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La fiscalité belge à nouveau dénoncée

Pensions, impôts, taxes, accises..., l'OCDE recommande à la Belgique de grandes réformes. Dans le même temps, certains analystes s'inquiètent pour l'emploi et le pouvoir d'achat des Belges.
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(mon argent/l'écho) - L'OCDE n'y va pas de main morte avec la Belgique: élever l'âge de la pension, encourager les régions à développer leurs propres impôts, limiter les taux réduits de TVA ou encore réduire la fiscalité sur le travail sont quelques-unes des recommandations pas toujours populaires avancées par l'Organisation de coopération et de développement économiques dans son nouveau rapport consacré à l'économie belge en vue d'améliorer son efficacité économique.

Même si les trois experts de l'OCDE ont souligné que la réponse belge à la crise internationale était "globalement appropriée", les mesures qu'ils préconisent ne manqueront pas de susciter la polémique, tant parmi les citoyens que les élus.

Un exemple?

Travailler plus longtemps
ou moins de pension?
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Pour faire face au vieillissement démographique, l'Organisation recommande tout bonnement d'empêcher les retraites anticipées et de repousser l'âge de la retraite. Mais comme cela ne suffira pas à rendre des marges de manœuvre à l'État fédéral, l'OCDE recommande aussi de transférer de nouvelles dépenses aux régions et communautés, à commencer par les pensions de leurs fonctionnaires.

Ces quelques idées visent aussi à rétablir les finances publiques, désastreuses, et lourdement aggravées par les opérations de recapitalisations du secteur bancaires initiées à l'automne dernier.

Les impôts, évidemment

Les "isolés" belges sont
les plus taxés au monde
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L'OCDE rappelle enfin, et sans complaisance, le caractère «inapproprié» de la fiscalité belge. La taxation du travail, qui est la plus élevée de la zone OCDE, décourage l'embauche, tandis que l'impôt des entreprises freine l'investissement.

Une des pistes avancées par l'OCDE pour relancer l'économie en récession est donc de diminuer les impôts directs, en l'occurrence l'impôt des personnes physiques, et l'impôt des sociétés. Mais en échange des efforts que l'État consentirait, l'OCDE parle d'augmenter la fiscalité sur le diesel tout en encourageant la mise en place de péages routiers pour les poids lourds. Le rapport conseille également de revoir la taxe sur la valeur ajoutée (TVA): "il faudrait élargir l'assiette de l'impôt sur la consommation en supprimant tous les taux réduits et toutes les exemptions", précise encore le rapport.

Enfin, Jens-Christian Hoj, l'un des trois experts,  recommande par contre de relever les taxes sur l'immobilier, qui sont parmi les plus faibles de la zone alors qu'elles ont un impact moindre sur la croissance. Le revenu cadastral devrait selon lui être revu à la hausse, tandis que la déductibilité des paiements hypothécaires devrait être limitée aux seuls intérêts.

Craintes pour l'emploi et le pouvoir d'achat

Inquiets, les économistes d'ING le sont également, en ce qui concerne la Belgique. Dans la dernière note de conjoncture que livre la banque ("Focus on the Belgian Economy"), ils ne trouvent pas beaucoup de raisons d'espérer. "Entre octobre 2008 et avril 2009, l'économie belge a sans doute connu son pire choc depuis la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, la crise économique et financière sévit toujours et ce sera certainement encore le cas une bonne partie de l'année", prédit l'étude.

Certes, tout n'est pas noir mais les espoirs d'une reprise (rapide) restent très ténus. "Au cours des trois derniers mois, les indicateurs de confiance se sont améliorés au point d'indiquer un taux de croissance potentiellement positif au deuxième trimestre de cette année. Même si un tel cas de figure reste possible, l'état de santé de l'économie mondiale semble difficilement compatible avec un tel scénario", note ING. Parmi les inquiétudes majeures, figurent notamment l'emploi et le pouvoir d'achat (ainsi que les finances publiques).

  • Emploi: "Le manque d'activité aura un impact sur le marché de l'emploi. Nous attendons une contraction cumulée de pas moins de 75.000 emplois nets au cours de l'année 2009. En 2010, même si une lente reprise devait s'amorcer, les pertes nettes d'emplois devraient encore se monter à près de 35.000 unités. On observe d'ailleurs déjà une forte progression du nombre de chômeurs: plus de 11 % sur un an en mai. En considérant l'évolution de la population active, on peut attendre que le taux de chômage passe la barre des 8 % en moyenne cette année, et de 9 % en 2010", craint ING. Même si la banque précise que "le lien entre l'activité et l'emploi pourrait révéler des effets non linéaires dans les circonstances actuelles. En conséquence, les pertes d'emplois pourraient être surévaluées dans la mesure où les entreprises pourraient être tentées de conserver leur main-d'œuvre qualifiée en prévision de la reprise, mais aussi du manque de main-d'œuvre futur lié au vieillissement de la population".

  • Pouvoir d'achat: l'évolution de la situation (du marché de l'emploi, notamment) «pèse toujours sur le revenu disponible des ménages. Et même si ce dernier devait encore légèrement progresser cette année, grâce à l'indexation automatique passée des salaires et à la faible inflation actuelle, les craintes quant à l'évolution du marché de l'emploi se traduiraient par une hausse du taux d'épargne des ménages et une contraction de leur consommation. En 2010, la situation risque d'empirer, car le pouvoir d'achat se réduira suite aux pertes d'emplois et à l'absence d'indexation prévue. Ce n'est donc qu'au prix d'une baisse du taux d'épargne que la croissance de la consommation sera alors (faiblement) positive», prévoit ING.

Emploi: "Le manque d'activité aura un impact sur le marché de l'emploi. Nous attendons une contraction cumulée de pas moins de 75.000 emplois nets au cours de l'année 2009. En 2010, même si une lente reprise devait s'amorcer, les pertes nettes d'emplois devraient encore se monter à près de 35.000 unités. On observe d'ailleurs déjà une forte progression du nombre de chômeurs: plus de 11 % sur un an en mai. En considérant l'évolution de la population active, on peut attendre que le taux de chômage passe la barre des 8 % en moyenne cette année, et de 9 % en 2010", craint ING. Même si la banque précise que "le lien entre l'activité et l'emploi pourrait révéler des effets non linéaires dans les circonstances actuelles. En conséquence, les pertes d'emplois pourraient être surévaluées dans la mesure où les entreprises pourraient être tentées de conserver leur main-d'œuvre qualifiée en prévision de la reprise, mais aussi du manque de main-d'œuvre futur lié au vieillissement de la population".

Pouvoir d'achat: l'évolution de la situation (du marché de l'emploi, notamment) «pèse toujours sur le revenu disponible des ménages. Et même si ce dernier devait encore légèrement progresser cette année, grâce à l'indexation automatique passée des salaires et à la faible inflation actuelle, les craintes quant à l'évolution du marché de l'emploi se traduiraient par une hausse du taux d'épargne des ménages et une contraction de leur consommation. En 2010, la situation risque d'empirer, car le pouvoir d'achat se réduira suite aux pertes d'emplois et à l'absence d'indexation prévue. Ce n'est donc qu'au prix d'une baisse du taux d'épargne que la croissance de la consommation sera alors (faiblement) positive», prévoit ING.

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