Forte hausse des taxes sur les appartements à la mer

Impayables les appartements à la mer? Au prix d'achat, il faudra désormais ajouter des taxes communales sur les secondes résidences en hausse constante. De quoi déprimer le marché immobilier à la côte, selon les agents immobiliers. © Sofie Van Hoof

Pour les propriétaires des 85.000 résidences secondaires établies à la côte belge, la note devient salée comme l’écume: quatre communes ont augmenté leur taxe de 8 à 54%! Et cela ne s’arrêtera pas là.

Selon l’aile flamande de la Chambre des agents immobiliers de Belgique (CIB Vlaanderen), quatre communes de la côte belge ont décidé d’augmenter sensiblement la fiscalité sur les secondes résidences. A Ostende par exemple la hausse est de plus de 50%.

Selon le bureau d’études WES, 350.000 ménages belges (soit un peu moins d’un sur huit) sont propriétaires d’une seconde résidence. Les deux-tiers de ces résidences sont situées en Belgique et un quart, soit 85.000 biens environ, à la côte.

Ces chiffres donnent une idée du potentiel fiscal que ce patrimoine représente en centimes additionnels au précompte immobilier et en redevances locales (collecte des immondices, taxes sur le parking).

Apparemment ces revenus, déjà fort élevés, ne leur suffisent pas puisque quatre communes de la côte, Ostende, Knokke, Coxyde et Blankenberghe, ont décidé d’augmenter l’imposition sur les secondes résidences de 8 à 54%.

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La chose s’explique, paraît-il, par le fait que les autres rentrées fiscales de ces communes sont en baisse. On notera au passage que deux d’entre elles, Knokke et Coxyde, ne prélèvent pas d’additionnels à l’impôt des personnes physiques (IPP). Imposer davantage les seconds résidents est d’autant plus tentant que ceux-ci ne peuvent exprimer leur mécontentement dans l’isoloir puisqu’ils votent dans la commune où ils sont domiciliés.

Baisse des prix en vue

Dans la dernière édition de sa lettre d’information, l’Institut des professionnels de l’immobilier (IPI) fait état de " l’inquiétude des agents immobiliers de la côte " qui craignent que cette hausse de la fiscalité " ne réduise l’intérêt pour l’achat d’une seconde résidence ".

Cette inquiétude ressort d’une enquête de la section " Littoral " de la principale association flamande d’agents immobiliers, la CIB Vlaanderen, enquête menée auprès de quelque 220 professionnels actifs sur le marché du littoral.

En bref

Les taxes sur les secondes résidences à la côte

  • Quatre communes ont augmenté l’impôt sur les secondes résidences: Ostende, Knokke, Coxyde et Blankenberge.
  • Ces hausses d’impôts risquent de peser sur les prix des appartements à la côte, selon les agents immobiliers: un candidat acheteur sur cinq serait découragé.
  • Certaines communes, comme Knokke et Coxyde, ne prélèvent pas de centimes additionnels sur l’Impôt des personnes Physiques (IPP), ce qui les rendent attrayantes pour y établir son domicile
  • Les résidents secondaires, en revanche, ne paient pas leurs impôts sur le revenu et ne votent pas dans ces communes.
  • La taxe sur les secondes résidences étant forfaitaire, elle pèse davantage sur les petits propriétaires que sur les gros.

Pour 92 % d’entre eux cette hausse de la fiscalité va décourager au moins un candidat-acheteur sur cinq. La moitié des candidats acheteurs auraient d’ores et déjà fait part de leur méfiance à l’égard de la manière dont évolue la fiscalité immobilière à la côte (voir encadré).

Quelque 82 % des agents immobiliers consultés vont plus loin encore et estiment qu’un propriétaire de seconde résidence sur cinq pourrait aller jusqu’à vendre son bien si ces hausses d’impôt devaient se généraliser.

Ces professionnels considèrent aussi que le caractère (souvent) uniforme de la fiscalité pénalise les propriétaires de petits biens. A Ostende par exemple l’impôt a été porté à 1.000 EUR pour toutes les secondes résidences, du simple studio de 80.000 EUR au penthouse de 2 millions.

Comme pour devancer la réplique des autorités communales, la CIB Vlaanderen insiste sur le fait que beaucoup de clichés circulent sur les propriétaires de secondes résidences dont " une minorité de 35 % seulement peuvent être considérés comme appartenant à la catégorie disposant de moyens financiers importants ". Autrement dit, cette hausse de la fiscalité va peser surtout sur le budget du propriétaire moyen.

Le scandale de la taxe "promoteurs"

Certaines communes, à la côte mais en Wallonie aussi, ont aussi instauré une " taxe sur les emplacements de parking manquants ", taxe due par les promoteurs qui mettent sur le marché des logements sans garage ou parking.

Le problème est que ces promoteurs reportent cette taxe sur les acheteurs, mais après la signature du compromis et avec la bénédiction de certains notaires de la côte.

Pourtant, estime le porte-parole de la Fédération royale du notariat belge, cette pratique est en infraction avec la loi Breyne réglementant la construction et la vente d’habitations.

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