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"Je n'ai jamais négocié mon salaire"

En tant que CEO de KBC, André Bergen (60) a vécu la crise financière aux premières loges. L'an dernier, pour des raisons de santé, il fut contraint de quitter son poste de directeur de manière anticipée. Pour autant, l'argent occupe toujours une place importante dans sa vie quotidienne.

(mon argent) – André Bergen a derrière lui une carrière richement garnie : en ’77, il a commencé à travailler pour le service d’étude de la Kredietbank pour transiter 5 ans plus tard vers la Générale de Banque, jusqu’en ’99. Il devint ensuite directeur financier chez Agfa-Gevaert. A partir de 2003, il revint chez son premier employeur pour y reprendre les rênes.

Malgré son impressionnant CV, Bergen ne pense pas être un carriériste : « On ne peut pas aménager sa vie en fonction de son compte en banque et donc en se concentrant sur sa carrière. Ca vous semblera peut-être étrange mais je n’ai jamais fait de ma carrière une fin en soi. » En revanche, l’homme revendique sa passion pour le travail. "Je n’ai jamais négocié mon salaire ni même imposé d’exigences. J’ai toujours fait mon travail par plaisir. Si j’avais été motivé par l’argent, j’aurais déménagé à Londres."

Pire scénario

Avant qu’il ait eu le temps de s’en rendre compte, Bergen était contraint de quitter son poste de directeur de KBC. Pas parce qu’il n’était plus indiqué pour cette fonction, mais parce que sa santé l’y contraignait. Le banquier ne regrette cependant pas. "J’avais de toute façon l’intention d’abandonner mes tâches opérationnelles à mon 60e anniversaire car celles-ci me demandaient beaucoup d’énergie. Finalement, ce sera une année plus tôt que prévu", explique Bergen.

Finalement, cette transition a cependant laissé des traces profondes. L’ancien CEO a été confronté à ce qu’il appelle «  sa propre fin ». Non qu’il ait décidé de se comporter différemment avec l’argent. Il n’a même pas dû penser à réaliser un testament puisque cette disposition a déjà été prise il y a longtemps. "Avant même mon problème cardiaque, j’avais pris les mesures nécessaires pour que ma famille ne soit pas lésée s’il m’arrivait quelque chose. J’ai toujours beaucoup voyagé et ai pris des centaines d’avions. C’est un risque à prendre et il faut aussi être préparé au pire."

Investisseur traditionnel

Bergen a beau avoir géré une banque dont les tentacules s’étendent jusqu’en Europe de l’Est, il refuse d’investir dans les produits de placement trop complexes. "Je suis un investisseur traditionnel. J’ai un livret d’épargne, plusieurs actions KBC et j’investis dans l’immobilier. Le stock-picking ? très peu pour moi ! J’investis parfois dans des fonds de placement mais souvent, je ne suis plus leur évolution pendant plusieurs années."

Un hobby peu économique

La passion de Bergen, c’est la mer. "Lorsque je vois un livre sur la mer, je dois me faire violence pour ne pas l’acheter. Parfois, j’y arrive…" L’ancien banquier est lui-même propriétaire d’un bateau à moteur à bord duquel il embarque volontiers pour quelques balades en mer. Mais cette passion a un prix. "Le bateau à moteur est l’investissement le moins économique qui soit. Il exige énormément d’entretien et cela coûte très cher. C’est un investissement important qui est sans commune mesure avec les heures de plaisir qu’il procure", explique-t-il.

Cela dit, Bergen ne peut pas encore se consacrer pleinement à cette passion. Il n’a en effet pas encore pris sa pension définitive. "Je me sens encore trop bien pour cela", annonce-t-il. Si les fonctions opérationnelles ne sont plus de son ressort, il peut cependant encore intervenir comme conseiller pour plusieurs entreprises. Ses mandats administratifs seront également maintenus. Récemment, il a repris un mandat chez Taminco, "Au cours des prochains mois et semaines, d’autres mandats viendront s’y ajouter. Mes journées seront donc encore bien remplies", conclut-il.

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