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Investir dans les banques?

De nombreuses actions financières cotent aujourd’hui à moins de 10% de leur valeur de 2007. Aucune parmi les ténors de la finance n’a retrouvé ses niveaux d’avant la crise. Serait-ce dangereux de les (r)acheter aujourd’hui?
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C’est un secret de polichinelle : les actions des financières sont les principales victimes boursières des cinq ans de crise que nous avons traversées et que nous traversons encore. Selon l’indice de référence DJ Stoxx 600 Financial Index, les valeurs financières ont, depuis la mi-2007, perdu en moyenne 66,6% de leur valeur, soit une baisse de 20,3% par an. Ce sont les banques qui ont enregistré les plus fortes pertes avec une moyenne de -74%. Les sociétés d’assurance ont perdu en moyenne 50% de leur valeur.

Il existe de grandes différences entre les actions au sens large reprises dans l’index.  Celle qui a le mieux performé a, depuis 2007, gagné plus de 150%, et celle qui a le plus perdu affiche près de 99% de baisse. Nous avons fait la liste des dix actions de l’index qui ont le mieux, et le moins bien résisté. Elle démontre à souhait à quel point le secteur financier est hétérogène.

Liste des plus fortes hausses et des plus fortes baisses du DJ Stoxx 600 Financials depuis le 29/06/2007

* Données au 02/05/2012

Gestionnaires d’actifs au top

"Il faut être très attentif lorsqu’on compare les actions", conseille Tom Simonts de KBC Securities. "On trouve quelques gestionnaires d’actifs parmi les actions ayant le mieux performé.  Ils ont un autre modèle opérationnel que les banques systémiques, qui ont perdu beaucoup de leur valeur. "Dans cette liste, on trouve quelques gestionnaires d’actifs comme Hargreaves Landsdown et Aberdeen Asset Management. " Ces acteurs gèrent des fonds externes et sont rémunérés pour leurs services. Le risque ne se situe pas au niveau de leur bilan, mais chez leurs clients. C’est ce qui explique que leurs revenus soient relativement stables ", poursuit Tom Simonts.

La liste des plus fortes hausses contient aussi quelques acteurs de taille modeste qui sont actifs dans des services spécialisés. Ces actions sont restées plus ou moins à l’abri pendant la crise.

Les banques commerciales fonctionnent selon un modèle opérationnel très différent. "Ces banques ont des fonds propres limités et créent un effet de levier en se finançant à l’extérieur.  La crise du crédit a montré à quel point ces leviers pouvaient être fragiles", dit encore l’analyste. Il est clair que ce modèle va devoir être fondamentalement revu. "Les banques doivent mettre davantage de capitaux en réserve et donc travailler avec un levier réduit. Toutes les banques sont en train de retourner à leurs racines. Nous le voyons clairement au fait qu’elles se défont de certains actifs en cédant leurs activités de gestion d’actifs ou leurs départements de banque privée ", poursuit l’analyste. "Tout le monde se concentre sur la réduction des risques. Même les épargnants se désintéressent de comptes d’épargne exotiques d’Islande ou de Turquie ", explique Tom Simonts.

Plus jamais comme avant

Quelles conclusions les investisseurs doivent-ils tirer?  Est-ce que cela vaut la peine d’investir dans des actions de banques déchues, dans l’espoir qu’elles retrouveront un jour leur niveau d’avant-crise ?  " Cela dépend de quelle action on parle, mais quoi qu’il en soit, il faudra beaucoup de temps avant que les pertes ne soient effacées ", poursuit l’analyste de KBC. " Chez certains grands perdants, on peut même conclure qu’elles ne reviendront jamais à leur niveau d’antan.  La raison est simple : la substance qui était là en 2007 n’y est plus.  On ne peut plus comparer ces actions avec ce qu’elles étaient il y a 5 ans. Les fonds propres ont dans certains cas été entièrement consommés et elles ont dû être renflouées par des prêts des pouvoirs publics ", analyse-t-il.

La prudence est dès lors fortement recommandée. " Ceux qui visent des actions financières qui ont subi une très forte correction, doivent donner priorité à celles qui ont gardé de la substance.  Ce sont des entreprises qui ont encore un moteur capable de produire de la croissance, même si les rendements ne seront plus jamais aussi élevés que par le passé.  Des exemples de banques avec substance ? ING, KBC, Société Générale, BNP Paribas et Deutsche Bank ", conclut Tom Simonts.

 

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