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"Je n'ai pas besoin d'avoir un million d'euros en banque"

Paul De Grauwe (64 ans) est l’un des économistes les plus en vue du pays et un fin spécialiste de la macro-économie mondiale. Pour son portefeuille personnel, il a des idées claires et des objectifs à l'avenant.
©Sofie Van Hoof

(mon argent) – Paul De Grauwe a une expérience riche et diversifiée. Au-delà des galons gagnés dans les milieux académiques, il a longuement fréquenté les allées de la Banque centrale européenne et le groupe de conseil économique qui entoure Jossé Manuel Barroso, Président de la Commission européenne. Et pendant douze ans, il a siégé pour le VLD tantôt au Sénat, tantôt à la Chambre. L’homme a donc plus d’une corde à son arc. Mais cela ne lui laisse guère de temps pour s’occuper de ses finances personnelles. À défaut de temps, il a néanmoins une vision claire des choses.

1. L’argent est-il un moteur important pour vous?

"C’est un moteur, mais certainement pas le plus important. Je ne dois pas avoir coûte que coûte un million d’euros en banque. Élargir mes connaissances, comprendre le monde, élaborer des idées… voilà ce qui m’intéresse vraiment. Mais il est évident qu'ainsi, je veux aussi gagner mon pain et vivre confortablement."

2. Quelle est la composition de votre portefeuille de placements?

"Avant la crise, mon portefeuille était composé pour moitié d’actions, mais j’ai nettement réduit cette proportion. Je ne m’attends pas à ce que la situation économique se rétablisse très rapidement. Ma préférence va donc aux produits à rendement fixe comme les comptes à terme et les obligations."

3. Êtes-vous un grand épargnant?

"J’ai actuellement plus d’argent sur mon compte d’épargne qu’avant la crise. Je veux rester suffisamment liquide pour saisir des opportunités. A mes yeuxi, un compte d’épargne est surtout un matelas en prévision de coups durs. Je m’efforce toujours de garder un solde relativement constant."

4. Qu’avez-vous appris de la crise financière?

"Ma confiance dans le système bancaire a pris un sacré coup. J'évite par conséquent de confier aux banques une bonne partie de mes avoirs et, de toute manière, je continue à ventiler mes placements entre plusieurs banques."

5. Quelle a été votre opération la plus rentable?

"Avant que la crise financière n’éclate, j’ai vendu mes actions Fortis à 27 euros. Je ne croyais pas dans l’acquisition d’ABN Amro qui, à mes yeux, visait à flatter l’ego de la direction de Fortis. Ils voulaient uniquement accéder à la Champions League pour pouvoir se verser des salaires plus plantureux encore."

6. Essayez-vous de tirer un rendement maximum de vos placements?

"Je ne tirerai jamais de bénéfices élevés de mes placements. Ce n’est d’ailleurs pas le but. Mon objectif est de protéger mon patrimoine. À long terme, un rendement annuel supérieur à 10% est totalement impossible."

7. Songez-vous à arrêter de travailler?

"Le monde académique a ceci de bien que je ne dois pas m’arrêter. Je n’enseignerai plus, d’accord, mais personne ne peut m’empêcher d’arrêter de penser, de publier des articles ou d’écrire des livres."

8. Épargnez-vous pour votre pension?

"Je suis dans une situation très privilégiée: en tant que professeur, je bénéficie de la même pension – royale – qu’un fonctionnaire. En principe, cela suffit pour maintenir mon niveau de vie. Mais pour le cas où le système viendrait à disparaître, j’ai mis de côté une belle poire pour la soif."

9. Pourriez-vous vivre des ventes de vos livres?

"Non, le marché flamand est trop étroit pour cela. Si je devais vivre uniquement de mes livres, je mourrais de faim."

10. Complétez-vous vous-même votre déclaration d’impôts ?

"Oui, comme employé, ce n’est pas très difficile. J’ai aussi ma propre société pour mes activités de consultant. Dans ce cadre-là, un comptable remplit ma déclaration. "

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