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Au chômage temporaire en 2020? Gare à la surprise fiscale

Pour beaucoup, la crise du covid a été synonyme de chômage temporaire. Attention, des impôts supplémentaires sur les allocations de chômage seront dus, surtout si ce chômage n’a duré que peu de temps.
©BELGAIMAGE

Vous avez bénéficié du chômage temporaire suite à la crise du coronavirus? Vous avez donc reçu, au lieu de votre salaire habituel, une prestation de l’Onem. En 2020, celle-ci correspondait à 70% de votre salaire moyen mensuel plafonné à 2.754,76 euros. Vous avez aussi reçu un supplément d’au moins 5,63 euros par jour de chômage (dans un système de six jours), ainsi qu’éventuellement une allocation complémentaire de votre employeur ou du secteur.

Le précompte professionnel est retenu lors du versement des allocations de chômage et des éventuelles allocations complémentaires; les cotisations de sécurité sociale ne doivent pas être payées. Le tarif ordinaire du précompte professionnel est de 26,75%, mais pour les allocations de chômage versées par l’Onem du 1er mai à la fin de 2020, ce taux a été ramené à 15%. L’objectif était de permettre aux bénéficiaires de disposer de plus de revenus nets mensuels pendant la crise du covid. Cette réduction temporaire du taux de précompte professionnel n’était toutefois pas applicable si des allocations complémentaires étaient payées par votre employeur ou par un fonds.

15%
Le tarif ordinaire du précompte professionnel est de 26,75%, mais pour les allocations de chômage versées par l’Onem du 1er mai à la fin de 2020, ce taux a été ramené à 15%. La mesure a été prolongée jusqu’en juin 2021.

Le précompte professionnel retenu ne constitue qu’un acompte sur l’impôt dû. Le décompte final de l’impôt se fait par le biais de la déclaration d’impôts que vous devez introduire cette année. Celui-ci tiendra compte de vos autres revenus, de votre situation familiale et des avantages fiscaux éventuels dont vous bénéficiez.

Réduction d’impôt de 1.828,41 euros au maximum

Tout comme votre salaire, les allocations de chômage sont imposées aux tarifs d’imposition progressifs habituels (de 25 à 50%, hors centimes additionnels communaux). Aucune distinction n’est faite entre le chômage corona et le chômage ordinaire, le chômage temporaire ou non.

Pour les revenus de remplacement – et donc les allocations de chômage –, il peut y avoir une réduction d’impôt spécifique. Le calcul de la réduction d’impôt est techniquement complexe et dépend d’un certain nombre de facteurs.

Elle se compose de deux parties: une réduction de base et, éventuellement, une réduction complémentaire. Si vous travailliez au début de l’année 2020 et que vous avez bénéficié du chômage temporaire en raison de la crise du coronavirus, vous n’aurez droit qu’à la réduction de base. Elle s’élève à un maximum de 1.828,41 euros, mais sera réduite en fonction de vos autres revenus. Si votre allocation de chômage et votre allocation complémentaire ne représentent qu’une petite partie de l’ensemble de votre revenu imposable, la réduction d’impôt sera très limitée, voire nulle. Il n’y a plus de réduction d’impôt dès que vous avez un revenu imposable d’au moins 29.600 euros en 2020. Notez que votre revenu imposable ne tient pas compte de vos seuls revenus professionnels, mais aussi de tous les autres revenus imposables provenant, par exemple, de vos biens immobiliers et autres placements.

La réduction complémentaire est réservée aux personnes qui n’ont pas d’autres revenus que les allocations de chômage, éventuellement complétées par des pensions, des indemnités de maladie-invalidité et/ou d’autres revenus de remplacement. Elle s’élève à 376,18 euros.

Déduisez la cotisation syndicale

Vos allocations de chômage sont versées par un syndicat? Vous pouvez déduire la cotisation syndicale des allocations de chômage, à condition que la cotisation se rapporte à une période de chômage. Si vous n’avez pas été au chômage durant toute l’année, seule la partie se rapportant à la période de chômage peut être déduite. Le syndicat mentionne généralement ce montant sur une attestation. Il est recommandé de joindre cette attestation à votre déclaration, car la prestation déclarée est différente de celle qui est mentionnée sur la fiche.

Un supplément d’impôt à prévoir

Si vous n’avez été qu’un ou deux mois en chômage temporaire, vous serez encore imposé, par le biais de la déclaration, sur les allocations que vous avez reçues.

Le précompte professionnel retenu de 15% ne sera pas suffisant, en particulier pour ceux qui n’ont été qu’un ou deux mois en chômage temporaire. Par le biais de la déclaration d’impôts annuelle, vous serez encore imposé sur les allocations de chômage que vous avez perçues. Si vous avez reçu un remboursement du fisc au cours des années précédentes, il se pourrait que ce remboursement soit beaucoup moins important cette année, voire que vous deviez payer des impôts supplémentaires. Et si vous avez déjà dû payer des impôts supplémentaires au cours des années précédentes, ils risquent d’être plus importants cette fois.

La mesure de réduction du taux du précompte professionnel dans le cas d’un chômage temporaire ayant été prolongée jusqu’en juin 2021, ce qui précède pourrait encore s’appliquer à votre déclaration d’impôts de l’année prochaine.

Les bons codes

Vous recevez de l’Onem la fiche 281.13 pour remplir votre déclaration. Vous devez déclarer les allocations de chômage et les indemnités complémentaires dans le cadre IV, rubrique B. Une allocation de chômage sans complément d’ancienneté (la plus courante) doit être indiquée sous le code 1260/2260. Vous indiquez les autres allocations de chômage dans la rubrique B.
Vous pouvez déduire des allocations de chômage perçues la cotisation syndicale versée pendant une période de chômage (par exemple, code 1260/2260). Vous devez adapter vous-même les données préremplies dans Tax-on-web. Le fisc ne le fera pas pour vous.

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