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Les Belges moins enclins à s'offrir une villa en Espagne

Le nombre de maisons achetées par les Belges en Espagne était passé de 328 en 2006 à 4.108 en 2018, ce qui rangeait ces derniers dans la catégorie des principaux investisseurs étrangers en Espagne. ©IMAGEGLOBE

Pour la première fois depuis 2006, le nombre de Belges s'offrant une maison en Espagne a baissé. Les ventes ont reculé de 10% en 2019 suite à l'augmentation des prix du marché, en particulier au niveau des constructions neuves.

L'Espagne est depuis de nombreuses années, et surtout depuis la chute des prix de l'immobilier suite à la crise financière de 2008, la principale destination pour le Belge qui souhaite s'offrir une résidence secondaire à l'étranger. Le nombre de maisons achetées par les Belges en Espagne est passé de 328 en 2006 à 4.108 en 2018, ce qui range ces derniers dans la catégorie des principaux investisseurs étrangers en Espagne.

En moyenne, le rendement net est de 2%, ce qui n’est pas très intéressant pour un investissement pur.
Johan Coninx
responsable en Espagne de l'agence immobilière Azull

Si les prix de l'immobilier espagnol ont chuté de 42% entre 2008 et 2013, ils sont ensuite repartis à la hausse: rien qu’entre 2017 et 2018, ils ont augmenté de 8%, selon le site HTBIS.com (How To Buy In Spain). Et cette hausse est encore plus appuyée pour l'immobilier neuf. En 2017 et 2018, les prix ont augmenté respectivement de 11 et 17%. Une hausse attribuée par les promoteurs à des coûts de construction plus élevés. De quoi refroidir les acheteurs belges.  

Investir en Espagne, "pas intéressant"

Les ventes de maisons en Espagne à des Belges ont reculé pour la première depuis 2006, et ce de 10% depuis début 2019 (par rapport à 2018). L’agence immobilière Azull prévoit que 3.700 biens leur seront vendus sur l'ensemble de cette année. Or, la hausse des prix n'est pas terminée, les experts immobiliers prévoient encore une augmentation de l'ordre de 2,5% en 2020 et ensuite des prix stables en 2021.

"Ce n'est qu'une partie de l'histoire. Les prix des terrains ont également augmenté. Il existe des normes plus strictes et le client devient plus exigeant en termes de qualité. Certains promoteurs espagnols ont également recommencé à spéculer", explique Marleen De Vijt, CEO de l’Azull. Elle se montre assez critique, surtout en ce qui concerne l'investissement immobilier à but locatif. "En moyenne, le rendement net est de 2%, ce qui n’est pas très intéressant pour un investissement pur", relève son collègue Johan Coninx, responsable en Espagne de l’agence immobilière. Le taux d'occupation des résidences secondaires a reculé en 2017 et 2018, tassant la rentabilité des biens immobiliers.

Profiter des rabais

Avec le recul des ventes, les promoteurs tentent d'atteindre leurs objectifs en offrant aux clients des rabais ou des avantages. Par exemple, certaines villas à 300.000 euros, pour lesquelles il fallait encore débourser 15.000 euros supplémentaires pour avoir une piscine l'été dernier, incluent désormais la piscine dans le prix. Pour les nouvelles constructions, une réduction ou des extras de 10% sont possibles. Il s'agit donc, pour les Belges toujours intéressés par le marché espagnol, de bien négocier le prix. 

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