés pour réduire votre empreinte écologique. Ils sont 100% naturels, performants, résistants, respectueux de l’environnement et de votre portefeuille. Cependant, le processus et la logistique permettant leur recyclage et leur compostage ne sont pas encore totalement développés.

"Privilégier les filières locales permettra souvent de diminuer l’impact environnemental lié au transport et au type de matériau", explique Jonathan Boulvain. Un autre avantage en privilégiant les circuits courts et le local est que cela permet de "valoriser au mieux l’emploi local, les filières de matériaux et systèmes constructifs locaux, des retombées en termes de création de valeur ajoutée au niveau de la région et de maximiser les retombées régionales des différents programmes d’investissement publics".

Comme quoi, votre démarche initialement centrée sur l’environnement peut avoir d’autres vertus intéressantes.

Récupération

Aujourd’hui, beaucoup de matériaux de construction intègrent une part de matière issue du recyclage. "Mais il faut rester vigilant, car ceci ne constitue pas la garantie de produits plus vertueux sur le plan environnemental. Le choix des matériaux s’effectue en fonction des scénarios d’utilisation envisagés et l’optimum est trouvé grâce à l’analyse du cycle de vie. L’outil belge Totem a pour but d’aider les auteurs de projets à concevoir les bâtiments dans cette optique", explique Jonathan Boulvain.

Selon la Confédération construction wallonne, trois millions de tonnes de déchets inertes et issus de la déconstruction sont recyclés chaque année en Wallonie. Ce chiffre représente trois quarts des déchets du secteur. Pourquoi ne pas les réutiliser tels quels?

En Belgique, les briques sont utilisées depuis très longtemps et sont devenues un matériau traditionnel. Leur réutilisation est courante.

"Cette pratique consiste à réutiliser dans un nouveau contexte un élément de construction qui a été soigneusement extrait d’un bâtiment lors d’une opération de déconstruction. À la différence du recyclage, le réemploi des matériaux de construction n’implique pas de transformation physique ou chimique", explique le conseiller à la CCW.

En pratique, la réutilisation de certains matériaux dépend, par exemple, des traditions constructives d’une région. En Belgique, les briques sont utilisées depuis très longtemps et sont devenues un matériau traditionnel. Leur réutilisation est courante. C’est le cas également des tuiles et ardoises, des carreaux de sol, des pavages en pierre, des dalles, du bois de charpente, des portes, des planchers et parquets et même de certains éléments sanitaires. Vous pouvez facilement trouver des vendeurs professionnels de matériaux réutilisables, notamment sur opalis.eu.  

Dans ce sens, le secteur de la construction se dit conscient de son impact environnemental. "Le secteur, dans son ensemble, met en œuvre un maximum d’actions, en partenariat avec le gouvernement, pour diminuer l’empreinte du secteur. C’est le cas déjà avec Build Circular à Bruxelles et Circular Wallonia. On rentre dans une logique d’économie circulaire et de développement durable", note Hugues Kempeneers, manager à la Confédération construction Bruxelles-Capitale.

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