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L’hypothèque inversée, un suicide ?

Le secteur bancaire prépare une nouvelle formule de crédit : l’hypothèque inversée. Grâce à ce système, les seniors pourraient transformer la valeur de leur maison en liquidités, sans pour autant devoir la vendre immédiatement.
S’engager pour une hypothèque inversée ne se fait pas sans risque.

(m24) – Pendant la législature précédente, le ministère de l’Économie et le secteur bancaire ont travaillé au lancement d’une nouvelle formule de crédit en Belgique : le crédit hypothécaire inversé. Le principe : vous recevez une somme d’argent correspond à une partie de la valeur de votre logement. Dans un premier temps, vous ne payez pas d’intérêts. La banque doit être remboursée dès l’instant de votre décès, ou de votre déménagement en maison de retraite.


Ce principe a été élaboré pour les personnes âgées, qui ont déjà terminé de payer leur logement, mais qui ont besoin d’argent pour pouvoir vivre. Ce système constitue une bonne affaire, principalement pour les personnes qui ont besoin de moyens financiers supplémentaires à cause de problèmes de santé, mais qui ne souhaitent pas encore vendre leur maison.


L’exemple de madame Marie
Pour alerter sur les dangers de l’hypothèque inversée, Test-Achats a imaginé l’exemple fictif de madame Marie. Âgée de 68 ans, elle est propriétaire d’un logement estimé à 220.000 euros. Via l’hypothèque inversée, elle recevrait un capitale unique de 88.000 euros. À 87 ans, Marie déménage en maison de retraite. Voici ce qu’elle doit payer à la banque : capital et intérêts, c’est-à-dire 88.000 euros + 290.000 euros = 378.000 euros.

Malheureusement, madame Marie ne peut pas rembourser ses dettes, et se voit obligée de revendre son domicile. Sa maison se vend à 380.000 euros. Elle n’obtient que 2.000 euros (380.000 euros - 378.000 euros). Les intérêts représentent donc trois fois le capital de départ.

 

Inconvénients et risques

L’association de consommateur Test-Achats qualifie l’initiative de louable, mais souligne les risques ainsi que les inconvénients de la formule. « Tout d’abord, ce système revient cher. Dans la pratique, le capital prêté correspond à moins de la moitié de la valeur de la maison, et le reste se décline en divers coûts pour la banque».


De plus, il est imaginable que la somme prêtée soit intégralement utilisée au moment de se rendre en maison de retraite. « Le fait de mettre en gage votre maison sur le compte de votre âge avancé peut devenir un véritable suicide financier », explique Test-Achats.


L’organisation demande que les conditions d’obtention soient plus strictes si jamais ce système devait être mis en place en Belgique.

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