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Une introduction en Bourse est-elle toujours un gage de succès?

©Bloomberg

Euronext Bruxelles se prépare pour la première introduction en Bourse depuis 2 ans et demi. Elle aura lieu fin juin. Ce sera alors le tour d'Electrawinds, société spécialisée dans la construction et l'exploitation d'éoliennes et de projets en matière d'énergie solaire et de biomasse. Les investisseurs ont-ils quelque chose à gagner à s'intéresser aux introductions en Bourse?

Après une année 2011 difficile, il est à nouveau temps de s'intéresser aux introductions en Bourse. Selon une étude de PwC, qui évoque "un début d'année prometteur", les "IPO" ont repris au 1er trimestre 2012. Euronext Bruxelles peut en témoigner. Après Electrawinds, il est question de deux ou trois autres opérations dans les mois à venir. Jusqu'ici, les plans de Uteron Pharma (Liège), semblent les plus concrets. 

La procédure est complexe et relativement coûteuse. Bien souvent, il est plus facile pour une entreprise d’emprunter des fonds à la banque. Les avantages d’une introduction en Bourse – une notoriété accrue et un capital de base durable pour soutenir la croissance – ne font pas toujours le poids face aux frais d’une IPO à la Bourse de Bruxelles. Traditionnellement, les entreprises préfèrent faire leur entrée en Bourse lorsque les valorisations sont au plus haut.

Enthousiasme

La principale condition au lancement réussi d’une action semble être l’intérêt du grand public. Pendant les années de gloire des marchés financiers, l’intérêt ne faisait pas défaut: les entreprises de tous les secteurs obtenaient sans problème des liquidités auprès des investisseurs. La demande de nouvelles actions était même fréquemment bien supérieure à l’offre. Corollaire: des hausses de cours immédiates et une envolée des rendements pour les investisseurs de la première heure.

Mais une méfiance croissante à l’égard des marchés d’actions a mis un terme à cet enthousiasme. Or, sans l’intérêt des acteurs, une introduction en Bourse est vouée à l’échec. L’entreprise chimique gantoise Taminco peut en témoigner. Elle annulait son IPO en 2010 pour cause de "conjoncture défavorable".

Trop petite

Selon certains courtiers boursiers, la raison du faible nombre de nouvelles introductions en Bourse dans notre pays est imputable aux entreprises et aux investisseurs mais est aussi une question d’envergure. La Belgique est trop petite pour obtenir beaucoup d’argent auprès des investisseurs locaux. Dans d’autres pays, le marché des IPO tourne à plein régime. 

Faible rendement

Il ressort des tableaux que les 5 dernières IPO d’entreprises belges à la Bourse de Bruxelles ont rapporté un rendement annualisé moyen de -13,1%. Ces actions récentes font donc nettement moins bien que le Bel20, qui perdait en moyenne 12,4% par an. De plus, la capitalisation boursière moyenne des dernières entreprises introduites en Bourse sur le marché libre est particulièrement peu élevée.

Pourtant, il y a aussi des succès du côté des nouveaux venus. C’est ainsi qu’en décembre 2009, l’entreprise biotechnologique campinoise Movetis a été introduite à un cours initial de 12,50 euros et que six mois plus tard à peine, le groupe pharmaceutique irlandais Shire la rachetait à un cours de 19 euros. Malheureusement, il est rare que de nouvelles actions signent de telles performances à la Bourse de Bruxelles.

5 dernières IPO sur le marché à terme d'Euronext Bruxelles

Nom
Date IPO
Rendement annualisé
Immo Moury
30-06-08 4,9%
4Energy Inv.
13-06-08 -38,6%
VGP
07-12-07 6,4%
Ablynx
07-11-07 -17,7%
Nyrstar
29-08-07 -20,5%

Source: Euronext – chiffres du 02/05/12

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