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A quel point les nouvelles actions sont-elles dangereuses?

L’introduction en Bourse avortée de l’entreprise chimique gantoise Tamico démontre une fois de plus qu’une IPO reste une affaire délicate. Il en va de même pour les investisseurs particuliers qui ont l’occasion de souscrire de nouvelles actions, les pièges sont légions.

(mon argent) – Ce vendredi devait normalement être un jour de fête pour Taminco. En effet, l’entreprise devait être intronisée en Bourse. Mais à peine les invitations lancées, la société a déjà dû faire marche arrière. L’intérêt porté à ses actions – dont notamment celui des investisseurs anglo-saxons – s’est finalement avéré très faible. Ils ont rechignés à souscrire à l’offre d’actions vendues à un prix oscillant entre 11 et 14 euros par titre. Selon les estimations,  seulement 200 à 300 millions d’euros d’ordres d’achats ont été placés. L’entreprise chimique espérait lever entre 370 et 421 millions d’euros via la vente de nouvelles actions et d’actions existantes.

Une introduction en Bourse est une opération risquée. Et pas seulement pour l’entreprise concernée. Les investisseurs privés doivent aussi faire face à un dilemme : souscrire à une introduction en Bourse en espérant que l’action monte dés la première cotation ou attendre que le marché se soit fait une idée  de la valeur de l’action.

Pourquoi souscrire...

Une introduction en Bourse n’est pas l’autre et en fin de compte, il est très difficile de prédire la direction dans laquelle l’action va évoluer. Ce qui amène cette question: pourquoi les investisseurs n’attendraient-ils pas tout simplement la première cotation? "Parce que l’investisseur présent dès le départ peut profiter de manière optimale de l’attention suscitée par l’entreprise ou le secteur à cette occasion. Dans de nombreux cas, cela aura une influence positive sur l’évolution ultérieure du cours", explique  Gert Dielis, gestionnaire de projet chez KBC. "Le principal avantage d’une souscription à une IPO est qu’elle permet aux investisseurs de devenir actionnaires d’une entreprise porteuse d’opportunités de croissance", complète Danny Van Quaethem de Société Générale Private Banking. L’aspect des coûts est également favorable aux IPO. Les investisseurs ne doivent en effet payer ni frais de transaction, ni frais de courtage, et échappent à la taxe boursière (à 0,17 %) sur les transactions en actions.

Et pourquoi attendre ?

La grande difficulté des introductions en Bourse consiste à estimer le prix de l’action. L’IPO permet aux investisseurs de souscrire à des actions avant même qu’elles aient été négociées en Bourse. Pendant la période de souscription, les investisseurs peuvent indiquer aux banques introductrices le nombre d’actions qu’ils souhaitent acquérir. À ce moment, aucun prix précis n’est encore attribué aux actions. Les investisseurs doivent se contenter d’un prix minimum et d’un prix maximum. Pour Taminco par exemple, cette fourchette est comprise entre 11 et 14 euros. Ce n’est qu’une fois la période de souscription terminée que la direction, les actionnaires existants et les analystes des banques qui accompagnent l’opération fixeront le prix définitif auquel l’action s’échangera à l’ouverture de la première séance boursière. À partir de ce moment, le prix sera  déterminé par l’offre et la demande en Bourse.

Pour les investisseurs particuliers, il n’est cependant pas aisé de déterminer si une action est vendue à un prix attrayant ou pas. "Généralement, le prix est fixé par un groupe d’investisseurs institutionnels et d’analystes spécialisés qui tentent d’estimer la valeur de l’entreprise et donc de déterminer le cours de souscription de l’action sur la base d’une foule de paramètres. Pour le particulier, cette analyse est bien entendu beaucoup moins aisée", avoue un Dielis plutôt prudent.

Une tâche d’autant plus difficile qu’une introduction en Bourse s’accompagne généralement d’une débauche de bonnes nouvelles. Mais comme l’exemple de Nyrstar l’a malheureusement démontré, ce grand spectacle n’offre aucune garantie de succès. Car soyons clairs: tant les actionnaires existants que les banques qui accompagnent l’opération tentent d’en retirer le plus d’argent possible. "L’IPO s’accompagne d’un abondant discours commercial", explique Van Quaethem. "Finalement, l’objectif reste de vendre un produit – dans ce cas, des actions. L’entreprise est donc présentée sous un jour exclusivement positif".

Taminco prend MON ARGENT de cours

Vu le contexte financier actuel, l’introduction boursière de Taminco pouvait éventuellement être postposée d’un jour à l’autre. Mais que cette IPO tombe carrément à l’eau, Mon Argent ne pouvait pas le prévoir! La nouvelle a été annoncée mercredi soir, peu après le bouclage de notre magazine. Samedi, nos lecteurs liront donc qu’Euronext Bruxelles accueille désormais une nouvelle entreprise… Partie remise pour Taminco? Peut-être. En attendant, que nos lecteurs nous excusent. Les aléas de l’actualité….

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