Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

L'immobilier 8% moins cher. Le moment d'acheter?

Au quatrième trimestre 2009, le prix des logements en Belgique était gloabelement 8% inférieur à celui de 2008. La crise a surtout été ressentie à Bruxelles et en Wallonie. Mon argent a posé la question à deux experts pour savoir si le moment était idéal pour acheter un logement...

(tijd/mon argent) – La Fédération Royale des Notaires de Belgique vient de fournir son troisième baromètre. Les notaires ont ainsi comparé leurs données au 4ième trimestre 2009 avec celles fournies officiellement par Statbel (l’ancien INS) pour l’année 2008. Des chiffres également repris dans notre propre base de données immobilière.

Résultat: en Wallonie, le prix moyen d’une maison est passé de 135.544 euros à 123.559 euros (-8,8%), à Bruxelles de 317.835 à 288.335 euros (-9,3%). Au Nord du pays, ce pourcentage a été de -5,8% et a permis d’acquérir une maison au prix moyen de 171.219 euros.

Au cours de ce quatrième trimestre, la palme des maisons les plus chères est revenue à Bruxelles avec un prix moyen de 288.335 euros. Le Brabant Flamand et le Brabant Wallon affiche respectivement des montants de 198.348 euros et 192.507 euros, suivi de près par Anvers (189.399 euros) et Le Limbourg (159.417 euros). Le Hainaut clôture ce classement avec un prix moyen de 109.277 euros.

Le marché des appartements est moins affecté par la situation économique. Les prix ont légèrement augmenté en Flandre (+1,1%) et Bruxelles (+2,6%) alors qu’ils ont baissé en Wallonie de 1,2%.

Un regain à l'automne 2009

Selon les notaires, l’activité immobilière s’est stabilisée au cours de la seconde moitié de l’année 2009. Octobre a d’ailleurs été un mois particulièrement porteur. En effet, il y a 8,9% de dossiers immobiliers en plus en octobre 2008 qu’en septembre de la même année. La fin de l’année a été moins favorable mais cette situation est essentiellement due à un phénomène saisonnier, d'après la fédération des notaires.

Fin 2009, l'activité sur le marché immobilier en Flandre était 14,8% plus élevée qu'au début de cette année. En Wallonie, une augmentation de 17,8% a été constatée tandis qu’à Bruxelles, c’est plutôt une baisse de 2,6% qui a été enregistrée. Cette baisse est due à un maintien de prix immobiliers très élevés dans la région alors que les possibilités de financement et la situation économique des familles s’est déteriorée.

Les logements les plus chers perdent rapidement de la valeur

Même constat du côté de Century 21. Le réseau d’agences immobilières a été un des premiers grands acteurs privés à fournir ses propres chiffres sur le marché. “Les maisons 2 façades jusqu'à 220.000 euros et les vieux appartements jusqu'à 160.000 euros ont vu leurs prix à peine reculer. En revacnhe, les maisons du segment supérieur et les appartements flambants neufs supérieurs à un prix de 250.000 euros ont perdu 10% de leur valeur en une année seulement. Avec des replis jusqu'à -20%, ajoute même Julie Lestabel, porte-parole de Century 21. La semaine prochaine, ce sera au tour d’ERA de fournir de nouveaux chiffres concernant le marché résidentiel...

Des prêts supplémentaires accordés en 2009

Au cours du mois de décembre, les banques ont accordé 39% de crédits hypothécaires en plus par rapport à la même période en 2008. Preuve supplémentaire que l'activité s'est effectivement bien portée...

Même le montant total des prêts a connu une augmentation: +46% cette année, selon le baromètre du crédit hypothécaire publié par l’Union Professionnelle du Crédit (UPC). C’est surtout au cours des six derniers mois que les prêts hypothécaires ont le plus progressé. D’ailleurs, au cours de cette même période, la demande de prêts à été supérieure à celle enregistrée en 2008. En décembre, le nombre de demandes a crû de 14% sur une base annuelle. La faiblesses des taux d’intérêt, les stimuli fiscaux ou financiers sur le plan environnemental et l’abaissement de la TVA ont sans doute été les principales raisons de cette augmentation des crédits. 

Est-ce le moment d’acheter?

C’est naturellement la question qui brûle les lèvres, sachant que la baisse des prix semble a priori se stabiliser et qu’on attend une hausse des taux d’intérêt dans le courant de l’année 2010, parallèlement au regain de l’économie. Pourtant, même si les avis divergent un peu mais, globalement, le message semble être : rien ne presse ! Le marché immobilier n’a peut-être pas fini de manger son pain noir.Passage en revue des facteurs "pour" ou "contre".

POUR:
  • Des prix en repli offrent toujours des opportunités d'achat
  • Pour  Philippe Ledent, économiste chez ING, "les banques vont doucement desserrer la vis sur le plan des conditions d’octroi de crédit."
  • Les taux vont sans doute légèrement progresser cette année (NDLR: prévision d’ING: 3,6% pour le taux allemand à 210 ans d’ici 3 mois, 3,7% d’ici 6 mois et 3,9% d’ici la fin de l’année), ce qui devrait peser sur les capacités de financement des ménages.
CONTRE:
  • Pour Etienne de Callataÿ, économiste à la Banque Degroof, "Les perspectives à court terme concernant le marché immobilier sont peu enthousiasmantes. Une récente étude de Mc Kinsey a montré que la Belgique est le pays européen où les prix ont le plus  augmenté de 1970 à nos jours. Alors, c’est vrai, les prix étaient particulièrement faibles en 1970 mais ils ont tout de même bien progressé.  Et le récent recul a été trop modeste pour espérer un rebond intéressant", explique l’économiste
  • Les prix sont généralement poussés à la hausse par l’inflation mais on n’attend pas d’inflation, estime l'économiste de la banque Degroof.
  • Pour Philippe Ledent (ING), "Les revenus des ménages portent eux aussi à bras-le-corps les prix mais, vu la situation sur le front de l’emploi, il ne faut pas s’attendre à une hausse des revenus des ménages cette année et, partant, une hausse de leur capacité de financement."
  • "Il faut s’attendre à ce que les formules de financement créatives (financement par le biais de fonds, remboursement tardif du capital, etc.) fassent long feu, car les banques ont tiré les leçons de la crise en maîtrisant davantage la notion de risque", estime Etienne de Callataÿ.
  • "La démographie en Belgique est globalement peu porteuse." (Etienne de callataÿ)

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés