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La pression fiscale en Belgique ne diminue pas

À partir de ce mardi, Tax Freedom Day, le contribuable cesse de financer les besoins collectifs.

(l'écho) - A partir de ce mardi, le contribuable belge a terminé de payer ses impôts et peut dès lors célébrer le «Tax Freedom Day». Chaque année, PricewaterhouseCoopers (PwC) calcule dans plusieurs pays la pression fiscale moyenne qui pèse sur la population. Chez nous, cette proportion représente 44,1% du Produit intérieur brut (PIB). Rapporté sur les 365 jours de l'année, cela donne le 10 juin comme date de référence. Notre pays arrive ainsi en tête parmi les pays pris en considération (voir tableau).


Ce calcul tient compte de l'ensemble des prélèvements: impôt des personnes physiques, impôt des sociétés, TVA, accises, cotisations de sécurité sociale, impôts locaux et régionaux, etc. L'an dernier, la pression fiscale moyenne était de 44,2% du PIB, de même que l'année d'avant. Autant dire que le niveau global d'imposition n'a pas changé. Par contre, relève PwC, la composition interne de l'impôt a subi un certain nombre de glissements. Ainsi, l'impôt des personnes physiques (IPP) a baissé, en particulier l'impôt sur le travail. Mais dans le même temps, les recettes des accises sur le carburant ont explosé avec la flambée du baril de pétrole.


Faut-il s'offusquer de l'intensité de la pression fiscale subie par le contribuable belge? «Le tout est de voir ce que l'on reçoit en retour», tempère Frank Dierckx, managing partner chez PwC.


Le Tax Freedom Day est donc également l'occasion de mener une réflexion sur la qualité de l'encadrement public de l'économie.
impact sur la compétitivité


Sur ce point, la comparaison internationale est également édifiante. Ainsi en Belgique, certaines fournitures collectives, comme les soins de santé et l'enseignement (en Flandre du moins), sont appréciées par la population, tant pour la qualité du service fourni que pour son prix relativement abordable.


Les études scientifiques montrent qu'il existe une corrélation directe entre compétitivité, pression fiscale et qualité des services publics. Le professeur d'économie Wim Moesen (KU Leuven) étudie depuis de nombreuses années en quoi la compétitivité d'une économie est avant tout déterminée par l'efficacité des pouvoirs publics. Cette efficacité est bien entendu d'abord une question de moyens budgétaires. Mais pas uniquement. Le tout est de voir si l'argent investi est également bien dépensé. À ce petit jeu, la Belgique obtient une 13e place au classement OCDE pour la qualité de ses services publics et une 6e place pour ce qui est du coût budgétaire de ceux-ci. «Il y a donc un problème quant à la façon dont l'argent public est dépensé», conclut Wim Moesen.

 

 

Le graphique ci-dessus permet de dégager quatre typologies d'économies. Il y a les économies de marchés très libéralisées (Etats-Unis, Japon, Irlande, etc.) où les dépenses publiques sont relativement peu importantes pour une compétitivité assez élevée.

 

On trouve ensuite le modèle «rhénan» (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, France, etc.) qui procure un niveau de compétitivité similaire mais à un coût budgétaire sensiblement plus élevé. Suit le modèle «scandinave» où le coût des services publics est encore plus élevé mais pour un niveau de compétitivité supérieur. Enfin, il y a le «club Med» (Italie, Grèce, Espagne et Portugal) où les dépenses publiques sont un peu moins élevées que dans le modèle rhénan mais où la compétitivité est faible.


Comment expliquer ces disparités? «Outre les moyens investis, c'est aussi une question de mentalités», note Wim Moesen. Plusieurs paramètres permettent de vérifier ces différences de mentalités: indépendance du pouvoir judiciaire, rétroactivité de certaines lois, acceptation d'une culture de l'évaluation dans la fonction publique, concurrence à l'intérieur du service public. C'est ce minimum de concurrence qui a forgé la réputation des soins de santé et de l'enseignement en Belgique.


En Grande Bretagne, on ne choisit pas l'hôpital où l'on se fait soigner. Et en France, la carte scolaire interdit de choisir l'établissement. Si nos hôpitaux et nos écoles sont comparativement peu onéreux et bien tenus, la pression de l'utilisateur n'y est certainement pas étrangère.

Jean-Paul Bombaerts

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