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Et si les murs de votre nouvel achat immobilier étaient bourrés d'amiante?

Les particules toxiques tuent encore énormément. Autant prendre ses précautions, et de préférence avant l’achat d’un bien. Syndics et agents immobiliers sont tenus de tirer la sonnette d’alarme.
©Photo News

L’amiante, un scandale qui appartient au passé? Malheureusement pas: le nombre de victimes de ce matériau isolant mais hyper-toxique devrait grimper à 100.000 d’ici 2050, du fait de son interdiction tardive (en 1997 pour la Belgique). Et il ne touche pas que les professionnels de la construction qui ont respiré ses poussières mortelles en grandes quantités.

Aussi étonnant que cela puisse paraître (à l’heure où on exige des certificats énergétiques et de conformité électrique), le vendeur ou le bailleur d’un logement n’est pas tenu de signaler la présence d’amiante aux candidats acheteurs ou locataires, alors qu’il en contient plus que probablement s’il a été construit dans les années 1970.

Pas de panique, c’est surtout le découpage sans protection de plaques d’amiante qui est dangereux. Vivre dans un tel logement n’implique pas nécessairement des risques démesurés. Mais il faudra les traiter.

La clause suspensive

Première précaution, avant d’aller habiter un logement, le candidat acheteur ou même le candidat locataire peut demander d’inclure une clause suspensive dans le compromis de vente ou dans le bail.

Une pratique qui commence à se répandre et qui est venue de France, où un "diagnostic amiante" est obligatoire, expliquent les responsables de la société spécialisée dans les inventaires d’amiante Pegase Environnement, dans la revue de l’Institut professionnel des agents Immobiliers (IPI News).

Les frais de désamiantage peuvent être très élevés. S’ils sont quantifiés, ils peuvent naturellement jouer "en faveur" de l’acheteur lors des négociations sur le prix.

Quant à l’agent immobilier, il a l’obligation (et c’est l’IPI qui le dit!) de signaler la présence d’amiante s’il en a connaissance…

350-650€
Le prix (hors TVA et analyse des échantillons) d’un inventaire. Le désamiantage d’un immeuble peut, lui, coûter des dizaines de milliers d’euros

Encore faut-il que cette présence soit certifiée. Par un inventaire (compter de 350 à 650 euros HTVA plus le prix de l’analyse des échantillons pour une maison trois chambres des années 1970 avec rénovations) ou par l’utilisation d’un appareillage adéquat que possèdent ou empruntent certains professionnels du secteur comme les architectes.

Les syndics concernés

Depuis 2006, chaque employeur est tenu par la loi de tenir à disposition de ses employés un inventaire amiante.

À ce titre, le syndic d’une copropriété qui emploie un concierge devra donc faire inventorier les communs, de même s’il commande des travaux à un entrepreneur, qu’il s’agisse d’une grande ou d’une petite copropriété.

Un vice caché?

La présence d’amiante peut-elle constituer un vice caché susceptible d’annuler une vente?

Outre les conditions habituelles du vice caché (dans ce cas-ci l’amiante doit préexister à la vente, le vice doit être non visible et inconnu de l’acheteur), l’amiante devra pour cela être détecté sous sa forme la plus dangereuse, c’est-à-dire friable.

Et si le bien en question était de toute façon destiné à être rénové en profondeur ou détruit, cet argument ne pourra pas être retenu par l’acheteur.

Les matériaux contenant de l’amiante ne sont pas toujours faciles à repérer pour un néophyte. Ils se retrouvent dans les toits, les plafonds, les cloisons, les cheminées ou encore les installations techniques. Ses éléments les plus dangereux (friables): l’isolation des tuyaux, les joints, les flocages de plafonds, les cordes…

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