Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
Publicité

5 façons de perdre des milliards en bourse

Jon Corzine est le dernier sur notre liste des "rogue traders" qui, par leur absence de limites, font s’évanouir des milliards en bourse, au risque d’entraîner dans leur chute une institution financière. Comment ont-ils procédé?
Publicité

On les appelle "rogue traders": ces pirates des salles des marchés prennent des risques inouïs et, tôt ou tard, jettent des milliards au feu. Il s’agit parfois du menu fretin de la salle des marchés. Parfois, il s’agit aussi de chefs qui se laissent aller. Ils ont en commun la cupidité. Voici 5 façons de faire s’évaporer une fortune, signées par 5 "rogue traders" connus.

1. Confondre "ambition" et "témérité"

Jon Corzine n’est pas le premier venu: ex-administrateur délégué de la banque d’affaires Goldman Sachs, il a siégé plus tard au Sénat américain. En 2010, il a pris la rênes de la maison de bourse MF Global qui, depuis, a pris un cap notoirement risqué. L’Américain voulait faire de sa maison de bourse une grande banque d’affaires, ce qui exigeait, à ses yeux, des investissements plus risqués. Le coup de grâce a été donné par l’achat d’obligations d’état européennes pour quelque 4,6 milliards d’euros. La comptabilité était un foutoir, on s’en est rendu compte plus tard. "Je ne sais tout simplement pas où est passé l’argent", devait affirmer Corzine devant une commission d’enquête spéciale du parlement américain. La maison de bourse a capoté et l’on cherche encore le 1,2 milliard de dollars dû aux clients.

2. Contourner tous les contrôles

Les salles des marchés des grandes institutions financières ont en principe mis en place des mécanismes de contrôle qui limitent la liberté d’action des traders. Problème, leur étanchéité n’est pas parfaite. Les choses sont facilitées lorsque, dans une vie précédente, le trader a été contrôleur. C’était le cas de Jérome Kerviel, ex-trader de la Société Générale qui, à lui seul, a causé la perte de 4,9 milliards d’euros. Kweku Adoboli, trader chez UBS (Suisse) a, lui aussi, commencé par acquérir de l’expérience dans le système back-office avant de prendre ses quartiers dans la salle des marchés. Auteur de plusieurs paris perdus sur le franc suisse, K. Adoboli a laissé à son employeur une ardoise de 1,4 milliard d’euros.

3. Forcer le hasard

Brian Hunter ne travaillait pas auprès d’un grand nom de la finance, mais pour le fonds à levier Amaranth Advisors, où la prise de risque fait partie de la description de fonction. En 2005, il a misé gros sur une hausse du prix du gaz. 2005, c’est l’année où l’ouragan Katrina a déferlé sur les États-Unis, laissant derrière lui destruction et désolation et mettant en danger la production gazière. Conséquence ? Les prix du gaz se sont envolés et Hunter a gagné 1 milliard de dollars. Les météorologues estimaient que la saison des ouragans 2006 serait moins virulente, tout en s’attendant à plusieurs tempêtes d’importance. Une nouvelle fois, B. Hunter a parié sur la hausse du prix du gaz. Il n’y a pas eu de tempêtes et, vu le levier employé,  les pertes se sont accumulées. Au total, B. Hunter a perdu 4,5 milliards d’euros. Ce qui a sonné le glas du fonds.

4. Boucher un trou en en creusant un autre

Pour améliorer le bénéfice, nous allons prêter de l’argent à un trader américain et lui donner carte blanche. C’est le raisonnement qu’a suivi Helmut Elsner, président du conseil de la banque autrichienne Bawag. Ce trader avait pour nom Wolfgang Flöttl. En 1998, il avait perdu 600 millions d’euros en misant à contretemps sur le cours du yen. Elsner n’a rien trouvé de mieux que de continuer à prêter à W. Flöttl, pour se refaire. Cet effet boule de neige allait finalement coûter 1,7 milliard d’euros.

5. Cacher les pertes des années durant

Yasuo Hamanaka ne manquait pas de surnoms, comme "Mr. Copper" ou "Mr. Five Percent". Le Japonais était le principal trader pour le cuivre de Sumitomo Corporation qui, à son apogée, contrôlait 5% de l’approvisionnement mondial de ce métal. Y. Hamanaka est tombé de son piédestal en 1996, lorsqu’il a dû avouer une perte de 1,8 milliard de dollars suite à des transactions non autorisées sur le London Metal Exchange. Quelques mois plus tard, il est apparu qu’en réalité, les pertes atteignaient 2,6 milliards de dollars. C’est le montant que Y. Hamanaka avait accumulé pendant plus de 10 ans, ce qui a laissé supposer que ses supérieurs étaient au courant de ses agissements. Le Japonais a passé 8 ans derrière les barreaux.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés