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Cinq entreprises florissantes... sauf en Bourse

La santé d'une entreprise ne se reflète pas nécessairement dans le cours de son action. Dommage pour les investisseurs en quête de bonnes affaires...

(mon argent/fool.com) – Cas vécu: vous achetez une action d’une grande société. Année après année, vous voyez son chiffre d’affaires augmenter. L’investisseur que vous êtes aimerait sa part du gâteau… mais hélas, le cours de l’action ne bénéficie pas de ces excellentes performances. Le site américain The Motley Fool a passé au crible le bénéfice par action de plusieurs sociétés et l’a comparé avec l’évolution du cours pendant les mêmes périodes. Résultat de l'exercice: cinq entreprises étudiées n’ont pas encore transformé leur réussite économique en succès boursier.

1. Google

Le spécialiste américain de l’internet est un incontournable de l’internaute. Vous cherchez de l’info? Il y a fort à parier que vous utiliserez le moteur de recherche de Google. Vous voulez voir quelques vidéos marrantes? Vous surferez vraisemblablement sur YouTube qui est depuis la fin 2006 dans le giron de Google. Réputée pour sa capacité à innover, l’entreprise est l’un des principaux acteurs de la sphère internet, si pas le plus important.

Le contraste avec le cours de l’action ne peut pas être plus frappant. Les investisseurs qui ont mis à profit l’acquisition de YouTube pour acheter des actions Google ont dû faire preuve d’une grande patience jusqu’ici. Début septembre 2010, la cote était inférieure de 5,5% à son niveau de novembre 2006. Pourtant, durant la même période, le chiffre d’affaires et le bénéfice par action avaient doublé. Il est vrai que depuis la fin de l’été, l’action a amorcé un beau rattrapage – 36% – résultant pour l’essentiel des chiffres impressionnants que Google a récemment publiés sur ses perspectives de croissance. Sans compter que la société est assise sur une montagne de liquidités: 33 milliards de dollars.

2. Microsoft

Microsoft fait, lui aussi, partie intégrante du paysage de l’informatique. En 2004, le bénéfice par action de la société était de 0,75 dollar. Dans l’intervalle, il est passé à 2,10 dollars. Malgré une impressionnante progression annuelle moyenne ­– 18,7% ­– du chiffre d’affaires, l’action est actuellement cotée 8% sous son niveau de début 2005.

Microsoft n’est pas un chouchou de la Bourse. Les chiffres trimestriels de la fin juin en témoignent. L’entreprise annonçait des chiffres records, bien supérieurs aux attentes des analystes. Réaction des investisseurs? Ils ont fait chuter le cours. Microsoft génère des liquidités à la pelle par ses activités courantes, mais on lui reproche de ne pas parvenir à se démarquer ou à innover dans d’autres domaines. Toutes les tentatives de lancer son propre moteur de recherche, un "iPod-killer" ou des applications pour smartphones finissent en eau de boudin.

3. Wal-Mart

La chaîne américaine de supermarchés n’a pas souffert de la récession: depuis 2004, son bénéfice par action a pratiquement doublé. Le leader mondial du secteur a beau présenter, chaque année, des résultats imparables, ils restent sans effet sur la salle des marchés. Par rapport à début 2010, l’action a seulement grimpé de 2%. Rappelons que Wal-Mart est connu pour ses dividendes princiers: ils ont grimpé constamment depuis 1974.

4. Johnson & Johnson

En 2005, le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson a enregistré un bénéfice par action de 2,74 dollars. L’an passé, il a pratiquement doublé. Durant la même période, le dividende était lui aussi doublé. Le cours de l’action? Actuellement, un maigre 0,6% de plus qu’au début 2005. Par contre, l’entreprise peut se targuer de sa réputation en paiement de dividende: le rendement du dividende atteint 3,5% et durant les 30 dernières années, les dividendes octroyés ont augmenté de 12% par an.

5. WellPoint

WellPoint est l’exemple d’une action qui, en dépit d’un excellent bulletin économique, ne trouve pas grâce auprès des investisseurs. En 2006, le bénéfice par action de cet assureur américain en soins de santé s’élevait à 4,82 dollars. Ces douze derniers mois, il est passé à 11,23 dollars. Cela n’a pas empêché le cours de céder 30% sur la même période.

Faut-il privilégier le résultat d’exploitation ou le succès en Bourse?

Tous ces exemples montrent qu’une exploitation performante ne va pas toujours de pair avec la réussite boursière. Chacune de ces actions peut certes invoquer des circonstances atténuantes. La crise financière de 2008 et 2009 a croisé le parcours boursier de ces sociétés, dont les cours ont souffert. Mais il est de plus en plus clair que la notoriété n’est pas une garantie de succès. Il s’agit souvent d’entreprises très proches de nous au quotidien et souvent sous les feux de l’actualité. Mais pour qu’une entreprise performante réussisse en Bourse, l’attention des médias ne suffit pas. Pour clôturer, reprenons le mot d’encouragement de cet orfèvre en investissements qu’est Warren Buffett : "Lorsqu’une entreprise va bien, l’action finit par suivre."

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