Les ventes de biens immobiliers en ligne décollent

En théorie, l’initiative lancée par la Fédération des Notaires de mettre en vente des biens immobiliers en ligne tombait sous le sens. Pourtant, ils étaient nombreux - même et peut-être surtout au sein de la gilde notariale - à être sceptiques par rapport à cette seconde tentative visant à centraliser et virtualiser les inamovibles ventes publiques, véritable ‘messe’ profane ayant traversé les siècles avec ses rituels, surtout dans les coins les plus reculés du pays.

Aujourd’hui, le constat est là: démarré officiellement en septembre après une phase pilote estivale, le système centralisé -baptisé biddit.be- a déjà permis de vendre plus de 80 biens, maisons, appartements, terrains à bâtir, terres agricoles voire immeubles de bureaux; et ce sans devoir s’installer dans une salle, une maison des notaires ou un café pour participer à une vente.

À l’heure actuelle, la plateforme de ventes immobilières online des notaires belges propose 120 biens que l’acheteur peut consulter, voire tenter de s’offrir depuis son ordinateur ou son smartphone.

"Depuis que la Cour de cassation a clairement établi que les notaires étaient les seuls à pouvoir commercialiser en vente publique les biens immobiliers, notre fédération a massivement investi dans un système informatisé sécurisé qui tienne compte de tous les aspects de ce type de procédure, dont la confidentialité et la sécurisation des transactions. C’est vrai qu’il y a 25 ans encore, les ventes notariales étaient une actualité locale incontournable dans la vie des villages. On faisait salle comble et cela se terminait souvent aux petites heures. Mais aujourd’hui, le monde a changé. Tout le monde court ; de moins en moins de gens ont l’occasion de prendre congé pour –éventuellement- devenir propriétaires s’ils emportent la mise. On se retrouve parfois, si on organise la vente en journée, avec une poignée de personnes. Et si on le fait en soirée, on n’a souvent plus accès aux services nécessaires pour vérifier la solvabilité d’une offre avant d’adjuger", motive Pierre Cottin, notaire (de père en fils) à Vielsalm.

Celui-ci concède devoir tester davantage la plateforme au quotidien avant de se prononcer sur ses aspects plus techniques et conviviaux. Mais un autre atout du système numérisé semble non négligeable: sa confidentialité dès le début de la procédure. Dans les ventes publiques "du temps de papa", il n’était en effet pas rare de devoir en public jeter l’opprobre sur un enchérisseur, jugé non solvable: une situation ingrate pour le notaire également, surtout dans un village où tout le monde connaît tout le monde.

80% des biens vendus au prix convenu

"Quatre biens sur cinq sont adjugés. Le prix de vente moyen avoisine 240.000 euros et correspond au prix convenu par les particuliers pour l'achat d'un bien immobilier", précise la Fédération des Notaires (FedNot). Les premiers retours montrent que tant le vendeur que l'acheteur sont rassurés sur le fait que le résultat obtenu en termes de prix – affiché d’emblée sur le site tout comme le montant des enchères - correspond au marché. "Les candidats apprécient vraiment le fait de pouvoir rester anonymes tout au long du processus d’enchère. Cet anonymat vaut autant pour le vendeur que pour les enchérisseurs" insiste FedNot.

Dernier avantage évident: tous les contrôles nécessaires pour la vente se font avant la mise en ligne du bien. Les acheteurs finaux ne doivent donc plus attendre trois ou quatre mois avant d’emménager.

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