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L'immobilier belge ne doit pas craindre une hausse des taux

Si les taux hypothécaires finissent par amorcer une remontée en 2016 et en 2017, le marché immobilier ne doit pas pour autant craindre une dégringolade. Ils resteront de toute façon très bas et pour longtemps, selon Belfius.
©Photo News

Vaut-il encore la peine d’investir dans l’immobilier en Belgique? Pour les économistes de la banque Belfius, la réponse est clairement "oui", que ce soit pour devenir propriétaire de son propre logement ou dans un pur but d’investissement, étant donné que l’offre locative n’est pas surabondante. Et ce n’est pas la (timide) hausse des taux d’intérêts attendue en 2016 et en 2017 qui leur fait craindre une baisse des prix.

"La remontée des taux à long terme prévue dans la zone euro pour 2016-2017 ne se traduira pas par un recul nominal des prix de l’immobilier résidentiel belge."
Geert Gielens
Chef économiste de Belfius

"Si l’on considère l’évolution historique du prix des logements depuis 1985, force est de constater que l’effet négatif d’un taux en hausse sur les prix moyens est resté relativement limité, explique Geert Gielens, chef économiste de Belfius. À notre avis, la remontée des taux à long terme prévue dans la zone euro pour 2016-2017 ne se traduira pas davantage par un recul nominal des prix de l’immobilier résidentiel belge."

Et la banque ne pense pas non plus qu’une inflation galopante pourrait venir ronger la valeur de l’immobilier en termes réels, alors que la Banque centrale européenne (BCE) tente déjà, dans un premier temps, d’éviter la déflation…

La fameuse remontée des taux, que l’on a attendue – en vain – en 2015 et qui a laissé place à une nouvelle baisse qui s’est traduite dans les taux hypothécaires, devrait donc intervenir à partir de cette année. "Mais l’augmentation sera surtout le résultat d’une amélioration de la confiance économique ainsi que d’une normalisation des chiffres de croissance et d’inflation. Aucune raison, dans ces conditions, de craindre un écroulement du prix des habitations", estime-t-il. D’autant plus que les taux, même un peu plus élevés, resteront "hyper bas, et pour longtemps".

©mediafin

"Dank u" les taux bas!

La faiblesse des taux reste en effet le principal facteur de soutien de l’immobilier. Avec pour preuve la résistance du marché au nord du pays, malgré la nette diminution de l’incitant fiscal (bonus logement) lors de la contraction d’un emprunt hypothécaire. "L’impact négatif de cette réforme fiscale sur les revenus disponibles des ménages flamands a été compensé par des taux de crédit plus bas sur le marché hypothécaire. Les taux extrêmement bas proposés sur des investissements classiques comme les comptes d’épargne ou les comptes à terme ont certainement joué en faveur de l’immobilier résidentiel en 2015", estime Belfius.

+0,8%
L’indice des prix de l’immobilier résidentiel a augmenté de 0,8% en valeur nominale au 3e trimestre 2015, par rapport au 3e trimestre 2014.

Les derniers chiffres disponibles, datant du troisième trimestre 2015, font état d’une augmentation des prix de 0,8% en valeur nominale sur l’ensemble du pays sur une base annuelle, selon le SPF Economie. Et les notaires ont constaté une forte hausse des transactions en Flandre…

Quatre ans de salaire

L’étude de Belfius se penche également sur le ratio moyen prix/revenus en Belgique. Ce ratio a fortement augmenté entre 2005 et 2010 mais il est en légère baisse depuis 2011. Il s’établissait à 4 en 2013.

Concrètement, il faut en moyenne aligner quatre années de salaire pour s’offrir un logement en Belgique. Avec de fortes disparités selon les villes. Ainsi, ce ratio est de 8,46 pour Bruxelles tandis qu’il n’est que de 2,72 à Mons.

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